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Accord imminent sur le conflit gazier à Bruxelles avant l'hiver

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Le 30 octobre 2014 à 20h05

Un accord entre l'Ukraine et la Russie pour régler leur contentieux gazier semblait imminent jeudi soir, l'Union européenne étant appelée à passer à la caisse pour aider Kiev à payer ses factures et éviter une interruption des livraisons cet hiver.

Les négociations trilatérales entre la Russie, l'Ukraine et la Commission européenne, qui durent depuis des mois, ont repris en début de soirée, après le retour à Bruxelles de la délégation russe, selon une source proche des négociations qui a fait état d'échanges "constructifs" tout au long de la journée.

"Les trois délégations sont à la Commission. Nous attendons l'accord final et la cérémonie de signature", a indiqué une autre source.

Le ministre russe de l'Energie, Alexander Novak,, cité par l'agence de presse RIA Novosti, a dit espérer signer ce jeudi soir un accord avec l'Ukraine.

"Nous nous attendons à ce que l'Ukraine et la Commission européenne trouvent un accord" sur le financement du remboursement de la dette gazière ukrainienne, qui était une condition clé pour la reprise des négociations, avait indiqué précédemment à l'AFP le porte-parole du géant gazier russe Gazprom, Sergueï Kouprianov.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'est lui aussi montré optimiste. "Apparemment, nous avons un accord", a-t-il déclaré dans l'après-midi à l'occasion d'une cérémonie de passage de témoin à son successeur.

Un compromis a été trouvé sur le prix et le cadre global, selon une source diplomatique. Mais sa signature dépend du soutien financier de l'Union européenne à l'Ukraine pour lui permettre de solder une partie de ses impayés à Gazprom et de régler à l'avance une nouvelle commande.

Le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, avait estimé mercredi qu'il fallait un protocole bilatéral prévoyant des garanties financières européennes pour l'Ukraine. Sans accord à ce sujet entre Kiev et l'UE, les négociations "n'ont pas de sens", avait insisté M. Kouprianov.

M. Barroso avait eu à plusieurs reprises au téléphone le président ukrainien Petro Porochenko mercredi pendant la première journée de négociations, qui n'avaient pas abouti. Il avait ensuite appelé "toutes les parties à conclure les négociations", assurant qu'un accord était "à portée de main".

- Plus de gaz depuis juin -

L'UE doit convaincre les nouveaux dirigeants pro-occidentaux ukrainiens de solder la dette de leur compagnie Naftogaz, Moscou ayany interrompu ses livraisons de gaz à Kiev en juin en raison d'impayés colossaux. L'Ukraine a demandé à l'UE la semaine dernière une ligne de crédit de deux milliards d'euros. Jeudi, le Premier ministre, Arseni Iatseniouk, a indiqué qu'il allait demander de l'aide aux Etats-Unis et à l'Allemagne.

Avant de quitter ses fonctions vendredi, le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, est déterminé à arracher un accord qui devrait sécuriser pour cet hiver l'acheminement des importations européennes de gaz russe transitant par l'Ukraine. Mais l'UE ne peut pas régler les factures impayées de Naftogaz, a précisé à l'AFP une source communautaire.

L'UE a besoin chaque année de 450 milliards de mètres cubes de gaz pour sa consommation. Elle doit en importer 300 milliards, dont 125 milliards achetés à Gazprom. 75 milliards de m3 achetés à la Russie transitent par les installations de l'Ukraine.

Rappelant que l'Ukraine avait "déjà obtenu des milliards d'aide" du FMI et de l'UE, M. Oettinger a affirmé qu'elle devait "en utiliser une partie" pour acheter du gaz, reconnaissant qu'elle avait d'autres dépenses urgentes comme "reconstruire des routes" et "acheter des armes".

De son côté, le FMI a indiqué jeudi qu'il pourrait retarder l'octroi de son prochain prêt à l'Ukraine en attendant la formation d'un nouveau gouvernement, tout en assurant qu'un tel report n'aurait pas de conséquences "cruciales" sur les finances de ce pays.

La proposition de règlement prévoit le règlment par Kiev de 3,1 milliards de dollars de factures impayées, dont deux milliards avant la fin octobre. En contrepartie, Gazprom s'engage à reprendre les exportations de gaz à destination de l'Ukraine avec une livraison minimale de 5 milliards de m3 payable au prix de 385 dollars les 1.000 m3. Mais Gazprom exige le paiement avant fourniture. Au total, Kiev doit débourser 4,6 milliards de dollars, selon M. Oettinger.

Sur le terrain, de très intenses tirs d'artillerie en provenance des deux camps ont retenti dans la soirée aux abords de l'aéroport de Donetsk, l'un des principaux points chauds de l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine. Auparavant, un porte-parole militaire avait annoncé que sept soldats ukrainiens avaient été tués dans des combats avec les rebelles prorusses, soit les pires pertes dans l'armée ukrainienne depuis la mi-octobre.

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Le 30 octobre 2014 à 20h05

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