Après le blocus américain, l'Argentine inquiète pour sa production biodiesel
L’Argentine s'inquiète pour sa filière de production de biodiésel: après l'Union européenne en 2013, ce sont les Etats-Unis qui ferment la porte à son carburant élaboré à base de soja.
Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a annoncé cette semaine des mesures "préliminaires" anti-subventions visant les importations en provenance d'Argentine et d'Indonésie, les principaux producteurs de biocarburant du monde. La décision finale devrait être rendue le 7 novembre.
Le pays sud-américain, premier producteur mondial de biodiesel, pensait avoir fait le plus dur en obtenant en octobre 2016 gain de cause devant l'OMC face à l'Union européenne. L’Organisation mondiale du commerce avait confirmé en appel un premier jugement établi en mars qui avait donné partiellement raison à l'Argentine concernant les mesures anti-dumping européennes contre son biodiesel.
En 2016, l'Argentine a exporté pour 1,2 milliard de dollars de biodiesel vers les Etats-Unis, et pour 700.000 dollars sur les six premiers mois de 2017.
Derrière l'Argentine, l'Indonésie et la Malaisie, sont les deux plus gros exportateurs de biocarburant, conçu à base d'huile de palme.
"Pour nous, cette mesure préliminaire est absurde, injustifiée et arbitraire", a déclaré à l'AFP Gustavo Idigoras, de la Chambre argentine des biocarburants (Carbio), assurant que l'Etat argentin n'accordait aucune subvention aux producteurs de biodiesel.
Outre les subventions, les Etats-Unis estiment que les producteurs argentins font du dumping.
Cette décision, poursuit Gustavo Idigoras, "nous surprend et la conséquence directe est une paralysie absolue du secteur" en Argentine, qui exporte 95% de sa production vers les Etats-Unis et qui s'attendait pour 2017 à des exportations record de 1,6 milliard de dollars.
Cette industrie emploie directement en Argentine 3.000 personnes, dans les province de Santa Fe (Rosario) et Buenos Aires.
L’Argentine peut déposer des recours, mais les procédures prennent des mois, et "pendant ce temps, nous sommes en dehors du marché, il n'y a pas des marchés alternatifs, s'il n'y a pas de mesures prises, nous sommes aux portes d'une crise", prévient le responsable de la Chambre argentine des biocarburants.