L’Ozempic officiellement lancé au Maroc, sur fond de controverse autour de son usage détourné
Le laboratoire danois Novo Nordisk a officiellement lancé au Maroc l'Ozempic (sémaglutide), un médicament destiné au traitement du diabète de type 2. Ce produit suscite des controverses en raison de son usage détourné pour la perte de poids chez des personnes non diabétiques.
Le laboratoire pharmaceutique danois Novo Nordisk a annoncé à Marrakech le lancement officiel de l’Ozempic (sémaglutide) au Maroc, un médicament indiqué dans le traitement du diabète de type 2. Ce traitement est désormais disponible sur le marché marocain en trois dosages (0,25 mg, 0,5 mg et 1 mg), administrés par injection hebdomadaire.
Selon le laboratoire danois, ce médicament, qui appartient à la classe des agonistes du GLP-1, vise à améliorer le contrôle glycémique, à réduire les risques cardiovasculaires et à favoriser une meilleure qualité de vie pour les patients diabétiques.
Le Maroc compte aujourd’hui près de 2,6 millions de personnes atteintes de diabète de type 2, un chiffre qui en fait un enjeu majeur de santé publique.
Un lancement attendu, mais sous surveillance
L’annonce du lancement officiel par Novo Nordisk Maroc vise à encadrer la distribution et la prescription du produit dans un cadre médical sécurisé.
L’arrivée officielle du Sémaglutide sur le marché marocain intervient alors que ce médicament fait l’objet de controverses à l’étranger, notamment en Europe et en Amérique du Nord, en raison de son usage détourné pour la perte de poids par des personnes non diabétiques.
En France, son usage et sa prescription sont hautement encadrés et surveillés.
Les autorités sanitaires françaises ont dû mettre en place plusieurs dispositifs de surveillance et de régulation pour encadrer la prescription de l’Ozempic. Le médicament est autorisé uniquement pour le traitement du diabète de type 2 chez l’adulte, en complément d’un régime alimentaire et d’une activité physique. Toute prescription pour la perte de poids relève d’un usage hors autorisation de mise sur le marché (hors AMM).
Parmi les mesures mises en œuvre en France figurent :
- le suivi des données de vente et de remboursement pour identifier les prescriptions hors profil diabétique ;
- des signalements de pharmacovigilance incitant médecins et pharmaciens à refuser les ordonnances suspectes ;
- la création d’un comité scientifique temporaire chargé d’évaluer les usages et risques liés aux analogues du GLP-1, dont fait partie le Sémaglutide.
Les autorités françaises rappellent que l’usage détourné de ce médicament peut non seulement entraîner des effets indésirables graves (troubles digestifs, pancréatites, hypoglycémies…), mais aussi provoquer des pénuries pour les patients diabétiques qui en dépendent.
Une consommation déjà présente au Maroc
Avant même son lancement officiel, le Sémaglutide circulait déjà au Maroc, souvent importé par des voies parallèles depuis l’Europe. Comme rapporté par Médias24 en février 2025, l'Ozempic est au centre d’une tendance controversée liée à la minceur rapide. Certaines personnes non diabétiques l'utilisent à des fins esthétiques, malgré les mises en garde du corps médical.
Pour les spécialistes, le Sémaglutide représente une avancée thérapeutique importante pour les patients diabétiques au Maroc, à condition qu’il soit prescrit et utilisé conformément à son indication.
À ce stade, seul le laboratoire a communiqué. Ce n’est pas le cas de l’Agence du médicament.
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