“La joie de rentrer chez soi” : après les crues, les sinistrés retrouvent leurs maisons
De Ksar El Kébir à la province de Kénitra, les zones durement touchées par les récentes intempéries amorcent la phase de retour à la normale. Entre l’organisation millimétrée des autorités et l’émotion des familles regagnant leurs demeures, le Nord du Royaume panse ses plaies sous le signe de la solidarité nationale.
Après le déluge, place à l’action. Au terme de plusieurs jours d'incertitude loin de chez eux, les habitants des zones sinistrées retrouvent progressivement leur quotidien. Ce retour, loin d'être laissé au hasard, est le fruit d’une coordination étroite entre les services de l’État, les autorités locales et les forces vives du pays, conformément aux instructions royales.
Kénitra : Douar Lahmassis, un modèle de gestion de crise
Dans la province de Kénitra, le centre d'hébergement du douar Lahmassis a été le cœur battant de l'effort humanitaire. Adil El Khotabi, chef de division des Affaires économiques à la province de Kénitra, dresse un bilan impressionnant de l'opération.
"Au total, nous avons procédé à l'évacuation de 46.700 personnes, soit environ 9.500 familles habitant dans des zones menacées par la crue des oueds".
L'assistance n'a pas été uniquement logistique.
Conscient de la nature rurale de la population, le dispositif a inclus une dimension vétérinaire inédite. En plus des tentes, des couvertures et de l'aide alimentaire, des tonnes de fourrage ont été distribuées pour préserver le bétail, principal patrimoine de ces familles.
Sur le plan sanitaire, des équipes médicales ont veillé jour et nuit sur les réfugiés climatiques. "Nous traitons les maladies saisonnières comme la grippe et les infections aiguës. Notre présence a été immédiate pour assurer une couverture médicale totale", explique un médecin mobilisé sur place.
Avec l’amélioration des conditions météorologiques, le processus de retour a été enclenché. Au mardi 17 février, près de 44% des familles évacuées ont déjà regagné leur foyer en toute sécurité, sous escorte et supervision des autorités provinciales.
Ksar El Kébir respire à nouveau
Plus au nord, à Ksar El Kébir, l'ambiance est à la fois au soulagement et à la relance économique. Mohamed Simou, président de la commune, ne cache pas sa satisfaction quant à l'organisation du retour des citoyens. "Tout comme l'évacuation a été graduelle et maîtrisée, le retour se fait de manière sage et ordonnée. Aujourd'hui, la quasi-totalité des habitants sont de retour".
Le constat est visible dans les rues : les commerces, les marchés et les administrations ont rouvert leurs portes. "La ville a retrouvé sa belle allure", affirme l'élu. Toutefois, Mohamed Simou a profité de cette tribune pour porter une revendication d'infrastructure majeure : la construction du barrage de Tifir. Selon lui, c'est l'unique solution pour briser définitivement la menace que fait peser le barrage Oued El Makhazine sur la ville et mettre fin aux rumeurs alarmistes qui déstabilisent la population.
Le retour à la maison, entre larmes et gratitude
Mais au-delà des chiffres et des stratégies, c'est l'humain qui prime. Pour les habitants de Ksar El Kébir, le traumatisme de l'exil forcé s'efface devant la joie du retour. "On quitte sa maison en un clin d’œil, sans savoir si on la retrouvera. Revenir chez soi est une joie indescriptible", confie un père de famille, ému.
La solidarité nationale a également marqué les esprits. Les habitants témoignent leur gratitude envers les citoyens de Larache, Tanger, Casablanca et de nombreuses autres villes qui ont manifesté leur soutien. À l'approche du mois de Ramadan, les familles s'activent désormais au nettoyage et à la remise en état de leurs maisons, portées par un élan d'optimisme et la reconnaissance d'avoir évité le pire : la perte de vies humaines.
Alors que les commissions de recensement des dégâts parcourent les quartiers urbains et les zones agricoles, le message est clair : le Maroc a su transformer une catastrophe naturelle en une démonstration de résilience collective.
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