Iran : les stocks de missiles américains pèsent sur les options de Washington
Le chef d’état-major interarmées, Dan Caine, a averti Donald Trump que le rythme de consommation des intercepteurs pourrait compliquer une nouvelle escalade contre l’Iran. La Maison Blanche nie toute pénurie, tandis que le Pentagone accélère la production des systèmes PAC-3 MSE et THAAD.
L’état des stocks américains de missiles pourrait limiter les options militaires de Washington contre l’Iran, selon des informations de presse contestées par l’administration de Donald Trump, qui assure disposer des moyens nécessaires à la poursuite des opérations.
Le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, a informé le président américain que le niveau actuel des réserves pourrait avoir une incidence sur d’éventuelles nouvelles opérations contre Téhéran, a rapporté Associated Press, citant un responsable américain s’exprimant sous couvert d’anonymat.
Cet avertissement aurait été formulé dans le cadre des évaluations militaires régulièrement présentées à la Maison Blanche, alors que plusieurs scénarios de poursuite des frappes étaient examinés. Aucun compte rendu officiel de cet échange n’a toutefois été publié.
Donald Trump a rejeté l’idée selon laquelle une pénurie de munitions aurait motivé une limitation des opérations américaines.
"Nous en avons beaucoup. J’aimerais en avoir davantage, pour être honnête", a-t-il déclaré lundi 27 juillet 2026 à bord d’Air Force One, ajoutant que les réserves américaines se trouvaient dans une "très bonne situation".
Le président américain a néanmoins reconnu que certaines armes sophistiquées étaient disponibles en quantités plus réduites et affirmé que les industriels de défense accéléraient leur production.
Quelques jours auparavant, lors d’une audition devant la commission des crédits du Sénat, le général Caine avait souligné que "la puissance aérienne a ses limites" et que les responsables militaires devaient constamment en tenir compte. Il n’avait cependant pas évoqué publiquement un épuisement imminent des stocks ni établi de lien avec une décision précise de Donald Trump.
Le représentant américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, a lui aussi récusé les informations faisant état d’un manque de moyens.
"Nous avons ce qu’il nous faut sur le théâtre, et davantage est en route", a-t-il affirmé dimanche 26 juillet dans l’émission "Face the Nation" sur la chaîne CBS.
Le Pentagone a parallèlement annoncé lundi 27 juillet la conclusion de deux accords-cadres d’une durée de sept ans destinés à augmenter les capacités de production des systèmes de propulsion utilisés par les missiles intercepteurs PAC-3 MSE et THAAD.
Ces accords témoignent de la volonté américaine de renforcer rapidement sa base industrielle et ses réserves de défense aérienne, sans constituer pour autant la confirmation officielle que les stocks actuels seraient proches de l’épuisement.
Reuters a également rapporté, en citant un responsable américain anonyme, que le général Caine s’était montré préoccupé par le rythme de consommation de certaines munitions. Donald Trump a de nouveau nié que cette question ait déterminé ses décisions militaires.
Le président américain a déclaré que des discussions jugées "bonnes" étaient en cours avec l’Iran, tout en prévenant que les frappes pourraient reprendre en cas d’échec des négociations.
En l’état des informations publiques, il est donc établi que l’armée américaine surveille étroitement ses réserves et accélère la production de missiles. Il n’est en revanche pas possible d’affirmer que leur épuisement a été la cause décisive d’une suspension ou d’un report de l’escalade contre l’Iran.