Boeing amoindrit sa perte nette au 1er trimestre grâce au rebond des livraisons
Le constructeur aéronautique américain Boeing continue de progresser vers une rémission, annonçant mercredi une perte nette réduite au premier trimestre grâce à l'essor des livraisons d'avions commerciaux.
"Au cours des derniers mois, nous avons remporté de grandes victoires et atteint des jalons importants", a commenté Kelly Ortberg, PDG de l'avionneur, dans un message aux employés.
Il a affirmé que le groupe effectuait "des progrès constants à tous les niveaux", après une crise profonde déclenchée début 2024, liée aux problèmes de qualité de sa production, mais "il reste encore beaucoup à faire (...) pour que Boeing redevienne ce que l'on attend de nous".
Le groupe, qui a livré au premier trimestre 143 avions commerciaux - un record depuis la même période de 2019 -, a réalisé un chiffre d'affaires de 22,28 milliards de dollars (+14% sur un an). L'avionneur reçoit la plus grosse partie du prix de vente à la livraison.
Il a aussi réduit sa perte nette, à 90 millions de dollars, contre 123 millions au premier trimestre de l'année précédente.
Rapportée par action et hors éléments exceptionnels, variable privilégiée par les marchés, la perte nette ressort à 20 cents. Le consensus anticipait une perte nette de 68 cents.
"C'est un meilleur premier trimestre qu'anticipé", ont relevé les analystes de TD Cowen, mettant l'accent sur les livraisons de l'aviation commerciale, les marges et le flux de trésorerie.
Vers 16H10 GMT, l'action Boeing bondissait de 4,82% à la Bourse de New York.
- Dette réduite -
Le groupe a généré en 2025 son premier bénéfice net annuel (1,89 milliard) depuis 2018, grâce à une cession d'actifs mais aussi à la reprise de ses livraisons.
A noter sur le premier trimestre, une réduction importante de la dette qui est passée de 54,1 milliards de dollars à fin 2025 à 47,2 milliards au 31 mars.
Le groupe a également réduit son flux négatif de trésorerie à 1,45 milliard de dollars contre 2,29 milliards un an plus tôt.
Un niveau "meilleur que ce que nous anticipions", s'est félicité M. Ortberg sur la chaîne CNBC, confirmant l'objectif de générer un flux positif au second semestre et d'être légèrement positif sur l'ensemble de l'année.
Le directeur financier Jay Malave a réitéré lors d'une audioconférence avec des analystes une fourchette entre "un et trois milliards de dollars" pour 2026.
Les trois branches du groupe ont progressé au cours du trimestre, avec un bond de 13% du chiffre d'affaires dans la branche commerciale (BCA), de 21% dans la branche défense et espace (BDS) et de 6% dans les services (BGS).
A fin mars, son carnet de commandes total atteignait le niveau record de 695 milliards de dollars, dont 576 milliards pour BCA avec plus de 6.100 avions commerciaux.
Interrogé sur une éventuelle commande de la Chine, qui pourrait être annoncée pendant la visite de Donald Trump les 14 et 15 mai à Pékin, M. Ortberg a reconnu que le président américain avait été "très efficace pour (obtenir) de nouveaux contrats".
"J'ai beaucoup d'espoir que la rencontre Trump-Xi (Jinping) entraîne de futures commandes pour nous en Chine. C'est un important marché de croissance pour nous", a ajouté M. Ortberg.
"Je suis hautement confiant sur le fait que, s'il y a un accord au niveau des pays, (cette rencontre) va déboucher sur des commandes d'avions", a-t-il relevé auprès des analystes.
Refusant de divulguer une quantité précise, il a souligné qu'il s'agissait "d'un gros nombre".
Des médias américains évoquent depuis plusieurs mois une commande potentielle chinoise d'environ 500 avions 737 MAX et d'une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777).
Boeing continue aussi de travailler activement à la certification des monocouloirs 737 MAX 7 et 737 MAX 10 ainsi que du gros porteur 777-9, qui cumulent plusieurs années de retard.
Le feu vert du régulateur aérien (FAA) est attendu courant 2026 et le début des livraisons en 2027. Elles devaient commencer en 2019 pour le MAX 7, en 2023 pour le MAX 10 et en 2020 pour le programme 777X.