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Air France-KLM: la grève pourrait coûter jusqu'à un demi-milliard d'euros

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Le 8 octobre 2014 à 10h44

Effondrement du trafic, menace de fuite des clients: la grève des pilotes d'Air France va coûter cher au numéro deux européen du transport aérien Air France-KLM, qui a évoqué mercredi un impact d'environ un demi-milliard d'euros sur ses comptes 2014.

Sans surprise, le conflit, qui a cloué au sol la moitié des avions de la compagnie pendant la deuxième quinzaine de septembre, a entraîné une lourde chute du trafic d'Air France-KLM sur le mois: -15,9% pour les passagers, -17,7% pour le cargo, déjà en grande difficulté.

Dans un mouvement sans précédent depuis la naissance d'Air France-KLM, la majorité des pilotes d'Air France s'étaient mis en grève du 15 au 28 septembre pour s'opposer à un projet de développement de la filiale à bas coûts Transavia France.

Sous la pression du gouvernement et d'une opinion hostile au mouvement, ils avaient jeté l'éponge sans faire plier la direction sur leur revendication d'un contrat unique pour tous les pilotes du groupe, destiné à préserver les avantages de leur statut.

"Les comptes ne sont pas encore arrêtés (...) Mais nous pensons que l'impact au troisième trimestre sera dans une fourchette de 320 à 350 millions" d'euros, a indiqué le directeur financier d'Air France-KLM, Pierre-François Riolacci.

Il a expliqué que si le groupe avait pu faire quelques économies notamment sur le kérosène, il a surtout subi des surcoûts: "hébergement des passagers, compensations aux voyageurs ou achat de billets sur des vols de nos concurrents pour recaser certains de nos passagers, billets que nous n'avons pas obtenus aux meilleurs tarifs", a-t-il détaillé.

La perspective de réitérer la performance du deuxième trimestre s'éloigne: le groupe était parvenu à tripler son résultat d'exploitation à 238 millions. Et au troisième trimestre 2013, Air France-KLM avait dégagé un bénéfice d'exploitation de 634 millions.

M. Riolacci a fait état d'un "second impact beaucoup plus difficile à évaluer, qui pèsera sur le quatrième trimestre voire sur le début de l'année 2015", à savoir la fuite potentielle de clients qui se traduit par un taux de réservation beaucoup plus faible que d'habitude.

La direction reconnaît toutefois ne pas être en mesure "d'évaluer de manière précise la part de ce retard due à la grève et celle due à l'évolution défavorable de la demande observée depuis le début de l'été et confirmée depuis".

- "Ramener les clients dans les avions" -

Au cours de la première quinzaine de septembre, la demande est restée "assez atone", le groupe restant confronté à des capacités importantes sur le marché, a encore expliqué le directeur financier. En juillet, il expliquait que des surcapacités affectaient les revenus sur certaines lignes long-courriers d'Amérique du Nord et Asie.

Au final, la grève combinée à une demande faible pourrait avoir un impact "de l'ordre de 500 millions d'euros sur l'Excédent brut d'exploitation de l'exercice 2014", estime le groupe qui visait jusqu'alors un excédent compris entre 2,2 et 2,3 milliards. Cette prévision est ainsi ramenée entre 1,7 et 1,8 milliard.

Interrogé au sujet de l'impact sur les recettes des campagnes promotionnelles lancées depuis la fin de la grève, le dirigeant a souligné que la priorité était "de ramener les clients dans les avions". Cette baisse des prix a été prise en compte dans l'estimation des 500 millions.

Avec un tel impact, l'objectif de ramener les comptes d'Air France dans le vert cette année ne sera pas atteint, reconnaît l'entreprise. En 2013, le groupe avait enregistré un bénéfice d'exploitation de 130 millions grâce aux bénéfices de KLM. La seule entité Air France avait accusé une perte d'exploitation de 174 millions.

La compagnie signera donc sa sixième année de perte d'exploitation d'affilée. Il faut remonter à 2008 pour trouver un résultat opérationnel positif (+62 millions) pour Air France.

Le directeur financier a également prévenu que "cet impact se retrouvera pratiquement équivalent au niveau du résultat net" d'Air France-KLM. En 2013, sa perte nette s'élevait à 1,83 milliard.

Par secteur d'activités en septembre, le trafic du long-courrier, le plus lucratif, a chuté de 15,5%; celui du court et moyen-courrier, déficitaire, de 17,5%.

Le trafic de la filiale à bas coûts Transavia (France et Hollande) a lui bondi de 8,9% et ses capacités de 10,3%.

La Bourse de Paris sanctionnait ces contre-performances. A mi-séance, le titre cédait 3,26% à 6,46 euros dans un marché en baisse de 0,56%.

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Le 8 octobre 2014 à 10h44

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