Ormuz : le Maroc parmi les économies émergentes les plus vulnérables
Le Maroc reste fortement exposé aux chocs énergétiques mondiaux. Une étude d’Allianz place le Royaume parmi les économies émergentes les plus vulnérables en cas de crise prolongée. En voici l'essentiel.
Une interruption de moins de deux mois du détroit d'Ormuz pourrait entraîner une hausse de l'inflation moyenne dans les pays émergents de 0,8 à 1 point de pourcentage, avec des effets récessionnistes limités, exception faite des pays du Golfe. Par contre, une fermeture plus longue aurait un impact marqué sur les pays émergents comme le Maroc. Telle est la principale conclusion d'une étude publiée par Allianz.
Dans cette étude, Allianz Research alerte sur un scénario où même une perturbation limitée du trafic maritime pourrait provoquer une hausse de l’inflation dans les pays émergents de l’ordre de 0,8 à 1 point.
Mais au-delà de ce choc initial sur les prix, c’est surtout la durée de la crise qui déterminera son impact réel. Car si les tensions se prolongent, le monde pourrait basculer d’un simple choc inflationniste à une véritable crise d’approvisionnement énergétique.
Le Maroc dans le groupe des pays à haut risque
Dans ce paysage, le Maroc apparaît comme l’un des pays les plus exposés.
L’étude le classe explicitement parmi les économies émergentes les plus vulnérables en cas de choc prolongé, aux côtés de pays comme l’Égypte, la Tunisie ou encore le Pakistan.
On assisterait en effet à une combinaison de fragilités structurelles qui rendent le pays particulièrement sensible aux fluctuations des prix de l’énergie.
Premier facteur de vulnérabilité : la dépendance énergétique
Le Maroc affiche une balance énergétique fortement déficitaire, estimée à environ -5% du PIB.
Autrement dit, toute hausse des prix du pétrole se traduit immédiatement par :
-une augmentation de la facture énergétique,
-une pression sur les finances publiques,
-un impact direct sur le pouvoir d’achat.
Cette dépendance rend l’économie marocaine particulièrement exposée aux chocs externes.
Le piège du “triple déficit”
Au-delà de l’énergie, l’étude met en lumière un autre facteur clé : le cumul de déséquilibres macroéconomiques.
Le Maroc fait partie des pays présentant ce que les économistes appellent un “triple déficit” : déficit budgétaire, déficit du compte courant et déficit énergétique.
Ce profil est considéré comme le plus risqué en cas de choc externe prolongé, car il limite fortement les marges de manœuvre de l’État.
Le vrai danger : une crise prolongée
L’étude distingue clairement deux scénarios.
Scénario court:
Une perturbation de quelques semaines provoquerait un choc inflationniste avec un impact limité sur la croissance.
Scénario long (plus de 3 mois):
C’est là que les risques deviennent critiques : pénuries d’énergie, ralentissement économique marqué, risque de récession pour les pays les plus fragiles, dont le Maroc.
Dans ce cas, les États seraient contraints de réduire la consommation énergétique, avec des effets directs sur l’activité.
Un risque de stagflation
Le scénario le plus préoccupant identifié par Allianz est celui d’une stagflation : inflation élevée liée à l’énergie et croissance ralentie. Ce contexte place les banques centrales dans une situation délicate car soutenir l’économie devient difficile et lutter contre l’inflation devient prioritaire.
Au-delà de la conjoncture, l’étude met en lumière une réalité plus profonde : la dépendance énergétique du Maroc reste une vulnérabilité majeure.
Dans un monde de plus en plus instable sur le plan géopolitique, cette dépendance expose le pays à des chocs externes qu’il ne maîtrise pas.
Cette étude confirme en fait ce que Médias24 écrit depuis le début de la guerre du Moyen Orient.
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