Économie sociale et solidaire : un secteur méconnu qui emploie 800.000 Marocains
Peu connue du grand public, l’économie sociale et solidaire constitue pourtant un pilier discret mais croissant de l’économie nationale. Coopératives, associations et mutuelles y jouent un rôle central dans la création d’emplois et l’inclusion sociale surtout dans les territoires ruraux. Afin d'en savoir plus sur son département, le secrétaire d'Etat Lahcen Saadi revient pour Medias24 sur les missions et les résultats de ce secteur en pleine structuration.
Artisanat, agriculture, pêche, tourisme, services ou commerce, l’économie sociale et solidaire irrigue de nombreux pans de l’activité économique marocaine. Mais son rôle reste encore mal identifié par le grand public.
Pour le secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Lahcen Saadi, il s’agit d’un secteur stratégique qui contribue activement à la création de richesse et à l’emploi, tout en favorisant l’inclusion économique des populations les plus vulnérables.
Un secteur qui mobilise des centaines de milliers d’acteurs
"Le tissu des organisations de l’économie sociale et solidaire compte plus de 68.000 coopératives et 360 unions, regroupant environ 800.000 adhérents. À cela s’ajoutent près de 268.000 associations actives dans les domaines sociaux et du développement, ainsi que 63 mutuelles et de nouvelles formes d’entreprises sociales", explique le responsable gouvernemental, pour qui l’économie sociale et solidaire (ESS) constitue aujourd’hui un écosystème particulièrement dense au Maroc.
Ces structures interviennent en effet dans de nombreux secteurs allant de l’artisanat à l’agriculture, en passant par la pêche, le tourisme, l’habitat ou encore les services à la personne et aux entreprises.
Une contribution croissante à l’économie nationale
Tout en affirmant que l’importance économique de ce secteur reste souvent sous-estimée, le secrétaire d’État tient à rappeler que l’économie sociale et solidaire contribue entre 2,5 % et 3 % du PIB national, avec un taux de pénétration de la population active avoisinant 5 %.
Présente sur tout le territoire, y compris dans la ruralité, l’ESS constitue, selon Lahcen Saadi, un outil essentiel de développement qui permet de valoriser les ressources humaines et naturelles locales, tout en favorisant l’inclusion économique des femmes et des jeunes issus du monde rural.
Une loi-cadre à l'étude pour renforcer le secteur
Pour accompagner cette dynamique, notre interlocuteur révèle que son gouvernement travaille actuellement au renforcement du cadre législatif et organisationnel de ce département né en 2002.
"Nous sommes en train d’œuvrer pour accompagner la mise en œuvre de la loi n°112-12 relative aux coopératives, afin d’assurer une appropriation harmonieuse de ses dispositions par les acteurs du secteur", indique Lahcen Saadi, en ajoutant que son département travaille également à l’élaboration d’une loi-cadre dédiée à l’économie sociale et solidaire, qui doit consacrer officiellement ce secteur comme un pilier à part entière de l’économie nationale.
Des programmes pour soutenir les porteurs de projets
Et d’ajouter qu’au-delà du cadre réglementaire, plusieurs dispositifs d’appui ont été lancés pour renforcer les capacités des organisations de l’ESS, notamment le programme Moazara destiné à contribuer au financement des projets de développement portés par les organisations de l’ESS.
Plus récemment, un nouveau dispositif, baptisé "Tahfiz Niswa", a été lancé pour soutenir l’autonomisation économique des femmes et des jeunes. Selon notre interlocuteur, ce programme consiste à accompagner les porteurs de projets tout au long de la chaîne de valeur, depuis l’identification des bénéficiaires jusqu’à la création de coopératives opérationnelles.
En outre, l’Office du développement de la coopération déploie plusieurs programmes d’accompagnement du secteur coopératif, notamment "Lalla Moutaawina", "Jil Moutadamin" et "Mourafaka", ainsi que des plateformes digitales destinées à soutenir les acteurs du secteur.
Une stratégie territoriale en partenariat avec les régions
Pour renforcer l’ancrage territorial de l’économie sociale et solidaire, le secrétariat d’État indique avoir également multiplié des partenariats avec les collectivités territoriales.
"Plusieurs conventions ont été conclues avec l’ensemble des conseils des régions du Royaume afin de soutenir la mise en œuvre de projets structurants", explique Lahcen Saadi, en précisant que ces conventions portent sur la création de plateformes de valorisation et de conditionnement des produits locaux, la mise en place de Maisons de l’économie sociale et solidaire, la création d’observatoires régionaux du secteur, et, enfin, l’organisation d’événements commerciaux et scientifiques.
Une ouverture sur la coopération internationale
S’appuyant sur une coopération internationale, le secrétaire d’État affirme avoir développé plusieurs partenariats techniques avec des organisations et des institutions internationales afin de permettre aux acteurs de l’économie sociale et solidaire de bénéficier d’opportunités de coopération.
Et de citer l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement, l’Agence française de développement, l’Union européenne, Wallonie-Bruxelles International et la GIZ.
Une semaine nationale pour mieux faire connaître l’ESS
Afin de développer la visibilité de son secteur, le secrétariat d’État organisera, pour la première fois au Maroc, une Semaine nationale de l’économie sociale et solidaire entre le 27 avril et le 3 mai 2026.
"Cet événement constituera une occasion importante pour valoriser les initiatives des acteurs du secteur, renforcer leur visibilité dans l’espace économique national et promouvoir la culture de l’économie sociale et solidaire auprès du grand public", conclut Lahcen Saadi, qui espère que cette initiative permettra de mieux faire connaître un secteur qui, bien que discret, représente déjà un levier important de développement économique et social pour le Maroc.
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