L’année judiciaire 2025 en chiffres
En 2025, la justice a prononcé 1.077 peines alternatives et traité plus de 4 millions d’affaires, selon les chiffres du CSPJ. Détails.
Plus d’un millier de peines alternatives prononcées en moins de cinq mois. Le chiffre donne le ton.
À l’occasion de l’ouverture de l’année judiciaire 2026, ce lundi 12 janvier, le président-délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), M’hamed Abdenabaoui a livré une photographie chiffrée de l’année judiciaire écoulée. Une photographie qui met notamment en lumière les premiers effets concrets de la loi sur les peines alternatives, mais aussi la situation récente du corps judiciaire, précisément des magistrats.
1.077 peines alternatives prononcées
Entre le 8 août et le 31 décembre 2025, les juridictions ont prononcé 1.077 peines alternatives. L’amende journalière s’impose comme l’outil privilégié, avec 490 décisions, soit 45% du total. Le travail d’intérêt général suit, avec 330 bénéficiaires (31%), tandis que la restriction de droits ou l’imposition d’obligations concerne 245 personnes (23%). La surveillance électronique, souvent présentée comme l’une des mesures phares de la réforme, reste très marginale, avec seulement 12 décisions sur la période.
Au-delà du volume, les chiffres renseignent aussi sur l’exécution de ces sanctions. Les juridictions ont enregistré 15 cas de manquement aux obligations imposées et 31 refus d’exécution. Les refus concernent principalement l’amende journalière, avec 21 cas, et les mesures de restriction de droits, avec 10 cas.
Ces données illustrent les défis opérationnels que pose la généralisation des peines alternatives, notamment en matière de suivi, de contrôle et d’adhésion des condamnés, un point déjà soulevé lors des débats autour de cette loi, entrée en vigueur en août dernier.
La Justice 2025 en chiffres
Dans son discours, le président-délégué du CSPJ est également revenu sur l’activité disciplinaire menée en 2025. Le Conseil a rendu 119 décisions concernant des magistrats. Les sanctions les plus fréquentes restent l’avertissement (38 cas) et les décisions d’absence de poursuites, avec ou sans rappel à l’ordre. Les sanctions lourdes demeurent minoritaires, mais le Conseil a prononcé des exclusions temporaires, des mises à la retraite d’office et une décision assimilée à une révocation.
Sur le plan de l’activité juridictionnelle, la pression contentieuse reste élevée. Les tribunaux ont enregistré plus de 4 millions d’affaires en 2025. Ils ont tranché plus de 3,8 millions de dossiers, tandis que plus de 500.000 affaires restaient pendantes à la fin de l’année, tous ordres de juridiction confondus.
Enfin, les chiffres relatifs au corps judiciaire complètent ce tableau. Le Maroc compte 5.159 magistrats à fin 2025. Les femmes représentent 28,22% de l’effectif. Les magistrats du siège concentrent près de 73% des postes, contre 27% pour le parquet.
Le président-délégué du CSPJ a également mis en avant l’activité d’inspection menée en 2025. Les inspections générales ont concerné 26 juridictions, donnant lieu à 19 rapports transmis au Conseil. À ces missions s’ajoutent 177 enquêtes diligentées sur instruction du président délégué, ainsi que 24 enquêtes ouvertes dans le cadre de la protection de l’indépendance du pouvoir judiciaire.
À découvrir
à lire aussi
Article : Législatives 2026 : lecture de la première annonce des têtes de liste de l’Istiqlal
À moins de deux mois des élections législatives du 23 septembre, le Parti de l'Istiqlal a dévoilé une première vague de ses têtes de liste locales. Cette sélection, qui couvre une grande partie du territoire, traduit un équilibre entre continuité et renouvellement : le parti reconduit plusieurs figures expérimentées tout en faisant émerger de nouveaux profils.
Article : Rapport Banque Mondiale: des fragilités bien réelles sous les bons chiffres
La croissance a atteint 4,9% en 2025 et le pays est passé en catégorie investissement. Le rapport de la Banque mondiale dresse toutefois un tableau plus nuancé : un marché du travail que la refonte statistique du HCP montre bien plus fragile qu'on ne le pensait et une transformation numérique inachevée.
Article : PAM : 90 têtes de liste et une inconnue nommée Lekjaâ (liste)
Réuni le samedi 25 juillet à Salé, le conseil national du PAM a dévoilé ses têtes de liste dans 90 des 92 circonscriptions locales. Mais c'est une case restée vide qui a focalisé l'attention : celle de Berkane, où se présenterait Fouzi Lekjaâ, entré au bureau politique du parti sans que personne ne sache encore quel rôle il compte y jouer. Derrière ce ralliement et celui de Yanja Khattat, une liste qui confirme les ambitions du parti..
Article : Littoral nord : la flambée des tarifs hôteliers fait fuir les Marocains et pénalise les commerçants
Selon plusieurs opérateurs, l’explosion des prix des hôtels et des locations meublées en juillet et août, avec des chambres pouvant atteindre près de 5.000 dirhams la nuit, dissuade de nombreux touristes marocains de passer leurs vacances dans le Nord, certains préférant partir en Espagne. Une désaffection estivale surtout visible en semaine, qui frappe les restaurants, les cafés, les commerces et les activités de loisirs.
Article : Législatives : le PAM mise sur la continuité et les ralliements pour améliorer son score
La direction du PAM a dévoilé lors d’une réunion de son Conseil national, une liste de candidats combinant des ministres et élus sortants, deux ralliements de premier ordre qui ont rejoint son bureau politique avant de présenter les grandes orientations de son programme.
Article : TVA intérieure. Pourquoi le taux d’exécution net recule à 38,5% à fin juin
À fin juin 2026, la TVA intérieure affiche un taux d’exécution net de 38,5%, contre environ 45% un an auparavant. Cette baisse ne traduit pas un affaiblissement du recouvrement brut, qui continue de progresser. Elle s’explique essentiellement par l’accélération des remboursements de TVA, dont le montant avait déjà dépassé la prévision inscrite dans la loi de finances.


