Économie sociale et solidaire : 368 MDH pour la restructuration du secteur
La stratégie nationale de l’économie sociale et solidaire vise à soutenir les coopératives et les entreprises sociales, renforcer la formation et l’accompagnement, créer des pôles territoriaux et mettre en place un cadre juridique et territorial intégré pour faire du secteur un moteur de développement et d’inclusion.
Intervenant à la Chambre des représentants, lundi 19 janvier, lors de la séance mensuelle consacrée à la politique générale, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a fait le point sur le secteur de l’économie sociale et solidaire.
"Ce secteur, qui a connu un développement notable ces dernières années, demeurera un pari stratégique pour la création d’emplois et la lutte contre toutes les formes d’exclusion sociale", a-t-il souligné.
Le chef du gouvernement a insisté sur la "nécessité de saisir toutes les opportunités afin de faire de l’économie sociale et solidaire une véritable locomotive du développement de l’économie nationale, et de l’inscrire parmi les solutions possibles pour une croissance territoriale équitable et durable. Cette approche passe par l’élaboration de nouveaux programmes visant à renforcer la résilience économique et à faire face aux contraintes naturelles et climatiques, notamment en milieu rural".
Le secteur en chiffres
Selon les chiffres présentés, la dynamique enregistrée a atteint un niveau "avancé". Le secteur compte aujourd’hui près de 63.445 coopératives, dont 22.914 créées entre 2021 et 2025, regroupant plus de 878.000 adhérents, avec une participation féminine de 34%, incluant 7.891 coopératives féminines.
Pour accompagner cette dynamique, une enveloppe financière de 368 millions de DH a été consacrée à la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’économie sociale et solidaire. Cette dernière vise à soutenir les coopératives et les entreprises sociales, à renforcer les programmes de formation et d’accompagnement, à créer des pôles territoriaux et à instaurer un cadre juridique et territorial intégré.
Le chef du gouvernement a par ailleurs mis en avant le caractère stratégique du secteur de l’artisanat, qui emploie plus de 2,6 millions d’artisans et constitue une vitrine du rayonnement de l’identité marocaine. Sa contribution au PIB est estimée à 7%, avec des exportations ayant atteint 1,1 milliard de DH en 2024 et 1,23 MMDH à fin novembre 2025.
Face à l’essor continu du secteur, le chef du gouvernement a cité plusieurs programmes :
- achèvement du programme national "Mouazara" : un dispositif incitatif contribuant au financement de projets de développement au profit des organisations de l’économie sociale et solidaire à l’échelle nationale. Ce programme soutient également les projets générateurs de revenus au bénéfice des jeunes et des femmes, à travers la réhabilitation, la construction, l’équipement et l’approvisionnement de 325 coopératives, ainsi que la création de 100 nouvelles coopératives de nouvelle génération, dotées des moyens nécessaires pour assurer leur démarrage.
- "Tahfiz Nasswa" : destiné à encourager les initiatives féminines et la création de coopératives structurées et durables répondant aux besoins locaux.
- "Mourafaka" : dédié à l’accompagnement des coopératives nouvellement créées, à raison de 500 coopératives par an, à travers trois axes : le diagnostic stratégique, la formation collective et l’accompagnement individuel.
- Prix national "Lalla Al Moutaâwina" : organisé afin d’encourager les projets féminins innovants à fort impact socio-économique. La 6e édition a enregistré la participation de 388 coopératives féminines à l’échelle nationale.
- achèvement du programme "Al Jil Al Moutadamine" : une initiative nationale annuelle visant à encourager les jeunes à s’engager dans un travail coopératif inclusif et durable. Depuis son lancement, ce programme a permis de financer plus de 128 projets coopératifs au profit des jeunes.
Valorisation des produits du terroir
Entre 2021 et 2025, 20 éditions de salons régionaux ont été organisées dans l’ensemble des régions du Royaume, avec la participation de plus de 3.600 organisations, une représentation féminine de 54% et une forte présence des femmes rurales, a noté le chef du gouvernement.
Plus de 14.000 coopérateurs et coopératrices ont bénéficié de formations et d’ateliers scientifiques organisés en marge de ces événements, avec un taux de participation féminine de 59%. Le chiffre d’affaires global généré par la commercialisation des produits exposés a atteint près de 200 millions de DH.
Par ailleurs, 16 éditions des marchés itinérants de l’économie sociale et solidaire ont été organisées à travers le Royaume, réunissant près de 1.300 organisations, avec une représentation féminine de 54%.
Vers des structures régionales modèles
Le chef du gouvernement a souligné qu'une expérience innovante est en cours pour la création de structures régionales modèles dédiées à l’économie sociale et solidaire. Elle vise la valorisation des produits locaux, la mise en place de plateformes permanentes de commercialisation au profit des coopératives et l’amélioration des revenus des populations ciblées. Cette initiative a déjà produit des résultats tangibles, notamment à Oujda, Fès et Azilal.
Sur le plan institutionnel, le gouvernement affirme poursuivre la restructuration du secteur à travers l’élaboration d’un projet de loi-cadre sur l’économie sociale et solidaire, reposant sur une vision intégrée visant à définir les grandes orientations, les mécanismes de soutien, à reconnaître le secteur comme un troisième pilier autonome et à rassembler ses composantes dans un référentiel unifié.
Parallèlement, une étude est en cours pour accompagner la création de pôles territoriaux modèles, conçus comme des centres économiques régionaux spécialisés, favorisant la coopération stratégique, le partage des ressources et des expertises, et contribuant à la réduction des disparités territoriales.
Dans le cadre de la promotion de l’innovation sociale, une banque de projets coopératifs a été constituée. Les compétitions régionales organisées ont recueilli 579 projets, dont 216 idées ont été retenues pour mise en œuvre. Des programmes spécifiques, tels que Coop’IN, permettant l’intégration annuelle de 25.000 bénéficiaires, ont également été lancés.
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