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Mondial 2026. La FIFA s’attaque à la main devant la bouche

Les joueurs et membres du staff parlant en direction de leurs adversaires tout en mettant la main devant leur bouche n’ont qu’à bien se tenir. À partir de la prochaine Coupe du monde, ils seront systématiquement exclus. Une décision qui comporte tout de même quelques zones d’ombre.

Mondial 2026. La FIFA s’attaque à la main devant la bouche
C. C.
Le 29 avril 2026 à 15h56 | Modifié 29 avril 2026 à 15h56

La FIFA fait le bonheur des spécialistes en lecture labiale mais aussi le malheur des provocateurs en décidant d’exclure tout joueur mettant sa main devant la bouche lors d’une situation conflictuelle sur le terrain.

Cette décision, qui entre en vigueur pendant la Coupe du monde 2026, a été actée par l’IFAB mardi 28 avril à Vancouver, l’une des villes hôtes du raout international, coorganisé du 11 juin au 19 juillet 2026 par les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Motivée par la multiplication des accusations de racisme et autres discriminations depuis quelques années, ce changement n’en est pas moins escortée d’une ribambelle d’interrogations quant à son application.

Mais avant d’ouvrir ce débat, comment les joueurs et autres entraîneurs en sont-ils arrivés à se couvrir la bouche au moment de parler, ce qui, on en conviendra, est loin d’être naturel ?

Un geste monnaie courante sur et à bord d’un terrain de foot

Bien qu’il soit difficile de situer la genèse d’une technique de dissimulation qui s’est répandue comme une traînée de poudre sur les terrains depuis deux décennies, on peut affirmer que c’est Didier Deschamps qui est à l’origine de sa popularité.

Effectivement, le phénomène ne date pas d’hier. Il remonte plutôt à l’Euro 2000. Au terme d’une finale d’anthologie remportée par la France face à l’Italie (2-1), Deschamps échange avec son sélectionneur de l’époque, Roger Lemerre dans le rond central au sujet de sa retraite internationale.

Une discussion filmée, puis partiellement décryptée par des spécialistes de la lecture labiale :

  • Lemerre : “On ne va pas abandonner maintenant. Avec les échéances qui nous attendent…” ; 
  • Deschamps : “J’ai ma femme, ma famille… Je ne veux pas les faire souffrir.” ; 
  • Lemerre : “Réfléchis, et quand tu décideras de l’annoncer… Pour le moment, c’est la fête” ; 
  • Deschamps : “Mais il faut que j’aie le choix. J’en ai marre, j’en ai vraiment marre”. 

Le décryptage de cette conversation avait fait la Une des médias français et européens, éclipsant partiellement le sacre des Bleus.

Échaudé par cette mésaventure, Deschamps popularise l’usage de la main devant la bouche lors des échanges sur le bord du terrain et dans les zones techniques.

Depuis, le geste est monnaie courante sur et à bord d’un terrain de foot. Sauf qu’il n’est pas toujours utilisé à bon escient.

Dernier exemple en date, l’affaire Gianluca Prestianni. L’attaquant argentin du Benfica Lisbonne s’était retrouvé au cœur d’une polémique lors du seizième de finale aller de Ligue des champions de l'UEFA face au Real Madrid.

Au cours de la rencontre, Prestianni et Vinícius Júnior ont eu plusieurs échanges tendus. L’attaquant de poche a notamment été aperçu en train de se couvrir la bouche en s’adressant à son adversaire.

Dans la foulée, l’Argentin fut accusé par l’ailier brésilien de lui avoir proféré des insultes à caractère raciste, tout en cherchant à dissimuler ses propos.

C’est lors de l’application de cette sanction que le bât blesse

Saisie de l’affaire, l’UEFA a ouvert une procédure disciplinaire et diligenté une enquête. À l’issue de celle-ci, l’instance européenne a infligé une suspension de six matches officiels de clubs de l’UEFA et/ou de l’équipe nationale au joueur argentin.

Si une conduite discriminatoire à caractère homophobe a été retenue, la connotation raciste n’a, en revanche, pas été confirmée.

Mais au moment des faits, Gianluca Prestianni est resté sur le terrain. Un tel scénario serait aujourd’hui difficilement envisageable.

En tout cas, ce durcissement apparaît plus que bienvenu tant les situations mêlant soupçons d’insultes ou de propos discriminatoires restent fréquentes sur les terrains.

Autre illustration avec le cas de l’international marocain Omar El Hilali, lui aussi victime de propos insultants et discriminatoires en plein match, dans un contexte où il est souvent difficile pour les arbitres d’en établir clairement la nature.

Des cas qui renforcent la nécessité, pour les instances, de mieux encadrer ces interactions invisibles et qui n’ont de toute façon rien à faire sur un terrain de football.

Sauf que c’est dans l’application de cette sanction que le bât blesse. Notamment, à partir de quel moment une situation devient-elle conflictuelle ?

Est-ce que la VAR peut prévenir l’arbitre au sujet d’un échange que ce dernier n’aurait pas aperçu ? L’exclusion sera-t-elle suivie d’une sanction disciplinaire ou bien suffira-t-elle à elle seule ?

Bref, comme d’habitude, la FIFA instaure des règlements sans pour autant en détailler les contours, entretenant le mystère. Un peu comme un joueur qui parlerait en ayant la main devant sa bouche.

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C. C.
Le 29 avril 2026 à 15h56

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