EDF: Jean-Bernard Lévy nommé administrateur avant sa nomination comme PDG
Le patron de Thales, Jean-Bernard Lévy, a été élu vendredi administrateur d'EDF, étape préalable à sa nomination comme PDG du géant public de l'électricité en remplacement d'Henri Proglio.
L'élection de M. Lévy, approuvée par 94,25% des actionnaires réunis en assemblée générale, ne faisait aucune doute dans la mesure où l'Etat qui l'a choisi comme futur patron est actionnaire à 84,5% d'EDF.
"C'est pour moi une fierté immense, un grand honneur mais aussi une responsabilité que je mesure", a déclaré le futur dirigeant de 59 ans devant les actionnaires.
"Je pense pouvoir apporter à EDF une expérience industrielle, une connaissance des technologies - et en particulier du numérique qui révolutionne déjà notre vie - et puis aussi une expérience de manager, une expérience d'animation d'équipe", a dit celui qui avait aussi dirigé Vivendi Universal.
Le gouvernement avait créé la surprise à la mi-octobre en décidant de le nommer en lieu et place d'Henri Proglio, un temps donné favori pour un second mandat grâce à un bilan jugé globalement positif.
M. Lévy dirigera le groupe "par intérim" dès dimanche après sa désignation formelle par le conseil d'administration renouvelé.
Sa nomination au poste de PDG devra ensuite être confirmée par un décret présidentiel après validation en conseil des ministres le 26 novembre, au lendemain d'un grand oral devant les commissions des Affaires économiques de l'Assemblée nationale et du Sénat.
Jean-Bernard Lévy devra accompagner le déploiement de la transition énergétique, projet phare du quinquennat, mais s'atteler aussi à d'autres grands chantiers, dont celui du "grand carénage". Ce plan de 55 milliards d'euros d'investissements est prévu jusqu'en 2025 pour moderniser les 58 réacteurs nucléaires français en vue d'une prolongation de leur durée de vie au-delà de 40 ans.
Il devra aussi gérer le dossier de l'EPR de Flamanville, dont le démarrage a une nouvelle fois été retardé, à 2017 cette fois, et celui de la construction de deux autres réacteurs de nouvelle génération à Hinkley Point, en Angleterre, qui pourrait souffrir par ricochet de ce report.
"Je m'attacherai à poursuivre l'oeuvre qui a été entreprise (...) depuis maintenant plus de 60 ans, presque 70", a assuré le dirigeant.
"Je voudrais saluer le travail exceptionnel d'Henri Proglio. Je serai, j'espère, moi aussi d'un dévouement, d'une mobilisation, d'une énergie aussi remarquables que ce qu'il a pu faire ces dernières années".
Il a aussi dit son espoir de pouvoir, "avec les actionnaires, avec les collaborateurs, avec l'ensemble des partenaires de l'entreprise, avec les clients aussi, conduire EDF vers un avenir aussi remarquable que ce qui a été construit ces dernières années".