Mathématiques: le niveau des élèves marocains “moins que faible”
Le Maroc dispose désormais d’un rapport national qui met à profit les données recueillies par l’étude internationale sur les mathématiques et les sciences (TIMSS 2015) constituant, ainsi, un outil d’analyse pour l’évaluation et le suivi des acquis des élèves au Maroc. Retour sur les résultats et les objectifs de cette étude.
A l’issue de la 13e session ordinaire du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, tenue les 18 et 19 janvier dernier, a été révélée l’adoption d’un nouveau rapport national basé sur les résultats de l’étude internationale TIMSS qui jouera le rôle d’outil d’analyse quadriennal du rendement scolaire au Maroc.
Le Maroc, "moins que faible" selon le TIMSS
Rahma Bourqia, directrice de l’Instance Nationale d’Evaluation, a assuré dans une intervention à la conférence de presse liée au conseil aujourd’hui que ce rapport national est d’une importance cruciale pour l’évaluation et l’évolution de l’éducation au Maroc.
Selon elle, il permet de dépasser la vision purement comparative aux autres pays (le rapport TIMSS original) pour profiter de son contenu d’une manière organisée, afin de réellement connaître les points forts et les points faibles en acquis des élèves et mesurer l’évolution du Maroc dans ce secteur, et ce dans le temps: chaque rapport mesurera l’évolution des objectifs quadriennaux pour une constante évolution.
Rahma Bourqia a également présenté quelques résultats du rapport. En l’occurrence, entre 2011 et 2015, le niveau des élèves au Maroc en maths et sciences a évolué, mais le classement du Maroc dans le TIMSS n’a pas vraiment changé, sûrement parce que les autres pays de la même catégorie évoluent également.
Cette évolution est mesurée grâce à un test simplifié consacré aux élèves des pays où l’on a remarqué une certaine faiblesse en sciences et mathématiques ou bien qui jugent que le test mathématique du TIMSS est trop difficile. Le Maroc figure parmi ces pays.
Après les tests, on procède à une notation sur 1.000. Les pays qui ont une note supérieure à 625 ont un niveau avancé, entre 550 et 625 niveau élevé, entre 475 et 550 niveau moyen, entre 400 et 475 niveau faible, et moins de 475 "moins que faible". Derniers chiffres du TIMSS: En mathématiques, le Maroc a une note de 377 pour le primaire et 384 pour le collège, en sciences il a 352 pour le primaire et 393 pour le collège.
"Il faut faire plus d’efforts, nos élèves ont des obstacles en mathématiques" avance Bourqia, lors de son intervention. La qualité de l’école est, selon elle, conditionnée par l’infrastructure socioéconomique marocaine: Les particularités des professeurs (les mieux formés ont de meilleurs élèves), les activités scolaires, le climat scolaire et le bien-être à l’école, l’accès à internet et aux outils technologiques, la famille…

Rahma Bourqia, conférence de presse du 22/01/2018
La justice et la gouvernance pour une meilleure Ecole
Pour Bourqia, le premier pas vers une meilleure école marocaine passe d’abord par l’instauration de la justice. Une justice linguistique (valorisation de l’arabe et de l’amazigh dans le système linguistique scolaire ainsi que les langues étrangères), une justice culturelle (renforcer le bagage culturel de tout élève), et une justice numérique (démocratiser l’accès, notamment dans les milieux ruraux, aux outils technologiques qui facilitent l’apprentissage).
La gouvernance est aussi importante, elle doit être proche de l’école, responsable et pouvant être sujette à une reddition des comptes.
« L’avenir du pays repose sur la valorisation du capital humain, et c’est une ambition qui est à la portée du Maroc… Les marocains continuent à faire confiance à l’école marocaine, et c’est là notre espoir » assure Bourqia durant la conférence de presse.
Quels rôles donc pour ce rapport national basé sur le TIMSS au Maroc ?
