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Accord en vue sur le conflit gazier à Bruxelles pour éviter les coupures

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Le 30 octobre 2014 à 16h57

Un accord entre l'Ukraine et la Russie pour régler leur contentieux gazier était en vue jeudi, l'Union européenne étant appelée à passer à la caisse pour aider Kiev à payer ses factures et éviter une interruption des livraisons cet hiver.

Sur le terrain, de très forts tirs d'artillerie venant des deux côtés ont retenti dans la soirée aux abords de l'aéroport de Donetsk, l'un des principaux points chauds de l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine. Auparavant, un porte-parole militaire avait annoncé que sept militaires ukrainiens avaient été tués dans des combats avec les rebelles prorusses, soit les pires pertes pour l'armée ukrainienne depuis mi-octobre.

La délégation russe aux négociations gazières, qui avait regagné Moscou aux aurores après une nuit de pourparlers infructueux à Bruxelles, a décidé de revenir, a annoncé à l'AFP le porte-parole du géant gazier russe Gazprom, Sergueï Kouprianov.

"Nous nous attendons à ce que l'Ukraine et la Commission européenne trouvent un accord" sur le financement de la dette gazière ukrainienne, qui était une condition clé pour la reprise des négociations, a-t-il précisé.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'est lui aussi montré confiant. "Apparemment, nous avons un accord", a-t-il déclaré lors d'une cérémonie de passage de témoin à son successeur.

Un accord a été trouvé sur le prix et le cadre global, selon une source diplomatique. Mais sa signature dépend du soutien financier de l'Union européenne à l'Ukraine pour lui permettre de solder une partie de ses impayés à Gazprom et de régler à l'avance une nouvelle commande.

Le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, avait estimé mercredi que Kiev et la Commission européenne devaient s'entendre sur un protocole bilatéral prévoyant des garanties financières européennes pour l'Ukraine. Sans accord à ce sujet entre Kiev et l'UE, les négociations "n'ont pas de sens", avait insisté M. Kouprianov.

Les Russes "attendent une fumée blanche au dessus du Berlaymont pour revenir à Bruxelles", avait confié une source proche des négociations, en allusion au bâtiment abritant le siège de la Commission européenne.

- 'A portée de main' -

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a appelé à plusieurs reprises mercredi le président Petro Porochenko. Il a ensuite appelé "toutes les parties à conclure les négociations", assurant qu'un accord était "à portée de main".

L'UE devait convaincre les nouveaux dirigeants pro-occidentaux ukrainiens de solder leur dette. Mais ces derniers redoutent que les Européens ne relâchent la pression sur Moscou une fois qu'ils ne craindront plus une rupture de leurs approvisionnements en gaz, a commenté une source proche des négociations.

L'Ukraine a demandé à l'UE la semaine dernière une ligne de crédit de deux milliards d'euros. Jeudi, le Premier ministre, Arseni Iatseniouk, a indiqué qu'il allait demander aux Etats-Unis et à l'Allemagne d'aider son pays à payer sa dette.

Avant de quitter ses fonctions vendredi, le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, est déterminé à arracher un accord pour sécuriser l'acheminement des achats européens de gaz russe transitant par l'Ukraine. Mais l'UE ne peut pas régler les factures impayées de Naftogaz, a précisé à l'AFP une source communautaire.

L'UE a besoin chaque année de 450 milliards de mètres cubes de gaz pour sa consommation. Elle doit en importer 300 milliards, dont 125 milliards achetés au géant russe Gazprom. 75 milliards de m3 achetés à la Russie transitent par les installations de l'Ukraine.

Rappelant que l'Ukraine avait "déjà obtenu des milliards d'aide" du FMI et de l'UE, M. Oettinger a affirmé qu'elle devait "en utiliser une partie" pour acheter du gaz, en notant qu'elle avait d'autres dépenses urgentes comme "reconstruire des routes" ou "acheter des armes".

De son côté, le FMI a indiqué jeudi qu'il pourrait retarder son prochain prêt à l'Ukraine en attendant la formation d'un nouveau gouvernement, tout en assurant qu'un tel report n'aurait pas de conséquences "cruciales" sur les finances du pays.

La proposition de règlement prévoit le paiement par Kiev de 3,1 milliards de dollars de factures impayées, dont deux milliards avant la fin octobre. En contrepartie, Gazprom s'engage à reprendre les livraisons de gaz à l'Ukraine, interrompues depuis juin, avec une livraison minimale de 5 milliards de m3 payable au prix de 385 dollars les 1.000 m3. Mais Gazprom exige le paiement avant fourniture. Au total, Kiev doit débourser 4,6 milliards de dollars, selon l'estimation de Günther Oettinger.

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Le 30 octobre 2014 à 16h57

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