Port de Casablanca : vers la fin de la file de navires visible depuis la corniche
Depuis le 5 mai, date à laquelle Médias24 avait fait le point sur la congestion au niveau du port de Casablanca, la situation n’a toujours pas changé. La pression demeure forte et les délais d’attente sont toujours longs. Les opérateurs s’attendent toutefois à une amélioration de la situation à partir du 1er juin, grâce aux mesures douanières sur les céréales. Détails.
Selon nos informations, au moins 55 navires sont en rade devant le port de Casablanca, un niveau supérieur à la capacité d’accueil de cette infrastructure. La file d’attente est toujours visible à l’œil nu depuis le front de mer. Mais cela ne signifie pas pour autant que rien n’est fait pour la résorber.
Le port de Casablanca travaille à plein régime. "L’outil portuaire est performant, mais le flux est continu", explique à Médias24 une source portuaire, qui souligne par ailleurs que le rétablissement de droits de douane sur le blé tendre devrait contribuer à améliorer la situation et à réduire les temps d’attente.
Notre interlocuteur assure que les importations de céréales représentent le principal facteur de saturation des quais du port de Casablanca ces derniers mois.La fin de l’exonération sur le blé tendre doit aider à désengorger le port de Casablanca
Comme le montre l’image ci-dessous, une soixantaine de navires restent en rade au port de Casablanca, "mais près de neuf sont traités chaque jour", indique notre source portuaire.

"Le port opère actuellement avec une trentaine de navires simultanément à quai, assurant des opérations de déchargement à l’import et de chargement à l’export".
Notre interlocuteur précise que "la congestion actuelle est principalement liée aux flux de céréales et d’aliments de bétail. Ce sont ces produits qui posent problème, car il n’y avait pas de barrière douanière ni d'autres mesures pour les réguler. Les autres flux fonctionnent normalement".
Selon cette même source, "les mesures récemment mises en place devraient permettre d'améliorer la situation. Elles permettront de résorber progressivement les flux. Si les navires céréaliers sont neutralisés, il n’y aura plus de congestion".
Notre source fait référence à la récente décision du Conseil de gouvernement relative à la suspension de l'exonération des droits de douane sur l'importation du blé tendre. En effet, selon nos informations, le blé tendre importé bénéficiait jusque-là d’une exonération de droits de douane. Avec la suspension de cette exonération, les droits de douane repasseraient à 170%, ce qui devrait dissuader une partie des importateurs.
Cette décision accompagne la suspension des importations de blé tendre du 1er juin au 31 juillet, en vue de favoriser la collecte de la production nationale.
Ces mesures devraient améliorer la situation, dans la mesure où au moins la moitié des navires bloqués sont des navires céréaliers et que le nombre de postes de débarquement disponibles au port de Casablanca reste limité.
70% des importations d'aliments de bétail et 60% des céréales passent par le port de Casablanca
Le port fait donc face à un arrivage massif de céréales, dans un contexte marqué par une forte hausse de la demande. "Cette situation n’est pas structurelle, elle est conjoncturelle", insiste la même source.
En effet, selon les chiffres officiels du département des ports et du domaine public maritime relevant du ministère de l’Équipement, le volume global des trafics de commerce traités par les ports du Maroc, à fin mars 2026, a atteint 63,3 millions de tonnes, contre 60,7 Mt à la même période de l'année précédente, soit une hausse de 4,3%.
Cette hausse est notamment portée par les importations de céréales, qui ont augmenté de 33,7% par rapport à la même période de l’an passé.
Et notre interlocuteur d’ajouter : "Les céréales et aliments de bétail représentent ainsi une part importante des flux traités par le port. Casablanca assure près de 70% des besoins nationaux en aliments de bétail, et environ 60% des céréales transitent par ce port. C’est cette concentration qui accentue la pression sur les installations portuaires". Certains navires se dirigent quant à eux vers Jorf Lasfar, mais une meilleure répartition de l’ensemble des arrivages entre les différents ports du Royaume aurait permis d’éviter la congestion qui se poursuit depuis le mois de décembre.
Les grands chantiers alimentent aussi la hausse du trafic portuaire
Notre source portuaire évoque également un trafic soutenu par les grands chantiers en cours dans le Royaume, "notamment le TGV et les projets de dessalement", qui ont entraîné une hausse des importations, notamment d’équipements.
Par ailleurs, outre les mesures douanières et la suspension des importations de céréales, des confrères ont fait état de réunions récentes du ministre de l’Équipement, Nizar Baraka, avec les acteurs concernés du secteur portuaire, à l’issue desquelles des commissions de suivi auraient été créées. Il s’agirait là d’une autre mesure visant à trouver les solutions adéquates pour fluidifier le trafic. Mais au moment de la mise en ligne, nous n’étions pas encore en mesure de confirmer cette information.
Et notre interlocuteur de conclure : "Les conditions climatiques ont également joué un rôle cette année, avec environ 38 jours de perturbations liées aux houles. Mais malgré ces contraintes, les performances opérationnelles du port restent solides. L’outil portuaire est performant".
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