img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Football

Maroc-Sénégal , CAN féminine : Motsepe esquive les sujets marocains brûlants

À Dar es Salaam, le président de la CAF a surtout déroulé un discours très cadré, entre éloges appuyés envers le Royaume et prudence absolue sur les dossiers sur lesquels on l'attendait le plus.

Patrice Motsepe annonce une refonte de la CAF après l’affaire Maroc-Sénégal
Patrice Motsepe.
Par
Le 13 février 2026 à 17h16 | Modifié 13 février 2026 à 19h05

Une fois n'est pas coutume, la conférence de presse donnée ce vendredi 13 février depuis Dar es Salaam (Tanzanie) par le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a été très attendue au Maroc.

La raison, c'est que sous le coup de bruits plus ou moins persistants, un effet d'anticipation s'était progressivement installé en relation avec différents sujets d'"intérêt" marocain :

  • Durcissement des sanctions à l'égard de la sélection sénégalaise, voire attribution rétroactive du titre de champion d'Afrique 2025 aux Lions de l'Atlas.
  • Report de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) féminine, prévue dans le Royaume pour son édition 2026.
  • CAN masculine dont l'organisation reviendrait encore sur le territoire national dès 2028 (dernier élément qu'une source sûre avait démenti la veille pour le compte de Médias24).

Enfin, la fuite de l'ordre du jour du Comité exécutif de la CAF à Dar es Salaam – motif de la présence de Motsepe dans l'ancienne capitale tanzanienne –, allait mettre son grain de sel, étant donné que tous ces points y figuraient de façon nominale.

Or, au final, personne n'en a eu pour son argent.

Comme à l'accoutumée, Motsepe s'est livré à un exercice médiatique très cadré. Il a commencé d'abord par chanter les louanges de ses pairs africains. Selon lui, leur "qualité" est "d’une classe mondiale".

Puis il s'est attardé sur la rumeur du report de la CAN 2027. "Il y a des allégations selon lesquelles je suis ici pour dire à la Tanzanie, au Kenya et en Ouganda que je vais leur retirer l’organisation de la CAN parce que ces trois pays ne seraient pas prêts. Mais ce n’est pas fondé", a-t-il balayé.

Il n'allait que de façon brève faire allusion au Maroc. C'était au moment où il assurait que "nous [les Africains, ndlr] pouvons avoir des compétitions réussies" et que "nous avons eu l’une des meilleures de l’histoire de ces compétitions" dans le Royaume. Ce n'est qu'ultérieurement, après exactement dix minutes chrono, qu'il allait y revenir pour l'aborder en détail.

"Maintenant, je dois parler du Maroc", allait-il commencer, comme s'il s'agissait d'une obligation.

Premier point : il tenait à "exprimer notre reconnaissance vis-à-vis du Maroc". "Les 54 associations membres du continent, qui représentent les 54 pays, expriment leur reconnaissance au Roi, leur reconnaissance au peuple du Maroc, leur reconnaissance au gouvernement marocain", égrenait-il.

Soit dit en passant, on peut remarquer qu'à rebours de son pays, le dirigeant sud-africain ne fait pas cas de la pseudo "république arabe sahraouie démocratique", considérée par Pretoria comme le soi-disant "55e pays africain". Un commentaire éminemment politique qui ne dit pas son nom.

Puis, Motsepe a également félicité "notre frère Fouzi [Lekjaa], et la Fédération royale marocaine [de football], pour l’organisation de l’une des CAN les plus réussies de l’histoire de cette compétition". Il a aussi salué, à la fois, "les infrastructures, les stades, l’amour affiché par le peuple marocain".

Avant d'en venir, enfin, à l'essentiel.

Sur les incidents enregistrés lors de la finale de la CAN Maroc-Sénégal, interrompue de longues minutes à la suite du retrait momentané des joueurs sénégalais du terrain, il a réitéré le même propos qu'il avait tenu le 30 janvier 2026 dans un communiqué.

"Lorsque j’ai fait ma déclaration il y a quelques jours, après la CAN au Maroc, j’ai utilisé le terme de “déception profonde” par rapport à ce qui s’est passé durant la finale : c’était assez embarrassant, et c’est une tache dans cette CAN incroyable, extraordinaire que nous avons eue", a-t-il fait savoir.

Mais s'exprimant en sa qualité de "membre de la CAF", Motsepe n'a pas voulu commenter les décisions très légères prises le 28 janvier 2026 par le Comité de discipline de la Confédération. Ce qui était de toute façon son argument dans son communiqué sus-cité.

Et ce n'est pas le seul élément qu'il allait reprendre depuis le précédent texte. Il allait encore insister sur le caractère impérieux, dans les compétitions footballistiques africaines, de "l’intégrité, la crédibilité, l’impartialité des arbitres africains, des opérateurs de la VAR, des commissaires au match". Mais disons que cela va de soi.

En somme, rien de bien neuf, en l'espèce, à se mettre sous la dent.

