Textile: un investisseur turc pour ressusciter Legler

Des négociations sont en cours avec un investisseur turc spécialisé dans l’amont textile pour la reprise de Legler.

"Legler, dont l'histoire de la faillite est connue, va être relancé bientôt avec un investisseur dans l'amont textile et il va approvisionner le marché", révèle le ministre de l’Industrie, de l'Investissement, du Commerce et de l'Economie Numérique lors d'une intervention à l’université d’été de la CGEM, le 29 septembre dernier.

L’annonce faite par Moulay Hafid Elalamy, d’apparence anodine, est une grande révélation pour le secteur textile. Car elle fait renaître de ses cendres un des symboles de la crise textile du milieu des années 2000.

Le ministre n’en dira pas plus lors de sa présentation, ni après. Le sujet est confidentiel! D’ailleurs l’information est verrouillée et même les sources d’ordinaire coopératives s’abstiennent à donner des informations.

L’on apprendra après insistance que le mystérieux investisseur est de nationalité turque et que le projet est tellement important qu’il est possible qu’il soit présenté devant le Roi. 

On ne connaîtra pas la nature du projet, d'autant plus que l'entreprise marocaine est en liquidation judiciaire depuis 2013. 

"Tant qu’il n’est pas signé, on ne peut rien dire", nous confie une source proche du dossier. Mais il semblerait que la signature est imminente.

Legler, l’histoire d’une ambition manquée

La faillite de Legler a marqué la première décennie des années 2000. Elle a fait les gros titres de la presse. La chute de cet empire du textile a été à l’image de son démarrage en grande pompe en 2004. Le Marocain Atlantic Group appartenant à la famille Senoussi s'était associé à l'Italien Legler pour la mise en place d'un complexe industriel intégré spécialisé dans la fabrication de denim (matière première pour la production de jeans). Les ambitions étaient grandes. 

L’unité, située à Skhirat, est implantée sur 15 ha a nécessité un investissement d'un peu plus d'un milliard de dirhams financé par une aide de l'Etat et un consortium composé de BMCE Bank et Attijariwafa bank en tant que chefs de file et comprenant la Banque centrale populaire et Crédit du Maroc.

Son démarrage effectif se fera en 2006. Cependant, moins de deux ans après le démarrage du projet, le partenaire italien quitte le narive. C'était en 2008, en pleine crise internationale. Les parts de l'Italien Legler Spa dans l'entreprise marocaine seront diluées suite à deux augmentations de capital successives qu'il n'a pas pu suivre et finit par se désengager. Ses parts sont rachetées par la Financière Hatt du groupe Senoussi.

La famille Senoussi restait seul maître à bord d'un complexe industriel qui misait gros sur Legler Spa et son carnet de commandes. Mais pas pour longtemps. Elle cède 20% du capital au fonds d'investissement Al Ajial géré par le Consortium maroco-koweïtien pour le développement (CMKD). Dans le même sillage, l'entreprise change de dénomination pour devenir LGM Denim. 

Ces changements ne feront que donner quelques mois de sursis à l'entreprise qui finit par entamer la procédure de redressement judiciaire en 2009 sonnant ainsi le début de la fin. Le redressement judiciaire est prononcé en octobre 2009, après que la société fût déclarée en cessation de paiement à partir du mois mai de la même année. 

Une première négociation avec le Turc Bossa

Le gouvernement a alors cherché à sauver la situation. Ahmed Reda Chami, alors ministre de l'Industrie ayant porté le Pacte national pour l'Emergence industrielle, présidait des négociations pour la reprise de LGM demin par l'investisseur turc Bossa. 

«Les négociations autour de la situation de Legler Maroc sont aujourd’hui sur la bonne voie. Les discussions à ce sujet sont très actives ce qui promet un développement heureux de l’affaire». C'est ce que déclarait Ahmed Réda Chami en 2011 à notre confrère Aujourd'hui Le Maroc.  

Bossa, spécialiste turc du tissage, envisageait de racheter les parts de la famille Senoussi dans le capital de LGM Denim. Bien que les négociations aient avancé selon le ministre, le deal ne s'est pas conclu.

La situation de l'entreprise continuera à se dégrader. Quatre ans après le jugement de redressement, la liquidation judiciaire est prononcée. Depuis les ventes des actifs aux enchères s'enchaînent dont la dernière annoncée en décembre 2017. 

Dès que Moulay Hafid Elalamy a annoncé l'arrivé d'un investisseur dans l'amont textile interessé par LGM Denim, qui plus est turc, les regards se tournent donc naturellement vers Bossa. Le spécialiste du tissage a-t-il manifesté encore une fois son intérêt pour l'entreprise marocaine? "Non, pas à ma connaissance", nous répond une source au Maroc proche de l'entreprise turque. "Bossa était en effet interessé il y a quelques années par la société, mais aucun deal n'a été concrétisé", ajoute-t-il. 

