Le Maroc prépare “un système d'accompagnement” des ouvrières saisonnières en Espagne
Mohamed Yatim a avoué à demi-mot, l'abus à l'encontre des ouvrières marocaines travaillant dans les champs et fermes de fraise en Espagne. Un système d'accompagnement sera mis en place.
Le ministre de l'Emploi et de l'Insertion professionnelle a annoncé, lundi 4 juin, que tous les moyens seront déployés pour mettre en place un système d'accompagnement dédié aux ouvrières saisonnières marocaines travaillant dans les exploitations agricoles espagnoles. Objectifs: assurer le suivi de leur situation, faciliter leur intégration dans le milieu socioprofessionnel et leur garantir la protection et le soutien nécessaires si elles font face à des pratiques incorrectes.
"Nous allons continuer à coordonner nos efforts avec la partie espagnole, tout en déployant l'ensemble des moyens nécessaires pour limiter ces pratiques et y mettre fin, si elles sont prouvées", a-t-il dit en réponse à une motion d'interpellation du groupe Authenticité et Modernité (PAM) à la Chambre des représentants.
En attente des résultats de l'instruction menée "avec vigueur" par la justice espagnole, le ministère prendra, conjointement avec les autres départements gouvernementaux, les démarches qui s'imposent, a-t-il affirmé, incitant les victimes à porter plainte directement auprès des services consulaires ou des services relevant du ministère.
Il a également mis l'accent sur la nécessité d’œuvrer pour développer cette opération et en assurer la réussite, surtout devant la demande croissante pour la main-d’œuvre marocaine exprimée par les autorités et les employeurs en Espagne.
Yatim a rappelé que son département a reçu en fin 2017, de la part de l'ambassade d'Espagne à Rabat, une offre d'emploi collective au titre de la saison agricole 2018, concernant 11.000 ouvrières saisonnières auprès des associations d'entreprises agricoles dans la province de "Huelva" (filière des fruits rouges et de fraise), en plus de quelque 7.000 ouvrières répétitrices.
Dans le cadre de l'offre collective, il a été procédé, du 29 janvier au 1er février 2018, à la sélection finale des candidates, sous la supervision de l'Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences (Anapec) et en présence des représentants de l’administration espagnole et des associations d'entreprises agricoles espagnoles dans la province de "Huelva" et avec l’appui des autorités locales, a-t-il souligné, précisant que l'opération, qui a eu lieu dans cinq centres régionaux, s'est soldée par la sélection de 10.339 ouvrières.
Les autorités espagnoles ont, ensuite, délivré des permis de travail à un nombre important d'ouvrières saisonnières (répétitrices et pour la première fois), a-t-il noté, ajoutant que 15.134 travailleuses ont quitté effectivement le territoire national jusqu'au 8 mai dernier, soit un nombre inédit depuis l'entrée en vigueur de l'accord de main-d'œuvre, le 25 juillet 2001.
Le ministre a également rappelé qu'une délégation conjointe maroco-espagnole a effectué, les 10 et 11 mai dernier, une visite de terrain dans la province espagnole de Huelva (Espagne).
Cette visite de terrain, selon le ministre, a permis de s'enquérir des conditions de travail et de logement des ouvrières dans les exploitations agricoles espagnoles, de s’assurer des différentes prestations qui leur sont fournies pour les accompagner et faciliter leur intégration, et de s'informer sur les contrats de travail les concernant.
Le 28 mai dernier, la police nationale espagnole a arrêté un homme accusé d'agression sexuelle sur des ouvrières marocaines à Moguer, commune de la province de Huelva.
Une enquête a été ouverte par le procureur de Huelva après la réception d'une plainte déposée par la Direction générale des politiques migratoires du gouvernement andalou.
Le ministère marocain avait indiqué "qu'aucune violation à l'égard des ouvrières marocaines travaillant dans les exploitations agricoles espagnoles n'a été enregistrée".
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