Après la Fed, Wall Street ne sait sur quel pied danser
Wall Street hésitait à la mi-séance jeudi, digérant le message plus ferme que prévu de la Réserve fédérale, une croissance américaine plus vigoureuse qu'escompté et des résultats en demi-teinte: le Dow Jones prenait 0,56%, aidé par Visa, mais le Nasdaq cédait 0,30%.
Vers 16H00 GMT, le Dow Jones Industrial Average s'adjugeait 94,56 points, à 17.068,87 points, tandis que le Nasdaq reculait de 13,62 points, à 4.535,60 points.
L'indice élargi S&P 500 abandonnait 0,05%, cédant 0,93 point, à 1.981,37 points.
"C'est un peu confus aujourd'hui, il y a quelques bons résultats, comme ceux de Visa, mais les valeurs technologiques star sont à la peine... Les gens hésitent sur la direction future du marché et opte pour un certain attentisme", a commenté Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.
Les investisseurs new-yorkais avançaient sans grande conviction depuis le début de la séance, mi-figue, mi-raisin au lendemain de la décision de la Réserve fédérale.
"Comme attendu, la banque a mis un terme à son programme de rachats d'actifs, mais elle s'est aussi montrée plus optimiste sur les perspectives du marché de l'emploi américain", ont relevé les experts de Charles Schwab.
L'institution a par ailleurs prévenu que si l'économie américaine se raffermissait, avec notamment une accélération des progrès du côté de l'inflation et de l'emploi, une première hausse des taux "pourrait intervenir plus tôt" que prévu.
Dans ce contexte, l'annonce d'une croissance américaine plus vigoureuse qu'escompté au troisième trimestre, à 3,5% contre 3% attendu, était saluée sans enthousiasme par les courtiers.
"Cela alimente les théories selon lesquelles la Fed comptait sur un chiffre du PIB américain encourageant" pour se permettre d'adopter un ton un peu plus ferme, a indiqué Patrick O'Hare, de Briefing.com.
La politique ultra-accommodante menée par la Fed ces dernières années a très largement contribué à l'essor des marchés financiers et les investisseurs craignaient un retour de bâton sévère en cas de resserrement anticipé de ses taux directeurs.
L'annonce d'une légère augmentation des inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis est passée relativement au second plan, le taux de chômage dans le pays se situant à son plus bas niveau depuis six ans, à 5,9% en septembre.
Le Dow Jones bénéficiait de son côté de l'envol de plus de 8,77%, à 233,50 dollars, de l'une des 30 valeurs membres de son indice, l'émetteur de cartes de crédit Visa, après des résultats trimestriels montrant notamment un bénéfice net meilleur qu'attendu et l'annonce d'un programme de rachats d'actions de 5 milliards de dollars.
- Weight Watchers perd du poids -
La société spécialisée dans la perte de poids Weight Watchers International plongeait de son côté de 15,53% à 24,85 dollars, plombée par une baisse du nombre de ses membres abonnés (12,5% sur un an au troisième trimestre).
Pénalisé par des résultats peu convaincants, le groupe de produits frais Kraft Foods reculait de 1,79% à 55,89 dollars.
Le groupe américano-canadien d'informations Thomson Reuters, qui a vu son bénéfice net baisser de 15% au troisième trimestre, reculait de 0,13% à 37,30 dollars.
Le groupe informatique Microsoft, qui a sorti jeudi aux Etats-Unis son premier accessoire vestimentaire connecté, un bracelet aux applications tournées vers la forme et la santé, reculait de 1,33% à 46,00 dollars.
Le géant de la distribution Wal-Mart, qui va fermer une trentaine de magasins "non performants" au Japon et considère l'idée de proposer des prix bas en ligne aux Etats-Unis, restait stable, à 76,39 dollars.
Après avoir atteint de nouveaux records historiques cette semaine, Facebook baissait 2,52% à 73,95 dollars - il avait déjà perdu plus de 6% la veille à la suite de l'annonce de gros investissements - et Apple de 0,85% à 106,43 dollars, pesant sur le Nasdaq.
Le marché obligataire progressait: le rendement des bons du Trésor à 10 ans reculait à 2,292% contre 2,323% mercredi soir, et celui des bons à 30 ans a 3,022% contre 3,048%.
NasdaqNyse