Quoi de neuf ?
La carte de l'épidémie de coronavirus en temps réel
Rendez-vous Partenaires
Textile: un investisseur turc pour ressusciter Legler

Des négociations sont en cours avec un investisseur turc spécialisé dans l’amont textile pour la reprise de Legler.

 

"Legler, dont l'histoire de la faillite est connue, va être relancé bientôt avec un investisseur dans l'amont textile et il va approvisionner le marché", révèle le ministre de l’Industrie, de l'Investissement, du Commerce et de l'Economie Numérique lors d'une intervention à l’université d’été de la CGEM, le 29 septembre dernier.

L’annonce faite par Moulay Hafid Elalamy, d’apparence anodine, est une grande révélation pour le secteur textile. Car elle fait renaître de ses cendres un des symboles de la crise textile du milieu des années 2000.

Le ministre n’en dira pas plus lors de sa présentation, ni après. Le sujet est confidentiel! D’ailleurs l’information est verrouillée et même les sources d’ordinaire coopératives s’abstiennent à donner des informations.

L’on apprendra après insistance que le mystérieux investisseur est de nationalité turque et que le projet est tellement important qu’il est possible qu’il soit présenté devant le Roi. 

On ne connaîtra pas la nature du projet, d'autant plus que l'entreprise marocaine est en liquidation judiciaire depuis 2013. 

"Tant qu’il n’est pas signé, on ne peut rien dire", nous confie une source proche du dossier. Mais il semblerait que la signature est imminente.

Legler, l’histoire d’une ambition manquée

La faillite de Legler a marqué la première décennie des années 2000. Elle a fait les gros titres de la presse. La chute de cet empire du textile a été à l’image de son démarrage en grande pompe en 2004. Le Marocain Atlantic Group appartenant à la famille Senoussi s'était associé à l'Italien Legler pour la mise en place d'un complexe industriel intégré spécialisé dans la fabrication de denim (matière première pour la production de jeans). Les ambitions étaient grandes. 

L’unité, située à Skhirat, est implantée sur 15 ha a nécessité un investissement d'un peu plus d'un milliard de dirhams financé par une aide de l'Etat et un consortium composé de BMCE Bank et Attijariwafa bank en tant que chefs de file et comprenant la Banque centrale populaire et Crédit du Maroc.

Son démarrage effectif se fera en 2006. Cependant, moins de deux ans après le démarrage du projet, le partenaire italien quitte le narive. C'était en 2008, en pleine crise internationale. Les parts de l'Italien Legler Spa dans l'entreprise marocaine seront diluées suite à deux augmentations de capital successives qu'il n'a pas pu suivre et finit par se désengager. Ses parts sont rachetées par la Financière Hatt du groupe Senoussi.

La famille Senoussi restait seul maître à bord d'un complexe industriel qui misait gros sur Legler Spa et son carnet de commandes. Mais pas pour longtemps. Elle cède 20% du capital au fonds d'investissement Al Ajial géré par le Consortium maroco-koweïtien pour le développement (CMKD). Dans le même sillage, l'entreprise change de dénomination pour devenir LGM Denim. 

Ces changements ne feront que donner quelques mois de sursis à l'entreprise qui finit par entamer la procédure de redressement judiciaire en 2009 sonnant ainsi le début de la fin. Le redressement judiciaire est prononcé en octobre 2009, après que la société fût déclarée en cessation de paiement à partir du mois mai de la même année. 

Une première négociation avec le Turc Bossa

Le gouvernement a alors cherché à sauver la situation. Ahmed Reda Chami, alors ministre de l'Industrie ayant porté le Pacte national pour l'Emergence industrielle, présidait des négociations pour la reprise de LGM demin par l'investisseur turc Bossa. 

«Les négociations autour de la situation de Legler Maroc sont aujourd’hui sur la bonne voie. Les discussions à ce sujet sont très actives ce qui promet un développement heureux de l’affaire». C'est ce que déclarait Ahmed Réda Chami en 2011 à notre confrère Aujourd'hui Le Maroc.  

Bossa, spécialiste turc du tissage, envisageait de racheter les parts de la famille Senoussi dans le capital de LGM Denim. Bien que les négociations aient avancé selon le ministre, le deal ne s'est pas conclu.

La situation de l'entreprise continuera à se dégrader. Quatre ans après le jugement de redressement, la liquidation judiciaire est prononcée. Depuis les ventes des actifs aux enchères s'enchaînent dont la dernière annoncée en décembre 2017. 

Dès que Moulay Hafid Elalamy a annoncé l'arrivé d'un investisseur dans l'amont textile interessé par LGM Denim, qui plus est turc, les regards se tournent donc naturellement vers Bossa. Le spécialiste du tissage a-t-il manifesté encore une fois son intérêt pour l'entreprise marocaine? "Non, pas à ma connaissance", nous répond une source au Maroc proche de l'entreprise turque. "Bossa était en effet interessé il y a quelques années par la société, mais aucun deal n'a été concrétisé", ajoute-t-il. 

Quoi de neuf ?
La carte de l'épidémie de coronavirus en temps réel

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.