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CAN U17. Faut-il vraiment tout remettre en question ?

Entre l’élimination de l’équipe nationale en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations U17 et le match pour la 3ᵉ place face à l’Égypte, prévu lundi 1ᵉʳ juin à 20h, une vague de frustration s’est emparée des supporters, provoquant un véritable tollé sur les réseaux sociaux. Dans l’œil du cyclone, Thiago Lima Pereira et Fathi Jamal ont été la cible de critiques acerbes. À tort ou à raison ?

CAN U17. Faut-il vraiment tout remettre en question ?
Chady Chaabi
Le 30 mai 2026 à 9h13 | Modifié 30 mai 2026 à 9h13

Alors que le Maroc est attendu pour la petite finale face à l’Égypte, le lundi 1er juin (20h) au Complexe Mohammed VI de Salé, la déception née de l’élimination en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations U17 est compréhensible, tant elle est à la hauteur des attentes suscitées par cette sélection.

Les appels à clouer au pilori les cadres et dirigeants techniques, ainsi que cette génération de joueurs, le sont toutefois un peu moins.

Symbole de la passion des supporters pour leur équipe nationale, les critiques visant les Lionceaux de l’Atlas, leur entraîneur Thiago Lima Pereira mais aussi le directeur technique national Fathi Jamal dépassent parfois le cadre du raisonnable.

Inutile de vous mentir. Brahim Rabbaj et cie n’ont certainement pas réalisé une compétition extraordinaire. Ils ont affiché des lacunes dans plusieurs domaines. Notamment dans l’entame des rencontres puisqu’ils ont été menés à trois reprises en cinq matchs.

Mais aussi dans la gestion des temps faibles, avec une tendance à trop subir alors qu’ils possédaient les qualités nécessaires pour confisquer davantage le ballon et diluer la pression adverse.

En plus de l’inconstance qui a rythmé leurs prestations. Mais cela fait aussi partie du développement de jeunes encore en pleine évolution.

Sans parler de la pression inhérente à l’atmosphère d’un stade quasiment plein et aussi intimidant que le Moulay El Hassan, qu’ils ont eu du mal à absorber.

Mais est-il pour autant raisonnable de les taxer d’incompétence ou encore de vouer aux gémonies des cadres techniques, et surtout des adolescents qui n’ont connu que le téléphone sans fil ? Certainement pas.

Et que dire de la comparaison entre Nabil Baha et Thiago Lima Pereira ? Un parallèle pour le moins inapproprié, ne serait-ce qu’au regard du temps dont a disposé le premier pour remporter la dernière édition de la CAN (plus d’un an), tandis que le second n’est en poste que depuis quatre mois.

En chiffres, les Lionceaux de l’Atlas ont réalisé leur meilleure performance contre le Sénégal

Mais tout d’abord, essayons de prendre du recul et d’évaluer froidement la prestation de l’EN lors de cette demi-finale, chiffres à l’appui.

Si les statistiques ne définissent pas à elles seules une performance, elles restent des indicateurs intéressants et surtout objectifs sur lesquels appuyer une analyse sans verser dans le sensationnalisme.

De prime abord, cela peut sembler surprenant, mais les Lionceaux de l’Atlas ont sans doute livré l’une de leurs meilleures prestations du tournoi.

Plusieurs indicateurs de performance vont d’ailleurs dans ce sens, en comparaison avec la moyenne des cinq rencontres disputées jusque-là :

  • xG : 2,05 contre le Sénégal (1,4 en moyenne) ;
  • Tirs tentés : 15 (12 en moyenne) ;
  • % de duels gagnés : 48 % (44 % en moyenne) ;
  • % de duels offensifs gagnés : 42 % (37 % en moyenne) ;
  • % de duels aériens gagnés : 54 % (43 % en moyenne).

Cela dit, ils ont concédé un peu plus de tentatives qu’à l’accoutumée. Autre donnée révélatrice d’un certain manque d’agressivité et de vice, comme sur l’ouverture du score sénégalaise concédée dans la continuité d’un coup de pied arrêté : seulement cinq fautes commises contre 19 pour leurs adversaires (trois cartons jaunes, aucun pour les Marocains).

Tout cela pour dire que la déception ne justifie pas un tel déferlement de commentaires négatifs visant Adam Soudi et ses coéquipiers.

Cela traduit une certaine incompréhension de la difficulté de s’imposer dans une compétition de très haut niveau comme la CAN U17. Et encore davantage du processus nécessaire au développement de jeunes joueurs.

Le Maroc a franchi le cap des demi-finales lors de chacune des trois dernières éditions

La critique excessive occulte également la formidable évolution du football national ainsi que le plafond de verre franchi par les équipes de jeunes ces dernières années.

Est-il vraiment nécessaire de rappeler qu’aucun des héros du Mondial 2022 n’a atteint le dernier carré d’une CAN U17 ? En effet, sur les 16 éditions de la compétition, le Maroc n’y est parvenu qu’à quatre reprises. Toutes depuis 2013.

Mieux encore, cette catégorie d’âge a atteint les demi-finales lors de chacune des trois dernières éditions. Elle a même été finaliste en 2023 puis en 2025.

Des résultats qui doivent aider à prendre du recul et surtout à ouvrir les yeux sur l’évolution positive du football national chez les jeunes. Mais à quoi sert d’ouvrir les yeux si l’esprit reste fermé ?

Car si l’on met de côté l’émotion, ces jeunes pétris de talent ont simplement buté sur une équipe sénégalaise qui ne l’est pas moins.

Et il faut dire aussi que la nationalité des joueurs d’en face a sans doute ravivé quelques mauvais souvenirs. Mais certainement pas au point de remettre en cause tout un processus qui va dans le bon sens.

N’oublions jamais que la confiance descend en ascenseur et remonte par les escaliers. Dès lors, il faut savoir raison garder et ne pas tenter à tout prix de détruire ce qui a été construit depuis plusieurs années.

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Tags : CAN U17, Maroc
Chady Chaabi
Le 30 mai 2026 à 9h13

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