Comment le Maroc ambitionne de devenir un acteur majeur de l'IA d'ici 2030
La ministre déléguée chargée de la Transition du numérique et de la Réforme de l’administration a dévoilé les grands axes de la stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle à l’horizon 2030. Selon Amal El Fallah Seghrouchni, l’émergence d’un écosystème national devra passer par la création d’instituts technologiques dénommés Jazzari qui fourniront les compétences nécessaires dans les 12 régions du Maroc.
Afin de positionner le Maroc comme un acteur de référence dans le domaine de l’intelligence artificielle qui soit au service de l’administration, de l’économie et de la société, la vision de Amal El Fallah Seghrouchni repose sur plusieurs axes conçus pour développer la souveraineté technologique nationale, stimuler l’innovation locale et renforcer la compétitivité économique du pays.
12 instituts pour fournir les compétences nécessaires
« Le développement de l’outil d’IA se base sur la création à terme de 12 instituts régionaux qui auront pour but de regrouper toutes les expertises autour de la formation, la recherche appliquée et l’innovation », a résumé la ministre de tutelle, pour qui les Instituts Jazzari, précurseur de la robotique et de l’automatisation, constitueront les fondations de cette dynamique.
Au cœur de sa stratégie censée banaliser l’utilisation de l’intelligence artificielle, ces pôles multidisciplinaires auront pour mission de coordonner la recherche, de former des ingénieurs et porteurs de projets tout en favorisant la recherche et l’incubation de startups dans ce domaine.
Chaque institut sera spécialisé dans une thématique propre à sa région, à l’image de celui de Dakhla qui misera sur les énergies renouvelables (éolienne…), de celui de Guelmim-Oued Noun réservé aux problématiques hydriques et enfin de celui de l’Oriental dans le développement de projets liés à l’agriculture intelligente, à la gestion durable de l’eau ou encore à la surveillance environnementale …
Le financement sera assuré à part égale par le ministère, par des partenaires publics et par le privé.
Éviter la fracture numérique par un maillage territorial d’infrastructures
Afin d’assurer une efficacité sur l’ensemble du territoire national et d’éviter la fracture numérique, ces instituts ne seront pas cantonnés dans les grands centres urbains comme Casablanca ou Rabat.
Et d’ajouter que cette démarche d’élargissement permettra ainsi de faire émerger des écosystèmes régionaux autour de l’agritech, de la santé numérique ou encore de l’éducation intelligente.
L’autre pilier de la stratégie ministérielle consistera à développer des infrastructures stratégiques comme les datacenters capables d’atteindre 500 MW à Dakhla, les réseaux cloud souverains et une connectivité renforcée qui permettront d’héberger, de sécuriser et de traiter ses propres données sans dépendre d’acteurs étrangers afin d’être en mesure de garantir une souveraineté nationale.
La future loi numérique X.0 garantira l’éthique de l’IA
Désireuse d’assurer une gouvernance responsable de l’IA, la ministre a révélé qu’un projet de loi dénommé XO qui encadrera l’usage de l’intelligence artificielle sera bientôt déposé au Parlement.
Avec l’aide de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), ce texte intégrera la dimension éthique des données utilisées par les administrations publiques et les entreprises afin de renforcer la confiance des citoyens.
En dernier lieu, la ministre a révélé que des partenariats internationaux avaient été noués avec des entreprises leaders dans le domaine de l’IA pour l’échange d’expertise, tout en développant des solutions adaptées aux besoins spécifiques du Maroc et de l’Afrique.
Dans le cadre de sa stratégie de déploiement de cet outil, le Maroc a établi un partenariat avec la société Mistral spécialisée en intelligence artificielle, qui vise à offrir un accès à des modèles IA de dernière génération, à développer ensemble des solutions adaptées aux langues telles que la darija et l’amazigh, à intégrer des technologies avancées dans les services publics et enfin à coopérer sur des projets nécessitant une forte capacité de calcul.
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