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Air France: au 10e jour de grève des pilotes, statu quo et imbroglio

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Le 24 septembre 2014 à 8h03

Les pilotes d'Air France ont entamé mercredi leur dixième jour de grève, égalant le record de 1998, dans un contexte de crispation autour du projet de la filiale low cost Transavia, au coeur d'un imbroglio entre le gouvernement et la compagnie.

Suspension ou abandon du projet ? La cacophonie persiste mercredi matin après que le secrétaire d’État aux Transports Alain Vidalies a une nouvelle fois déclaré le projet Transavia Europe "abandonné par la direction".

Des propos immédiatement démentis par la compagnie : "Aucun changement dans les négociations ne permet d'affirmer que ce projet est retiré" a affirmé un porte-parole.

Le patron d'Air France Frédéric Gagey a ensuite précisé à Europe 1 qu'avait été seulement été "retirée" "l'idée de créer maintenant ces filiales".

"On a compris qu'il fallait rééexpliquer le projet et surtout discuter avec les partenaires sociaux pour trouver les conditions qui permettraient de reprendre", a-t-il ajouté.

Mardi, le Premier ministre, Manuel Valls, avait stigmatisé une grève sans "aucune raison" représentant "un vrai danger pour la compagnie" aérienne (dont l'Etat est actionnaire à hauteur de 16%), qui estime ses pertes liées au conflit à 15 à 20 millions d'euros par jour.

Au milieu de cette confusion, dans les aéroports, le conflit se poursuit et se traduit par l'annulation de près de la moitié des vols. Air France prévoit d'assurer 46% des siens, sensiblement comme mardi (48%).

La situation s'est encore un peu plus détériorée à Nice, où seulement douze vols sur trente (80% d'annulation) ont été maintenus pour la journée de mercredi. A Toulouse, ce sont 70% des vols de la compagnie Air France qui ont été annulés.

Au niveau national, le taux de grévistes devrait baisser à 52%, après 65% lundi et 57% mardi, selon la compagnie, qui recommande à ses clients ayant réservé un vol d'ici au 30 septembre de reporter leur voyage ou de changer leur billet sans frais.

Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), majoritaire dans la profession et héraut de la contestation, a étendu son préavis de grève jusqu'à cette date. Ceux du Spaf, deuxième syndicat, et d'Alter (non représentatif) courent jusqu'à vendredi.

Au lendemain d'un rassemblement qui a réuni entre 200 et 300 pilotes de ligne à Paris, à l'appel de ces organisations syndicales, une contre-manifestation est organisée à 12h00 à Roissy pour soutenir la direction contre ces professionnels du ciel en grève.

A quelques mois des élections professionnelles de mars 2015, les dissensions entre les différentes catégories du personnel d'Air France n'ébranlent pas la détermination des syndicats de pilotes, décidés à enterrer définitivement la filiale à bas coût Transavia Europe.

- 'Plan médias' -

Or, le dialogue semble rompu entre les syndicats qui réclament la suppression du projet Transavia Europe et la direction qui a décidé lundi de geler son développement jusqu'à la fin de l'année afin de rouvrir les négociations.

"Depuis vendredi on n'a pas eu de réunion de discussion avec Air France", s'est plaint mardi Jean-Louis Barber, président du SNPL AF Alpa. "La direction a pris plus de temps le week-end dernier pour construire son plan médias que pour dialoguer avec nous", a-t-il regretté auprès de l'AFP.

"Les négociations ne sont pas rompues, notre porte est ouverte", a rétorqué le PDG du groupe Air France-KLM, Alexandre de Juniac, insistant sur le fait que les propositions formulées par la direction "sont jugées très positives par les pouvoirs publics".

Les inquiétudes des syndicats se cristallisent autour d'une compagnie à bas coût paneuropéenne qui imposerait à ses pilotes des contrats de statut local, soulevant un risque de "dumping social", selon eux.

Leur mouvement cloue au sol plus de la moitié des avions depuis le 15 septembre. Il égale le record du plus long conflit mené par les pilotes d'Air France. En juin 1998, ces derniers protestaient contre le projet du PDG, Jean-Cyril Spinetta, de réduire de 500 millions de francs la masse salariale annuelle des pilotes grâce à un échange salaire contre actions.

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Le 24 septembre 2014 à 8h03

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