Pourquoi le port Dakhla Atlantique va devenir le hub africain du Maroc (source autorisée)
Avancé à 65%, le chantier du port Dakhla Atlantique doit s’achever fin 2028, avant une mise en service prévue en 2029, selon une source au ministère de l’Équipement. Appelé à servir de débouché maritime aux pays du Sahel, le projet doit aussi soutenir le développement de l’hydrogène vert, des énergies renouvelables et de nouvelles chaînes logistiques reliant le Maroc à l’Afrique de l’Ouest. Explications.
L’essentiel
- Avancé à 65%, le port Dakhla Atlantique sera achevé fin 2028 avant une mise en service en 2029.
- Au-delà d'un simple port, il ambitionne de devenir le principal hub logistique entre le Maroc, le Sahel et l'Afrique atlantique.
- Le projet s'appuiera sur une vaste zone industrialo-portuaire dédiée notamment à l'hydrogène vert, aux énergies renouvelables et aux industries bas carbone.
- Selon une source au sein du ministère de l'Équipement, cette infrastructure est appelée à renforcer le rôle du Maroc comme plateforme stratégique des échanges en Afrique.
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Les détails
Au-delà du chantier, dont les travaux sont réalisés à 65%, l’ambition est de faire de cette infrastructure portuaire, logistique, industrielle et commerciale un levier de transformation durable de l’économie des provinces du Sud. Elle doit s’appuyer sur un écosystème capable de créer de la valeur, d’attirer les investissements et de générer des emplois, souligne une source au ministère de l’Équipement.
Une pièce maîtresse de la stratégie africaine du Maroc
"Dakhla Atlantique n'est pas une infrastructure isolée, mais le cœur d'un écosystème portuaire, logistique, industriel et commercial d'importance régionale", souligne notre source, selon laquelle ce projet s'inscrit dans la continuité de la Stratégie portuaire nationale, du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud et de l’initiative royale destinée à faciliter l'accès des pays du Sahel à l'océan Atlantique.
Cette articulation doit permettre de faire du port de Dakhla un nouveau pôle industriel et logistique pour l'Afrique de l'Ouest, tout en renforçant son poids économique à l'échelle continentale, ajoute-t-elle.
Une porte atlantique pour les économies du Sahel
Selon le responsable ministériel, l'approche retenue par les concepteurs du projet dépasse largement la seule dimension portuaire. L’une de ses principales ambitions est de faire du futur port le débouché maritime des pays du Sahel.
"La vocation africaine du port Dakhla Atlantique ne relève pas du slogan. Elle s’inscrit dans une dynamique diplomatique, économique et logistique déjà engagée", indique notre source. Depuis le lancement de l’initiative royale, plusieurs groupes de travail techniques ont été constitués afin de définir les modalités opérationnelles de la coopération avec les pays concernés.
Les infrastructures routières, les plateformes logistiques, les services portuaires et les zones industrielles qui accompagneront le projet doivent permettre de construire des chaînes logistiques fonctionnelles et compétitives, au-delà du seul accès à la mer, poursuit notre interlocuteur.
En d’autres termes, "le port Dakhla Atlantique deviendra une véritable porte atlantique pour les économies du Sahel et un levier de prospérité partagée entre le Maroc et sa profondeur africaine".
Les corridors terrestres, maillon indispensable de la compétitivité
Le succès du projet dépendra également de son raccordement aux futurs corridors routiers reliant le Maroc aux marchés du Mali, du Niger et du Tchad. Selon notre interlocuteur, ces axes constitueront un élément essentiel de la connexion terrestre du port avec son arrière-pays et conforteront le rôle de Dakhla comme trait d’union entre le Sahel, l’Afrique de l’Ouest et les marchés internationaux.
Afin de ne pas dépendre des seuls flux sahéliens, le responsable insiste sur la nécessité de développer les zones industrielles et logistiques de la région, ainsi que de nouvelles filières liées à l’hydrogène vert, aux énergies renouvelables et aux activités métallurgiques à faible empreinte carbone.
Miser sur les filières industrielles de demain
La priorité sera donc de faire émerger, autour du port, une zone industrialo-portuaire capable de transformer localement les productions, et non de se limiter au transit des marchandises.
"En réalité, ce nouveau port n'a pas vocation à être une simple infrastructure de transit, car il doit devenir une plateforme de création de valeur", souligne le responsable, citant les industries traditionnelles de la pêche et de l'agroalimentaire, mais aussi les nouvelles activités liées à l'hydrogène vert, aux énergies renouvelables, aux carburants durables et à la métallurgie bas carbone.
Cette diversification industrielle et commerciale doit également favoriser l’implantation de petites et moyennes entreprises et de très petites entreprises, afin que les retombées économiques bénéficient directement au tissu productif régional.
Un port pensé pour développer l'hydrogène vert
Le port a aussi été conçu pour accompagner le développement de la future filière nationale de l’hydrogène vert et des énergies renouvelables, affirme-t-il.
Pour soutenir ces projets industriels, un plan de masse du port a été établi avec un quai destiné aux colis lourds, l'approfondissement du bassin commercial de 16 à 18 mètres ainsi que deux terminaux dédiés à l'ammoniac vert, pour une capacité annuelle cumulée de 6 millions de tonnes.
Dakhla Atlantique ne sera donc pas seulement raccordé à la transition énergétique du Royaume : il a été conçu comme l’un de ses principaux outils industriels, résume notre interlocuteur.
Compléter le dispositif portuaire marocain
Interrogé sur la concurrence que pourraient représenter de nouveaux ports africains, le responsable privilégie une logique de complémentarité. La modernisation des infrastructures portuaires du continent devrait, selon lui, favoriser l’émergence de nouvelles routes maritimes régionales et le développement du cabotage africain.
"Avec sa position géographique, son offre industrielle intégrée et son ouverture naturelle sur l'Afrique de l'Ouest, Dakhla Atlantique est appelé à compléter le dispositif portuaire marocain aux côtés de Tanger Med et de Nador West Med", conclut notre source, selon laquelle le projet doit devenir le nouveau centre de gravité des échanges entre le Maroc, le Sahel et la façade atlantique africaine, tout en accompagnant l’émergence des industries liées à la transition énergétique.
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