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Attentat de Londres: minute de silence en hommage aux victimes

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Le 6 juin 2017 à 2h36

Une minute de silence sera respectée dans tout le Royaume-Uni mardi à 11h00 (10h00 GMT) en hommage aux victimes de l'attentat de samedi à Londres, tandis que les autorités poursuivent leur enquête à deux jours des élections législatives.

Lundi en fin de journée des centaines de personnes s'étaient réunies pour une veillée dans les jardins de Potter Field, à proximité immédiate de l'hôtel de ville de Londres.

Au cours d'une courte cérémonie, le maire travailliste de la capitale, Sadiq Khan, s'est présenté en "Britannique musulman patriote" et a dénoncé "l'idéologie perverse" des terroristes, parlant d'"actes répugnants". "Nous ne laisserons personne, pas même Donald Trump, diviser nos communautés", a déclaré l'élu à la BBC.

Sur Twitter le président américain avait accusé Sadiq Khan de prendre le terrorisme à la légère, avant de réitérer ses critiques lundi. Il a par ailleurs continué d'invoquer l'attentat de Londres pour défendre sa volonté de bloquer l'entrée des Etats-Unis aux ressortissants de certains pays musulmans, attisant les tensions avec le Royaume-uni.

Samedi soir, trois assaillants ont percuté des piétons à bord d'une camionnette blanche en fonçant dans la foule sur le London Bridge, avant d'abandonner leur véhicule et d'attaquer les passants à l'aide de couteaux dans le quartier voisin de Borough Market.

L'attentat a été revendiqué par le groupe jihadiste Etat Islamique. Parmi les sept morts figurent un Français et une Canadienne, et 36 blessés étaient toujours hospitalisés lundi soir, dont 18 dans un état critique.

- 10 suspects libérés -

La police britannique a révélé lundi l'identité de deux des trois auteurs de l'attentat: Khuram Shazad Butt, 27 ans, un Britannique né au Pakistan connu des services de police, et Rachid Redouane, 30 ans, qui se présentait comme un binational marocain et libyen.

Le commandant de l'unité antiterroriste Mark Rowley a précisé que le troisième complice était encore en cours d'identification.

Khuram Butt était connu des services de police et de renseignement, qui n'avaient toutefois pas d'éléments laissant penser qu'il préparait un attentat. Rachid Redouane, quant à lui, n'était pas connu de ces services. Tous deux sont originaires de Barking, dans l'est de Londres, selon le communiqué.

Lundi soir, les dix personnes encore détenues dans le cadre de l'enquête ont été relâchées.

Ces quatre hommes et ces six femmes avaient été arrêtés dimanche à Barking. Deux autres personnes avaient déjà été libérées sans encourir de poursuites.

Dans ce quartier multi-ethnique, les habitants tentaient de comprendre comment des terroristes pouvaient se trouver parmi leur voisins.

"Ca fait très peur", a témoigné à l'AFP Sonam Chamdal, 21 ans, effrayée aussi par les opérations de police effectuées "bien près de chez (elle)".

Ce quartier, "tranquille et calme" selon des habitants interrogés, compte une forte communauté pakistanaise.

Mark Rowley a rappelé que 500 enquêtes antiterroristes concernant 3.000 personnes restaient "actives" au Royaume-Uni et que cinq attentats avaient été déjoués depuis l'attaque perpétrée à Westminster le 22 mars, qui avait fait cinq morts. Un autre attentat, dans lequel 22 personnes avaient péri, avait visé Manchester le 22 mai.

- Première ministre sous pression -

L'attentat a également alimenté le débat politique national.

Le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a appelé la Première ministre Theresa May à la démission, lui reprochant des réductions d'effectifs policiers ordonnées lorsqu'elle était ministre de l'Intérieur (2010-2016).

Au cours d'un meeting devant ses partisans lundi soir dans la périphérie de Bradford (nord), Mme May a de son côté vanté les mérites de son leadership "solide et stable".

Son parti conservateur reste en tête, avec 42% des voix contre 38% pour les travaillistes, selon un sondage You Gov réalisé auprès de 1.989 personnes, les 1er et 2 juin. Theresa May espère sortir du scrutin avec une majorité renforcée au Parlement avant d'aller négocier avec Bruxelles la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

A Londres et sur les réseaux sociaux, les Britanniques relèvent la tête et multiplient les hashtags pour se moquer du terrorisme ou de la presse étrangère lorsqu'elle affirme que leur pays a du mal à se remettre de ces attaques à répétition.

Avec le mot dièse #IslamicStateClaims, les internautes portent les accusations les plus triviales à l'encontre du groupe Etat Islamique, qui revendique systématiquement tous les attentats. Un usager leur reproche ainsi d'avoir réduit la taille des boîtes de chocolats Quality Street, tandis qu'un autre assure qu'il est responsable de la déprogrammation par la BBC de la célèbre émission de cuisine "Bake Off".

En visite à Londres, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a précisé lundi soir qu'un deuxième Français était porté "disparu".

Au total huit Français ont été blessés, dont quatre grièvement. Deux Allemands, deux Australiens, un couple de Néo-Zélandais, un Bulgare et un Grec sont également sur la liste des blessés.

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Le 6 juin 2017 à 2h36

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