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Brésil: le tribunal électoral réuni pour sceller le sort de Temer

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Le 7 juin 2017 à 1h19

Le Tribunal Supérieur Électoral (TSE) a commencé à se réunir mardi pour juger de la validité de l'élection présidentielle 2014, une procédure qui pourrait entraîner la chute du président conservateur Michel Temer, fragilisé par de graves accusations de corruption.

Les sept juges du TSE se sont retrouvés à Brasilia en début de soirée pour la première des quatre sessions prévues jusqu'à jeudi et doivent se prononcer sur des irrégularités dans le financement de la campagne présidentielle de 2014.

Ils peuvent décider d'annuler purement et simplement le scrutin présidentiel qui avait vu l'élection de Dilma Rousseff à la présidence et de M. Temer à la vice-présidence.

Par la suite, il y a un an, ce dernier avait accédé à la fonction suprême après la destitution fracassante de Mme Rousseff pour maquillage des comptes publics.

En cas d'invalidation de l'élection, la cour devra déterminer si M. Temer abandonne le pouvoir immédiatement ou s'il peut rester au palais de Planalto jusqu'à l'épuisement des recours devant ce même TSE et la Cour suprême, au risque de plonger davantage le Brésil dans l'incertitude.

Même si le jugement se fonde essentiellement sur des critères techniques, Silvana Batini, procureure et spécialiste en droit public, considère que la décision du tribunal électoral "peut être influencée par le contexte politique".

La procédure pourrait être prolongée de plusieurs semaines si l'un des juges demande à suspendre les débats pour réexaminer les preuves. Mais le TSE pourrait aussi annoncer sa décision dès jeudi sur ce dossier qui comprend plus de 8.000 pages et 80 heures de témoignages.

Le TSE pourrait également dissocier le ticket Rousseff-Temer, par exemple en condamnant l'ex-présidente à une peine d'inéligibilité, tout en innocentant M. Temer.

- 'Climat d'incertitude' -

Autant la procédure de destitution de Mme Rousseff avait précipité des foules immenses dans les rues, autant la reprise du jugement qui va sceller le sort de son successeur ne semblait pas déchaîner les passions parmi des Brésiliens lassés des scandales à répétition.

"Je n'ai jamais vu un gouvernement aussi corrompu. Ils s'accrochent au pouvoir et vont continuer jusqu'à ce qu'ils épuisent tous les recours. Ils n'ont aucune morale", s'insurgeait Adalberto Silveira, chauffeur à la retraite, en lisant son journal dans un centre commercial.

Peu avant l'ouverture de la séance du TSE, seule une trentaine de manifestants étaient rassemblés devant le tribunal, faisant face à plusieurs centaines de policiers antiémeute, a constaté une journaliste de l'AFP.

La justice électorale est loin d'être la seule épée de Damoclès pour M. Temer, dont la situation reste extrêmement précaire malgré des signes d'embellie économique.

Il est en pleine tourmente depuis la révélation, à la mi-mai, d'un enregistrement sonore compromettant dans lequel il semble donner son accord pour acheter le silence d'Eduardo Cunha, ex-député aujourd'hui en prison.

- Questionnaire du procureur -

Depuis, les appels à la démission se sont multipliés, un grand nombre de motions de destitution ont été déposées et la Cour Suprême a ouvert une enquête pour corruption et entrave à la justice.

Lundi soir, les avocats du président ont reçu de la part de la police fédérale plus de 80 questions auxquelles il était censé répondre sous 24 heures, avant d'obtenir mardi un délai supplémentaire, jusque vendredi.

Une de ces questions porte sur la fameuse phrase "il faut continuer comme ça", prononcée par M. Temer, enregistré à son insu par le magnat de l'agro-alimentaire Joesley Batista qui lui expliquait comment il maintenait de "bonnes relations" avec Eduardo Cunha.

Pour les procureurs, les deux hommes faisaient clairement référence à des pots-de-vin versés à l'ex-député.

Jusqu'à présent, M. Temer a réussi à éviter une défection de ses alliés politiques, mettant en avant la nécessité de mettre en oeuvre une série de réformes d'austérité pour sortir le pays d'une récession historique.

Mais la décision du TSE pourrait bien changer la donne.

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Le 7 juin 2017 à 1h19

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