“Maroc, merci beaucoup” : Trump lance son “Board of Peace” et met Rabat au cœur de son dispositif
Dans une mise en scène mêlant puissance économique, démonstration de force militaire et relations personnelles, Donald Trump a présidé, ce jeudi 19 février, la réunion inaugurale du "Board of Peace" à l’Institut de la paix des États-Unis (Washington).
Devant un parterre d’une cinquantaine de chefs d’État et de dirigeants mondiaux et ministres, dont le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, le président américain a dévoilé ce qu’il considère comme l’instance diplomatique la plus "conséquente" de l’histoire, visant à remplacer les palabres bureaucratiques par des résultats immédiats.
Au cœur de cette nouvelle architecture, le Maroc a été cité à plusieurs reprises par le président américain comme un pilier de la stabilité régionale. "Maroc, merci beaucoup. Ce que vous faites est formidable", a lancé Donald Trump, soulignant l'engagement multidimensionnel du Royaume pour la paix dans la bande de Gaza.
Un nouveau temple pour la paix
Le décor était symbolique : le bâtiment de l'Institut de la paix de Washington a été officiellement baptisé du nom de "Donald J. Trump". Une initiative attribuée, par le président, à son secrétaire d’État Marco Rubio et à son vice-président JD Vance. "Ils l'ont construit pour la paix, mais personne ne savait quoi en faire. Nous allons en faire le centre du monde ", a déclaré Trump, marquant sa volonté d'ancrer physiquement sa nouvelle doctrine diplomatique.
Le cœur du discours a porté sur une rupture radicale avec la diplomatie multilatérale traditionnelle. Trump a présenté son "Board of Peace" comme un club de dirigeants "forts et coriaces" capables de prendre des décisions rapides. Pour illustrer son succès, il a affirmé avoir déjà réglé huit conflits majeurs au cours de l'année écoulée, citant notamment :
- Pakistan-Inde : une intervention qui aurait, selon ses dires, sauvé 25 millions de vies alors que les deux puissances nucléaires étaient au bord de la guerre totale.
- Kosovo-Serbie et Arménie-Azerbaïdjan : des conflits "insolubles" réglés en quelques jours par la négociation directe.
- Égypte-Éthiopie : des tensions autour du barrage du Nil en voie de résolution.
"Habituellement, on parle de paix au Moyen-Orient et rien ne se passe. Ici, c'est peu de paroles et tout en action", a-t-il martelé.
Une garde rapprochée de "génies"
Trump a longuement fait l'éloge de son équipe, la qualifiant de "meilleure jamais réunie". Il a mis en avant la brillance académique de JD Vance (Yale, major de promotion) et de Marco Rubio, décrit comme un négociateur implacable.
Le locataire de la Maison-Blanche a également officialisé le rôle de "diplomates de l'ombre" de Steve Witkoff et Jared Kushner, chargés de maintenir des canaux de communication directs avec des puissances complexes comme l'Iran ou la Russie.
La puissance financière au service de la stabilité : l'engagement du Maroc
Le Board of Peace n'est pas seulement une instance politique, c'est une force financière. Trump a annoncé un engagement américain de 10 milliards de dollars, un chiffre qu'il juge "dérisoire" face au coût d'une seule semaine de guerre.
À cet effort s'ajoutent plus de 7 milliards de dollars versés par un bloc de nations alliées, dont le Maroc, l'Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, et plusieurs pays d'Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan).
Au-delà du financement, Donald Trump a révélé que le Maroc, aux côtés de l'Albanie et du Kazakhstan, avait déjà engagé des troupes et du personnel de police pour stabiliser Gaza, confirmant le statut du Royaume comme exportateur de sécurité internationale sous l'égide du Board of Peace.
Le président a également intégré le sport à sa stratégie, saluant la présence de Gianni Infantino, président de la FIFA. La fédération internationale s'est engagée à lever 75 millions de dollars pour des projets de paix, prouvant que le "Board" entend utiliser tous les leviers d'influence possibles.
Le B-2 comme catalyseur de paix
Dans une déclaration choc, Donald Trump a lié la stabilité actuelle du Moyen-Orient à une frappe technologique majeure. Selon lui, l'utilisation des bombardiers furtifs B-2 pour "décimer le potentiel nucléaire de l'Iran" a été le facteur qui a permis aux nations arabes de signer des accords de paix définitifs. Tout en maintenant une pression maximale sur Téhéran, il a laissé entendre qu'un accord "significatif" pourrait être conclu dans les dix prochains jours.
Donald Trump a exprimé son intention de "renforcer" l'ONU et de la "superviser". Il a promis une aide financière et logistique aux Nations unies pour qu'elles vivent enfin à la hauteur de leur "immense potentiel". Le Board of Peace agirait ainsi comme un organe de contrôle s'assurant que l'organisation internationale fonctionne de manière "propre" et efficace.
Le président a conclu en annonçant que la Norvège accueillerait le prochain rassemblement du Board of Peace. Non sans humour, il a ironisé sur son absence de prix Nobel, affirmant que sa seule récompense était la sauvegarde de millions de vies.
Enfin, il a donné rendez-vous en avril pour une visite d'État en Chine, promettant au président Xi Jinping un étalage de puissance "sans précédent dans l'histoire".