Le Maroc dénonce à l’ONU “l'instrumentalisation” des détroits et met en garde contre les menaces sur la navigation
Réuni le 27 avril 2026 en séance de haut niveau sur la sécurité maritime, le Conseil de sécurité a entendu l’ambassadeur marocain Omar Hilale condamner les attaques visant des navires en mer Rouge, dans le golfe d’Aden et en mer d’Arabie, tout en rappelant que plus de 90% des échanges commerciaux mondiaux transitent par les routes maritimes.
Le Maroc a dénoncé, le lundi 27 avril 2026 au Conseil de sécurité de l’ONU, "l’instrumentalisation" des détroits et des voies maritimes à des fins de pression politique, mettant en garde contre les menaces pesant sur la liberté de navigation et la sécurité du commerce mondial.
S’exprimant lors d’un débat de haut niveau sur la sécurité maritime, le représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, a fustigé les "menaces voilées" de fermeture de points de passage stratégiques, évoquant notamment le détroit d’Ormuz, qu’il a qualifié d’"artère vitale" pour l’approvisionnement énergétique mondial.
"Aucun État, quelles que soient ses prétentions à la légitimité, n’a le droit de prendre le monde en otage à cause de ses voies maritimes", a-t-il déclaré, estimant que "les mers sont un patrimoine commun de l’humanité" et non "des cartes de chantage".
Le diplomate marocain a par ailleurs condamné "avec la plus grande fermeté" les attaques visant des navires commerciaux en mer d’Arabie, dans le golfe d’Aden et en mer Rouge, attribuées à des groupes armés, qu’il a qualifiées de "violations flagrantes du droit international et de la Charte des Nations unies".
Dans ce contexte, Rabat a appelé la communauté internationale à assumer sa "responsabilité historique" face à ce qu’il considère comme une dérive dangereuse, mettant en garde contre une situation où "la géographie devient l’otage de l’idéologie" et où les voies maritimes se transforment en instruments de déstabilisation.
Soulignant que plus de 90 % du commerce mondial transite par voie maritime, M. Hilale a estimé que toute atteinte à la liberté de navigation constitue une "attaque directe contre les économies des peuples et leurs moyens de subsistance".
Le représentant marocain a également mis en avant la position géographique du Royaume, au carrefour de l’Afrique et de l’Europe, à proximité du détroit de Gibraltar, rappelant que la liberté de navigation y constitue "une obligation légale et un engagement existentiel".
Il a, dans ce cadre, réaffirmé l’attachement du Maroc au droit international de la mer et à la coopération maritime, évoquant notamment les efforts du Royaume en matière de lutte contre la contrebande et de sécurisation des côtes.
Le diplomate a aussi cité l’Initiative atlantique lancée par le roi Mohammed VI, visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, ainsi que le Processus des États africains atlantiques, présenté comme un cadre de coopération renforcée en matière de sécurité maritime.
Selon lui, ces initiatives contribuent à transformer l’Atlantique africain "d’un espace de vulnérabilité en un espace de solidarité et de sécurité partagée".
En conclusion, le Maroc a appelé le Conseil de sécurité à adopter "des positions claires" face aux menaces actuelles, avertissant que "ce qui menace nos mers aujourd’hui menacera notre stabilité collective demain".
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