Barrages : un taux de remplissage de 75% grâce à un début d’année 2026 exceptionnel
Après plusieurs années de sécheresse sévère, les indicateurs repassent au vert au 23 avril 2026. Les précipitations exceptionnelles du début d’année ont permis de porter le taux de remplissage des barrages à 75%. Le point sur la situation hydrique du Royaume.
Nizar Baraka, ministre de l'Équipement et de l'eau, a dressé, ce 28 avril 2026 devant la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement, un état des lieux actualisé de la situation hydrique du Royaume.
Après plusieurs années marquées par une sécheresse sévère, les indicateurs affichent une amélioration significative, portée par une pluviométrie exceptionnelle enregistrée depuis le début de l'année hydrologique 2025-2026, notamment en janvier et février 2026.
Barrages : un taux de remplissage proche de 76% à fin avril 2026
L’évolution du taux de remplissage des barrages entre 2016 et 2026 illustre l’impact des changements climatiques sur les ressources hydriques nationales. Dans sa présentation, le ministre a découpé cette période en trois phases :
- Entre 2016 et 2018, période durant laquelle le Maroc a bénéficié de ressources abondantes, avec un taux de remplissage important, atteignant un pic de 70% en mai 2018 ;
- La période 2019-2024 a ensuite été marquée par une sécheresse multi annuelle sévère. Les réserves ont progressivement chuté pour atteindre un niveau critique de 23% en février 2024, franchissant nettement le seuil d’alerte fixé à 40%.
- Depuis 2025, une reprise progressive a été enregistrée. Le taux de remplissage a atteint 45% en janvier 2026, avant de connaître une accélération significative pour atteindre 75,83% à fin avril 2026. Les mois de janvier et février 2026 sont toutefois qualifiés d’exceptionnels.
Des précipitations largement au-dessus de la période de référence (1991-2020)
Cette situation s'explique notamment par les précipitations enregistrées dans le Royaume, en particulier celles mesurées entre le 1er septembre 2025 et le 23 avril 2026.
La moyenne nationale s’établit à 202,9 mm, contre 131,8 mm une année sur la même période de l’année hydrologique 2024-2025 et 165,6 mm pour la moyenne de référence (1991-2020). Cela représente un excédent de 54% par rapport à 2025 et de 22,6% par rapport à la période 1991-2020.
Dans le détail, plusieurs bassins ont enregistré des hausses spectaculaires, notamment ceux de :
- Sakia El Hamra-Oued Eddahab (+463%) ;
- Loukkos (+70,2%) ;
- Sebou (+82,1%) ;
- Bouregreg-Chaouia (+79,3%) ;
- Tensift (+89,3%).
D’autres bassins, comme le bassin du Draa-Tafilalet (+14,5%), affichent des améliorations plus modestes, traduisant ainsi des disparités territoriales persistantes.
Les réserves des barrages dépassaient 16,38 milliards de m³ au 23 avril 2026
Ces précipitations ont contribué à l'amélioration des taux de remplissage des barrages. Au 23 avril 2026, le taux de remplissage global s'élevait à 75,86%, en hausse de plus de 35 points par rapport à 2025, où il s'établissait à 40,18%.
Les apports en eau ont été particulièrement importants entre le 13 décembre 2025 et le 23 avril 2026. Ils ont atteint 15,95 milliards de m³ sur cette période, soit 97 % des apports cumulés depuis le début de la campagne hydrologique, portant les réserves à 16,38 milliards de m³. Cela représente une hausse de plus de 300% par rapport à 2025.
Les principaux bassins contributeurs sont :
- Sebou, avec des réserves estimées à 6,75 milliards de m³ (+457% par rapport à l'an passé) ;
- Oum Er-Rbia : 3,38 milliards de m³ (+327%) ;
- Loukkos : 3,35 milliards de m³ (+629%) ;
- Bouregreg : 1,16 milliard de m³ (+274%).
55.495 km² couverts de neige au 6 janvier 2026
La couverture de neige est l'autre indicateur marquant de cette amélioration. D'après le ministre, la superficie maximale couverte de neige a atteint 55.495 km² durant la saison 2025-2026, au 6 janvier 2026.
Il s'agit, selon lui, d'un niveau record, contribuant significativement à la recharge des ressources hydriques.
Cette superficie dépasse le pic enregistré lors de la saison 2020-2021, qui avait atteint 54.887 km², et marque une nette progression par rapport à 2025, où seulement 9.723 km² avaient été couverts de neige.
Malgré la sécheresse, l’approvisionnement en eau potable a été assuré
Malgré cette amélioration, le ministre a rappelé que la période 2018-2025 a été caractérisée par une succession d’années sèches, avec un stress hydrique marqué et des taux de déficit annuel compris entre 54% et 85%.
Face à cette pression structurelle, plusieurs mesures ont été mises en œuvre pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable, notamment :
- Le recours accru au dessalement de l’eau de mer, notamment à Agadir, Al Hoceïma, Safi et El Jadida, ainsi que dans certaines provinces du Sud (Laâyoune, Tarfaya, Boujdour) ;
- L’interconnexion hydraulique entre les bassins, notamment entre Sebou et le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah ;
- Le renforcement de l’exploitation des eaux souterraines ;
- La priorisation de l’eau potable, avec un ajustement des allocations pour l’irrigation en coordination avec le ministère de l’Agriculture. Les volumes d’eau destinés à l’irrigation sont d'ailleurs passés de 2,6 milliards de m³ en 2017-2018 à seulement 425 millions de m³ sur la période allant du 1er septembre 2025 au 23 avril 2026.
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