Seul point à relever : Motsepe a annoncé une "résolution" du Comité exécutif de la CAF pour "examin[er] les règles, les règlements, les statuts existants". "Les règles qui régissent et qui mettent une limite aux sanctions, à l’envergure des sanctions, des amendes imposées", a-t-il précisé. Mais cela ne concerne pas seulement le Maroc à un niveau spécifique.

Par rapport aux bénéfices économiques de la CAN pour la CAF, Motsepe a cité un indicateur important. C'est celui des recettes : 196 millions de dollars engrangés lors de la CAN marocaine, bien plus que celle en Côte d'Ivoire en 2023 (105 millions) et au Cameroun en 2021 (5 millions, mais tenue, cela dit, en pleine pandémie de Covid-19).

"En termes de vues numériques, sur TikTok, Instagram, YouTube, Facebook, c’était 6,1 milliards de vues. Cela veut dire que le football africain enthousiasme des personnes. Et cela va main dans la main avec nos stratégies : créer des emplois, créer de l’investissement, des opportunités d’investissement dans les pays qui organisent. Il y a plus de 180 pays qui ont regardé. Rappelez-vous que nous avons 54 pays en Afrique. Donc plus de 124 pays, à l’extérieur de l’Afrique, ont dit que le football africain est vraiment important et attrayant", a-t-il exposé.

Quant à la CAN féminine 2026, Motsepe ne s'y est pas arrêté de lui-même. Il a simplement dit, en réponse à la question d'un journaliste présent, que "nous voulons organiser cette compétition dans les délais fixés" et que "nous allons continuer avec la WAFCON et nous assurer qu’elle se tienne aux dates prévues".

Ce n'est pas, en l'occurrence, le démenti implacable auquel on aurait pu s'attendre. Pour rappel, la ministre sud-africaine déléguée au Sport, Peace Mabe, avait affirmé le 1ᵉʳ février 2026 que son pays avait hérité de la compétition, mais les indications obtenues le lendemain par Médias24 avaient plutôt été celles d'un maintien au Maroc (pour l'instant).

Il faudra donc repasser pour obtenir plus d'éclaircissements, et plus de concret.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 13 février 2026 à 17h16

à lire aussi

Le Honduras décide de suspendre sa reconnaissance de la “rasd”
NATION

Article : Le Honduras décide de suspendre sa reconnaissance de la “rasd”

Le Honduras a annoncé la suspension de sa reconnaissance de la pseudo “rasd”, une décision officielle notifiée à Rabat et aux Nations Unies.

Engrais. Sous pression à cause du blocus d’Ormuz, l’Inde se tourne massivement vers le Maroc
AGRICULTURE

Article : Engrais. Sous pression à cause du blocus d’Ormuz, l’Inde se tourne massivement vers le Maroc

Entre le blocus d'Ormuz qui paralyse la production indienne, les restrictions chinoises à l'export et la crise agricole américaine, le marché mondial des engrais phosphatés traverse une période de turbulences sans précédent. Dans ce contexte, l'Inde, plus exposée que jamais à la désorganisation des flux, consolide sa dépendance au Maroc.

Hôtellerie : Marriott nomme Denis Laus à la tête du futur resort de Taghazout Bay
Quoi de neuf

Article : Hôtellerie : Marriott nomme Denis Laus à la tête du futur resort de Taghazout Bay

Prévu pour l’été 2026 aux portes d’Agadir, l’établissement comptera 250 chambres avec vue sur l’océan, plusieurs espaces de restauration et 600 m² dédiés aux réunions et événements.

La réforme des Groupements sanitaires territoriaux cherche ses preuves sur le terrain
Santé

Article : La réforme des Groupements sanitaires territoriaux cherche ses preuves sur le terrain

Cinq directeurs généraux nommés par le Roi, des indicateurs présentés comme probants dans une région pilote, mais des syndicats qui contestent et des décrets toujours manquants. La réorganisation du système de santé public marocain autour de groupements sanitaires territoriaux s'accélère. Le plus dur reste à faire.

Casablanca : le Mégarama dément tout projet de démolition sur le front de mer
Régions

Article : Casablanca : le Mégarama dément tout projet de démolition sur le front de mer

Le Mégarama de Casablanca ne fait l’objet d’aucun projet de destruction, a indiqué à Médias24 une source autorisée au sein de l’établissement, réagissant à des informations relayées en ligne sur une possible démolition de plusieurs installations du littoral.

SIAM 2026 : Maroc Telecom dévoile ses solutions Agritech pour une agriculture intelligente
SIAM 2026

Article : SIAM 2026 : Maroc Telecom dévoile ses solutions Agritech pour une agriculture intelligente

Partenaire officiel du SIAM, Maroc Telecom présente ses dernières innovations Agritech fondées sur l’IoT, l’intelligence artificielle et la 5G, afin d’accompagner la transformation digitale du secteur agricole.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité