Intempéries au Maroc, Portugal et en Espagne : que dit l’analyse scientifique ?
Les fortes pluies qui ont provoqué des inondations au Portugal, en Espagne et dans le nord du Maroc cet hiver ont été plus intenses que par le passé, selon une analyse de World Weather Attribution. L’étude évoque une possible influence du changement climatique, tout en soulignant des incertitudes dans certaines régions.
Les violentes tempêtes qui ont frappé la péninsule Ibérique et le nord du Maroc durant l’hiver 2025-2026 ont surtout causé des dégâts à cause des pluies intenses et des inondations, davantage que par les vents, pourtant exceptionnels. C’est ce que conclut une analyse publiée par le réseau scientifique World Weather Attribution (WWA), spécialisé dans l’étude du lien entre événements extrêmes et changement climatique.
Selon l’étude, les impacts les plus sévères sont liés aux cumuls de pluie tombés en une seule journée (indicateur Rx1day) durant la période hivernale octobre-mars. Les sols, progressivement saturés au fil de la saison, ont amplifié les inondations dans plusieurs régions du Portugal, d’Espagne et du nord du Maroc.
Les chercheurs ont concentré leur analyse sur deux zones climatiquement distinctes :
- le nord du Portugal et le nord-ouest de l’Espagne ;
- le sud du Portugal, le sud-ouest de l’Espagne et le nord du Maroc.
Une intensité des intempéries en hausse depuis 1950
D’après les observations météorologiques compilées depuis 1950, l’intensité des pluies maximales journalières aurait augmenté d’environ 36% dans la région sud et 29% dans la région nord. L’étude souligne également que la variabilité liée à l’Oscillation nord-atlantique a contribué à renforcer ces précipitations extrêmes, en particulier dans la zone sud.
Toutefois, lorsque les chercheurs comparent ces tendances aux simulations climatiques, les résultats apparaissent plus nuancés. Les modèles reproduisent mal la tendance observée dans le Sud, tandis que dans le Nord, ils confirment partiellement une augmentation, estimée à environ 11%.
En résumé, bien que les incertitudes restent importantes, les différentes sources de données convergent vers une augmentation de l’intensité des pluies les plus extrêmes, possiblement influencées par le changement climatique d’origine humaine.
À l’échelle régionale, l’événement correspond à une période de retour estimée à environ quarante ans dans la région sud et à cinq ans dans la région nord. Mais à l’échelle locale, certains épisodes dépasseraient une période de retour de cent ans, soulignant leur caractère exceptionnel dans certaines zones précises.
Vulnérabilité et exposition : des facteurs aggravants
L’analyse met en avant le rôle déterminant de l’urbanisation en zones inondables, du développement touristique dans les plaines alluviales et de l’exposition accrue des villes côtières basses et érodées.
Au Maroc, la forte exposition a été aggravée par la vulnérabilité sociale, notamment dans les quartiers informels où la qualité des logements et l’accès aux infrastructures restent limités.
Les chercheurs soulignent toutefois que les alertes précoces émises dans les trois pays ont permis des évacuations anticipées et une mobilisation rapide des autorités. Cette coordination a contribué à maintenir un bilan humain relativement limité.
Le rapport insiste sur la nécessité de mieux intégrer les projections climatiques dans la planification urbaine, de renforcer les normes de construction et d’améliorer la coordination entre niveaux national et local en matière de gestion des risques. Il recommande également d’actualiser régulièrement les cartes de vulnérabilité et d’exposition afin de réduire les risques futurs d’inondation.
à lire aussi
Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.
Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.
Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.
Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.
Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.