Selon un communiqué du conseil sur le sujet, cette étude génère un certain nombre de données sur les acquis des élèves en mathématiques et en sciences par pays, et comme le rapport TIMSS original ne publie que les données sur les grandes tendances mondiales ainsi qu’une sorte de classement, l’INE auprès du CSEFRS, a décidé de réaliser un rapport analytique national en se basant sur les données liées au Maroc. L’objectif serait donc de:
- Relever les efforts réalisés dans les acquis des élèves en mathématiques et en sciences de l’étude TIMSS 2011 à l’étude TIMSS 2015 ;
- Offrir à la communauté éducative une analyse sur les résultats du Maroc en les comparant à l’échelle internationale ;
- Analyser les facteurs liés à l’environnement d’apprentissage pouvant affecter le niveau d’acquisition des élèves tels que les ressources éducatives à l’école, l’attitude des élèves vis-à-vis de ces matières, les pratiques pédagogiques et l’environnement familial ;
- Analyser les déterminants des acquis des élèves pour pouvoir identifier les dimensions sur lesquelles il faudrait agir.
A propos du TIMMS
L’étude TIMSS (TIMSS : en anglais ‘’Trends in International Mathematics and Science Study’’; en français: les tendances internationales dans les études en mathématique et en sciences’’) est une étude qui se base sur les tests administrés aux élèves et des questionnaires adressés aux élèves, parents enseignants et directeurs des établissements, menée tous les quatre ans et ce, depuis 1995, dans 49 pays par l’Association Internationale pour l’évaluation du rendement scolaire (IEA).
Au Maroc cette étude est réalisée depuis 1999. L’étude TIMSS 2015 est la sixième édition menée par cette association. Elle cible les niveaux concernés correspondant à la quatrième année du primaire et la deuxième année du secondaire collégial.
Menée au Maroc par l’association IEA avec la participation sur le terrain du ministère de l’Education nationale, l’étude TIMSS 2015 se base sur les résultats d’élèves participants dont le nombre atteint les 10 428 pour le primaire et 13 035 pour le collège, répartis sur 360 écoles et 361 collèges.
à lire aussi
Article : Le RNI présente son programme économique à la CGEM
Reçu par la CGEM, le président du RNI, Mohamed Chaouki, a présenté les principales orientations économiques du programme de son parti pour la période 2026-2031. La rencontre a également permis au patronat de mettre en avant ses priorités, notamment la compétitivité des TPME, la montée en gamme industrielle, le développement territorial et l’emploi.
Article : Les grandes mines du Maroc, d'aujourd'hui à 2030
Portées par la flambée des métaux critiques, les grandes mines marocaines montent en puissance et investissent le segment de la valorisation. De Tizert à Boumadine, tour d'horizon des sites qui dessinent l'avenir minier du Maroc.
Article : Baccalauréat 2026 : avec ses taux de réussite record, le groupe scolaire EDC confirme ses performances
Six établissements Elbilia sur sept affichent un sans-faute, Léon l’Africain place une élève au deuxième rang de la zone Maroc avec 19,56/20, et Dar Essalam American School réussit sa première promotion au baccalauréat international.
Article : Mohammédia : Tabarek décroche le marché de 25 MDH pour relier l’autoroute Casablanca-Rabat à la RN1
Le chantier porte sur le lot 1 de l’aménagement de la voie CT1007, sous maîtrise d’ouvrage déléguée d’ADM Infrastructure, avec l’objectif d’améliorer la circulation et l’accessibilité dans la préfecture.
Article : Prix de l'or : le gramme chute de 30%, les bijoutiers appellent le Conseil de la concurrence à enquêter
Revenu autour de 950 DH, contre 1.400 à 1.450 DH six mois plus tôt, le métal jaune reste soumis à des écarts difficiles à expliquer entre les cours mondiaux et les prix pratiqués au Maroc. Au cœur des griefs de la profession : les difficultés d’importation et un approvisionnement concentré entre les mains de quelques opérateurs. Décryptage.
Article : Compléments alimentaires : comment le gouvernement s'apprête à encadrer un marché jusque-là très peu régulé
Face à l’essor rapide de produits souvent vendus en ligne ou en parapharmacie sans contrôle suffisant, le gouvernement prépare un premier resserrement des règles. Un projet de décret examiné le jeudi 16 juillet doit réserver aux officines certaines substances sensibles, en fonction de leur dosage et de leurs interactions possibles avec des médicaments. Détails.