Investissement : à Pékin, le Maroc courtise les entreprises chinoises
Karim Zidane a défendu une offre mêlant incitations publiques, grands chantiers et accès au continent africain, alors que les flux venus de Chine ont atteint 2 milliards de dirhams en 2025.
Le ministre délégué chargé de l’Investissement, Karim Zidane, a appelé les entreprises chinoises à renforcer leur présence au Maroc, en mettant en avant les incitations prévues par la Charte de l’investissement, les grands chantiers liés à la Coupe du monde 2030 et les possibilités de partenariat entre le Maroc, la Chine et l’Afrique.
En déplacement à Pékin, dimanche 21 juin, Karim Zidane s’est entretenu avec le président du Conseil chinois pour la promotion du commerce international (CCPIT), Ren Hongbin, en présence de l’ambassadeur du Maroc en Chine, Abdelkader El Ansari. L’échange s’est tenu en marge de la participation marocaine à la 4e Exposition internationale des chaînes d’approvisionnement (CISCE), organisée du 22 au 26 juin dans la capitale chinoise.
Face à son interlocuteur, le ministre a présenté le Maroc comme une plateforme d’investissement pour les entreprises chinoises, à la fois tournée vers le marché national, les chaînes de valeur régionales et les débouchés africains. Il a assuré que son département était disposé à accompagner les opérateurs chinois dans la concrétisation de leurs projets, dans un cadre d’accueil qu’il a présenté comme “transparent, compétitif et propice au développement des affaires”.
Cette séquence intervient alors que le Maroc cherche à attirer davantage d’investissements industriels à forte valeur ajoutée, dans un contexte de recomposition des chaînes d’approvisionnement mondiales. Pour Rabat, l’enjeu est de capitaliser sur son positionnement géographique, ses accords commerciaux et les réformes engagées pour renforcer son attractivité auprès des grands investisseurs internationaux.
Karim Zidane a rappelé que les relations économiques entre Rabat et Pékin s’inscrivent dans le cadre du partenariat stratégique conclu en 2016, qui a marqué un tournant dans la coopération entre les deux pays. La Chine est aujourd’hui considérée comme l’un des partenaires économiques majeurs du Royaume.
Selon les chiffres présentés par le ministre, les investissements directs étrangers chinois au Maroc ont atteint environ 2 milliards de dirhams en 2025. Un niveau qui, selon lui, traduit la confiance croissante des opérateurs chinois dans l’environnement des affaires marocain.
Le ministre a également mis en avant la nouvelle Charte de l’investissement, présentée comme l’un des principaux leviers de la politique économique nationale. Selon les données communiquées, 381 projets d’investissement ont été approuvés dans ce cadre, pour un montant global d’environ 580 milliards de dirhams et plus de 245.000 emplois projetés.
Karim Zidane a invité les entreprises chinoises à tirer parti de ces dispositifs pour développer des projets productifs, intégrés aux chaînes de valeur régionales et mondiales. Les secteurs des infrastructures, de la logistique, de la mobilité durable et des services ont été cités parmi les domaines offrant de nouvelles perspectives, notamment dans la perspective de l’organisation de la Coupe du monde 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.
Au-delà de la relation bilatérale, le ministre a également défendu le potentiel d’un partenariat triangulaire Maroc-Chine-Afrique. Ce schéma, selon lui, pourrait servir de levier pour accompagner l’industrialisation du continent et développer des projets reposant sur le bénéfice mutuel.
La CISCE, organisée par le CCPIT, est présentée comme la première exposition de niveau national au monde entièrement consacrée aux chaînes d’approvisionnement. L’édition 2026 réunit plus de 1.200 entreprises et organisations issues de 85 pays et régions, autour du thème “Connecter le monde pour un avenir partagé”.
(Avec MAP)
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