Guerre d'Iran : après Washington, New Delhi mise aussi sur le Maroc pour les engrais
La désorganisation des flux au Moyen-Orient propulse le Royaume au rang de fournisseur stratégique, au moment où les grandes économies agricoles cherchent des solutions de repli.
L'Inde, l'un des plus grands importateurs mondiaux d'engrais, a entamé des négociations avec le Maroc, la Russie et la Biélorussie pour accroître ses achats de fertilisants, selon des sources gouvernementales et industrielles citées par Reuters, jeudi 19 mars 2026.
New Delhi cherche à sécuriser ses stocks de phosphate diammonique (DAP), d’urée et de potasse avant la saison des semailles, qui débute en juin. Le pays dépend habituellement du Moyen-Orient pour environ 50 % de ses importations de DAP et d’urée, mais les tensions régionales actuelles font peser des risques sur les approvisionnements.
Les importations de gaz naturel liquéfié, indispensable à la production locale d’urée, sont perturbées après que l’Iran a menacé de s’en prendre aux navires transitant par le détroit d’Hormuz en réponse aux attaques conjointes des États-Unis et d’Israël.
Parallèlement, la Chine, fournisseur majeur, a mis en place des restrictions sur ses propres exportations d’engrais. Selon le responsable d’une entreprise de production basé à Bombay cité par Reuters, les prix de l’urée sur le marché mondial sont passés de moins de 425 dollars à plus de 600 dollars la tonne.
Bien que l’Inde dispose actuellement de stocks suffisants, le gouvernement a déjà pris des mesures préventives en priorisant l’approvisionnement en gaz des usines locales à hauteur de 70 % de leur consommation habituelle.
Cette sollicitation du Maroc par l’Inde fait écho à une annonce faite deux jours plus tôt par Washington. Le 17 mars 2026, l’administration Trump a indiqué avoir engagé des démarches pour sécuriser l’approvisionnement des agriculteurs américains en se tournant vers le Maroc et le Venezuela.
Kevin Hassett, conseiller économique de la Maison Blanche, a précisé sur CNBC que des discussions avaient eu lieu avec les autorités marocaines. Il a présenté ces initiatives comme une "police d’assurance" face aux perturbations du commerce mondial liées au conflit impliquant l’Iran. Pour faciliter ces flux, Washington a notamment mis en place des licences permettant au Venezuela de produire davantage d’engrais destinés au marché américain.
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