Wydad de Casablanca. Le Français Carteron déjà sous pression
La nomination de Patrice Carteron sur le banc du Wydad Athletic Club jusqu’en juin 2026 intervient dans un contexte tendu, après le limogeage express de Mohamed Amine Benhachem. Le technicien hexagonal hérite d’une équipe en quête de repères et d’efficacité, avec pour objectif minimum une qualification en Ligue des champions.
La célérité avec laquelle le Wydad Athletic Club (WAC) a limogé Mohamed Amine Benhachem pour nommer Patrice Carteron aux commandes de l’équipe première laisse à penser que ce mouvement était préparé depuis quelque temps.
Le onzième technicien français de l’histoire du Wydad était sans doute dans le coin, tapis dans l’ombre des critiques adressées à son prédécesseur, attendant patiemment son heure. D’une certaine manière, il peut remercier l’Olympique Club de Safi.
La lanterne rouge du championnat marocain (avec 3 matchs en moins) a réalisé une énorme performance sur la pelouse du Complexe Mohammed-V de Casablanca pour éliminer le WAC, en quart de finale de la Coupe de la Confédération africaine.
Un revers qui a donc précipité le renvoi de Mohamed Amine Benhachem. D’ailleurs, que retiendra-t-on du passage du Marocain sur le banc de l’un des plus grands clubs d’Afrique ?
En réalité, pas grand-chose, excepté une qualification in extremis en Coupe de la Confédération africaine après avoir accroché le podium de la Botola en fin de saison dernière.
Autrement, difficile de le féliciter pour la piètre prestation du WAC lors de la Coupe du monde des clubs aux États-Unis en juin dernier (3 défaites), et encore moins pour les performances en dents-de-scie de son équipe.
Toutefois, il sera compliqué de lui imputer l’instabilité chronique de l’effectif du WAC. Un club qui réalise des dizaines de transferts par saison, sans aucun fil conducteur.

Carteron possède un beau palmarès
En tout cas, le Wydad a remplacé Benhachem par une sorte de Benhachem bis… mais Français. Il s’agit d’un technicien à l’identité de jeu floue, ce qu’on peut traduire dans le football moderne par un entraîneur pragmatique.
Ses équipes ont rarement été prolifiques, ne dépassant jamais les deux buts par match en moyenne.
Au-delà de souligner une nouvelle fois l’absence d’un vrai projet sportif du côté du WAC, la durée du contrat de Patrice Carteron, jusqu’au 30 juin 2026, en dit long sur le peu de crédit dont il dispose auprès de la direction.

Ce n’est pas forcément surprenant si l’on considère son temps moyen dans un club. Comme le montre sa courte expérience sur le banc du rival honni, le Raja Club Athletic.
Uniquement sublimée par une Supercoupe de la CAF, son aventure a été écourtée au bout d’une dizaine de mois à cheval sur deux saisons. Rien de bien surprenant, Carteron passe rarement plus d’une saison dans un club.
Titulaire de la Licence Pro UEFA, il possède tout de même un beau palmarès :
- Champion d’Égypte avec Zamalek SC (2020/2021) ;
- Vainqueur de la Supercoupe d’Égypte avec Zamalek SC (2019/2020) ;
- Vainqueur de la Ligue des champions de la CAF avec TP Mazembe (2014/2015) ;
- Vainqueur de la Super Coupe de la CAF avec le Raja (2018/2019) et le Zamalek SC (2019/2020) ;
- Vainqueur de la Qatar Stars Cup avec Umm Salal SC (2023/2024) ;
- Vainqueur de la Supercoupe d’Iran avec Sepahan FC (2024/2025) ;
Un modèle de jeu assez flou
Avant de revenir sur son modèle de jeu, il faut d’abord savoir que Patrice Carteron s’est fait un nom en assurant la montée puis le maintien en Ligue 1 (France) du FC Dijon au début des années 2010.
Une équipe pas vraiment destinée à une telle aventure. D’ailleurs, Dijon végète depuis quelques années dans les divisions inférieures dans l'Hexagone (National).
Sur le papier, ce n’est pas une mince affaire de définir l’identité de jeu que souhaite mettre en place Patrice Carteron.
D’aucuns diront que cela pourrait participer à une forme d’imprévisibilité capable de déstabiliser l’adversaire. Mais on ne risque pas de parier sur le sujet. En termes de système, c’est un adepte du 4-2-3-1.
Néanmoins, lorsqu’il était aux commandes de Umm Salal au Qatar, l’homme de 55 ans adoptait un système en 4-3-3 ou bien un 4-4-2 en losange (4-1-3-2).
Bref, vous l’aurez sans doute compris, c’est un entraîneur qui lit très bien l’adversaire et qui s’adapte à ces forces et faiblesses. Même si parfois, il en oublie sa propre équipe.
Si l’on devait diviser le plan de jeu de Carteron sur la base de sa dernière expérience avec Umm Salal, on pourrait résumer cela en quatre phases de jeu :
- Phase offensive : L’idée première est de progresser patiemment à travers le jeu de position à partir du gardien de but. Plus haut sur le terrain, l’objectif est de créer des décalages sur les côtés par des dédoublements pour trouver des joueurs qui attaquent en nombre la surface adverse.


- Transition défensive : Presser à la perte mais sans forcément se retrouver hors de position ni laisser de grands espaces dans le dos des défenseurs centraux. C’est plutôt un adepte des zones press avec des starters bien précis.
- Phase défensive : Lorsque les joueurs sont incapables de récupérer le ballon immédiatement, ils se replient en bloc équipe médian. Avec l’intention de couper les lignes de passes intérieures et d'orienter le jeu adverse sur les côtés.

- Transition offensive : Contre-attaquer le plus rapidement possible, surtout si le ballon est récupéré dans les 30 m adverses.

Un manager assez proche de ses joueurs
Reconnu pour sa capacité à instaurer rapidement une relation de confiance avec son vestiaire, Carteron s’appuie sur un management mêlant proximité humaine et exigence quotidienne.
L’entraîneur français propose des séances structurées, orientées vers l’intensité et la rigueur tactique. Il adapte toutefois ses méthodes aux réalités locales, tenant compte des contextes culturels et physiques de ses effectifs.
"Si tu mets un entraînement à 10h du matin, tu ne vas pas te faire que des amis", expliquait-il dans un entretien accordé à So Foot, symbolisant sa capacité à ajuster son fonctionnement au quotidien aux spécificités locales.
Par ailleurs, s’il privilégie avant tout l’efficacité et les résultats, quitte à s’éloigner parfois d’un football spectaculaire, son passage dans certains clubs a aussi suscité des réserves.
Des observateurs estiment que "le contenu n’était pas toujours au rendez-vous malgré les résultats".
Cependant, la direction du WAC ne lui demande pas la lune. Juste au minimum une qualification en Ligue des Champions. Ce qui, dans l’état actuel des joueurs, revient presque au même.
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