ZLECAf : plaidoyer de la CGEM pour un “Made in Africa compétitif”
Face à des défis persistants en matière d’infrastructures, de logistique, de financement, de numérique et de compétences, la CGEM plaide pour une mobilisation renforcée du secteur privé afin de libérer le potentiel d’intégration du continent africain.
Lors de la deuxième édition du Forum d’affaires sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui se tient ces jeudi 11 et vendredi 12 décembre à Marrakech, Mehdi Tazi, vice-président général de la CGEM, a insisté sur le rôle stratégique du secteur privé pour renforcer l’intégration économique du continent.
La démographie et l’urbanisation africaines imposent de répondre à une demande massive en infrastructures, biens industriels, services modernes et emplois, a souligné Mehdi Tazi. Les Nations unies estiment que l’Afrique comptera 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, dont la moitié aura moins de 25 ans, et près de 70% vivront en ville, contre 40% en 2020.
Pour le vice-président de la CGEM, l’Afrique fait face à un paradoxe : un continent riche en ressources naturelles et doté d’un capital humain jeune, mais dont les économies restent insuffisamment industrialisées et peu intégrées. "Aujourd’hui encore, l’Afrique exporte l’essentiel de ses matières premières sans transformation locale : 70% du coton africain sont exportés bruts, 80% des composants pour batteries sont assemblés ailleurs, et plus de 60% des médicaments consommés sur le continent sont importés", a-t-il précisé.
Dans ce contexte, la ZLECAf constitue un levier majeur. "Avec un marché commun de 1,5 milliard de consommateurs, elle offre une occasion historique de créer un véritable Made in Africa, capable de rivaliser sur les marchés internationaux tout en répondant aux besoins du continent", a affirmé Mehdi Tazi.
La CGEM, en collaboration avec la Banque africaine de développement, a réalisé une étude sur les complémentarités entre les chaînes de valeur africaines. L’étude, qui analyse plus de vingt filières prioritaires, a identifié plus de soixante opportunités concrètes de co-investissement et de co-production. "Quatre chaînes de valeur prioritaires peuvent porter le Made in Africa : l’agro-industrie, le textile, l’automobile et les industries électrique et électronique", a détaillé Mehdi Tazi. Ces secteurs pourraient générer des centaines de milliers d’emplois qualifiés et créer des hubs industriels régionaux intégrés.
Des défis à relever
Le vice-président général de la CGEM a énuméré les défis à relever :
- L’infrastructure : le coût logistique reste 60% plus élevé que la moyenne mondiale, et les besoins annuels en infrastructures du continent sont estimés entre 130 et 170 milliards de dollars, dont seulement la moitié est financée. Modernisation des corridors logistiques, connectivité portuaire, réseaux électriques et développement des énergies renouvelables sont prioritaires.
- Le financement : fonds de garantie, cofinancement public-privé et lignes de crédit pour les chaînes de valeur et les PME sont essentiels pour soutenir l’investissement et favoriser l’émergence de champions africains.
- Le numérique : la connectivité insuffisante et les infrastructures digitales limitées freinent la compétitivité ; l’investissement dans ces infrastructures par des partenariats public-privé est crucial.
- La libre circulation des personnes : entrepreneurs, experts et travailleurs doivent pouvoir se déplacer facilement pour développer les chaînes de valeur régionales et diffuser les compétences.
- La formation : doter la jeunesse africaine des compétences nécessaires à l’économie et aux métiers de demain est indispensable.
- La communication : les entreprises doivent comprendre clairement les mécanismes de la ZLECAf, notamment les règles d’origine et les procédures, afin de tirer profit du marché unique africain.
Mehdi Tazi a rappelé que, sous la vision du Roi Mohammed VI, le Maroc a fait de l’intégration africaine un axe stratégique de sa politique extérieure et économique. "Grâce à ses infrastructures logistiques (Tanger Med, Dakhla Atlantique, Nador West Med), sa connectivité aérienne, sa présence financière dans plus de 26 pays et son écosystème d’investissement, le Maroc présente une plateforme au service du Made in Africa".
Le secteur privé marocain travaille en synergie avec les organisations patronales africaines et les bailleurs de fonds pour concrétiser des projets à fort impact dans un esprit de co-développement et de partenariat. "Le développement de l’Afrique est indissociable d’un engagement et d’une action collectifs. Ce forum est une opportunité unique de mobiliser nos forces, de créer de nouvelles synergies et de renforcer nos partenariats publics-privés afin que la ZLECAf devienne un véritable levier pour une Afrique économiquement souveraine", a conclu Mehdi Tazi.
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