CAN 2025. À Rabat, Motsepe refuse de rouvrir le dossier de la finale
Attendu au Maroc après une première prise de parole prudente à Dakar, Patrice Motsepe n’a pas fondamentalement changé de discours. Lors de sa conférence de presse tenue ce jeudi 9 avril 2026 au Complexe Mohammed VI de football, le président de la Confédération africaine de football a au contraire assumé sa volonté de mettre de côté le chapitre de la finale controversée de la CAN 2025.
Ce jeudi 9 avril 2026, au Complexe Mohammed VI de football à Salé, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, s’est exprimé devant la presse au lendemain d’une première intervention à Dakar.
Une prise de parole attendue, dans un contexte de fortes tensions autour de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 disputée le 18 janvier à Rabat.
D’emblée, le dirigeant sud-africain a donné le ton. “Je suis fatigué de répondre aux questions sur la finale de CAN 2025. Ce qui est fait est fait”, a-t-il lancé, marquant une forme de lassitude face à un sujet qui continue pourtant de dominer l’actualité du football africain.
Une manière d’écarter frontalement toute attente de clarification immédiate. Comme au Sénégal la veille, Motsepe a privilégié un discours axé sur l’unité et l’avenir.
Insistant sur “l’amour” et “l’engagement” de la CAF envers le peuple marocain, il a appelé à dépasser les tensions nées de la finale de la CAN 2025.
Le président de la CAF a notamment dénoncé les “messages de haine” et les dérives verbales observées ces dernières semaines, tout en appelant à “utiliser le football pour unifier les peuples africains”.
Dans cette logique, il a salué les relations historiques entre le Maroc et le Sénégal, évoquant notamment la présence de supporters sénégalais dans les stades marocains.
Sur le plan sportif, il a également tenté de déplacer l’attention vers les échéances à venir, notamment la Coupe du monde 2026, appelant à soutenir des joueurs comme Achraf Hakimi ou Brahim Díaz.
Sur le fond du dossier, la position reste inchangée. Aucune prise de position claire sur les faits litigieux de la finale.
Patrice Motsepe s’en remet entièrement au Tribunal arbitral du sport, dont la décision est présentée comme la seule capable de mettre d’accord les différentes parties.
“Nous devons attendre et respecter la décision du TAS”, a-t-il martelé à plusieurs reprises, justifiant son silence par des contraintes juridiques. Une ligne qui lui permet d’éviter toute appréciation directe sur les décisions arbitrales ou les responsabilités internes.
Des réformes évoquées, sans précisions
Interrogé sur les dysfonctionnements observés lors de la finale, le président de la CAF a reconnu un épisode “embarrassant” et “un non-sens”, tout en assurant que des changements étaient déjà en cours.
Il évoque notamment des ajustements réglementaires, un renforcement des sanctions en cas de violations graves. Sans oublier une amélioration de la formation et de la rémunération des arbitres.
Mais aucun calendrier, aucun dispositif précis ni aucune responsabilité identifiée n’ont été détaillés. Là encore, la CAF entretient le flou.
Concernant les accusations de corruption visant l’instance, Motsepe a adopté une posture d’ouverture prudente. Il a invité toute partie disposant d’éléments à saisir la justice, promettant des investigations menées par des juges “indépendants et intègres”.
Dans le même temps, il a qualifié ces accusations d’infondées, tout en reconnaissant que la CAF souffrait d’un déficit de crédibilité, notamment lié aux controverses arbitrales et aux critiques visant certains de ses dirigeants.
Une gestion politique des tensions
Sur la question sensible des personnes arrêtées après la finale, Motsepe est resté sur une ligne strictement institutionnelle. Il a rappelé le respect de la “souveraineté légale” des États membres, tout en appelant à une résolution par les canaux diplomatiques entre le Maroc et le Sénégal.
Une réponse mesurée, qui évite toute qualification ou prise de position sur le fond. Au final, cette conférence de presse à Rabat est le prolongement de celle organisée la veille à Dakar.
Malgré une reconnaissance des dysfonctionnements, le président de la CAF n’apporte ni éclaircissements majeurs ni décisions structurantes à court terme.
En affirmant sa volonté de ne plus s’exprimer sur la finale avant la décision du TAS, Patrice Motsepe choisit une stratégie de temporisation.
Reste à savoir si cette posture permettra réellement de refermer une séquence qui, pour l’heure, continue d’alimenter les tensions et les interrogations autour de la gouvernance du football africain.
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