Le Maroc rejoint le cercle restreint des pays assembleurs de moteurs d’avion
Sous l’impulsion royale, le Maroc franchit une nouvelle étape dans le secteur de l’aéronautique avec le nouveau complexe de moteurs d'avions de Safran. Deux usines, d'un investissement de 3,4 MMDH, seront implantées à Nouaceur, dédiées à l’assemblage et à la maintenance des moteurs d’avions LEAP.
Le Maroc franchit une nouvelle étape majeure dans le développement de son industrie aéronautique, avec la signature de trois conventions entre le Royaume et le groupe Safran pour la mise en place d’un complexe industriel à Nouaceur, dédié à l’assemblage, au test et à la maintenance des moteurs d’avions LEAP.
Ce projet, dont la cérémonie de lancement a été présidée par le Roi Mohammed VI, illustre une nouvelle fois l’ancrage industriel du Maroc dans les filières technologiques de pointe.
Produire et entretenir les moteurs LEAP
Le complexe Safran s’articulera autour de deux sites distincts :
- une usine d’assemblage et de test de moteurs, pour un investissement de 2,1 milliards de DH,
- un centre de maintenance et de réparation, pour 1,3 milliard de DH.
L’investissement global s’élève ainsi à 3,4 milliards de DH.
La future usine d’assemblage disposera d’une capacité de 350 moteurs par an, soit près de 30% de la production mondiale du moteur LEAP, qui équipe les avions de nouvelle génération Airbus A320neo et Boeing 737 MAX. Le centre de maintenance assurera, quant à lui, la réparation de 150 moteurs par an, afin d’accompagner la croissance de la flotte mondiale de moteurs LEAP, désormais dominante sur le segment des monocouloirs.
Ce moteur connaît une croissance très forte, après son entrée en service en 2016, puisqu’il est aujourd’hui opérationnel sur plus de 4.000 avions dans le monde, avec un carnet de commandes de plus de 11.500 moteurs, a précisé le DG de Safran Olivier Andriès.
Les nouvelles installations emploieront à terme plus de 900 personnes :
- L'unité de maintenance emploiera 600 personnes.
- L'unité de la chaîne d’assemblage pour le moteur LEAP sera la plus grande hors de France avec 300 personnes.
Dans ce sens, le Groupe va recruter 2.000 personnes dans tous ses sites d'ici cinq ans, a-t-il indiqué, ajoutant qu’en partenariat avec l'État marocain, les industriels et les universités du Royaume, Safran mène une politique active en faveur de la formation aéronautique au Maroc, à travers notamment sa participation à la création de l'Institut de Formation aux Métiers de l’Aéronautique (IMA) en 2011 et l'implantation d’une université Safran en 2023.
"Nous allons bâtir ici deux sites de référence, performants, innovants et durables. Deux sites qui vont renforcer la relation, déjà excellente, d’amitié et de partenariat entre Safran et le Maroc", s’est-il félicité, notant que son emplacement au Maroc, à proximité stratégique des trois grandes zones géographiques, à savoir l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Europe, est "un atout pour répondre aux besoins des compagnies aériennes".
Le Maroc, deuxième producteur mondial du moteur LEAP
Avec cette implantation, le Maroc deviendra le deuxième pays au monde, après la France, à produire et entretenir le moteur LEAP. Il rejoindra ainsi le cercle restreint des nations actives dans la fabrication de réacteurs d’avions commerciaux, aux côtés des États-Unis, de la Chine ou encore de la Pologne.
Ce positionnement consacre le Maroc comme un acteur industriel de rang mondial dans une filière à haute valeur technologique, jusque-là réservée à quelques économies avancées.
Le choix du Maroc par Safran s’explique par un ensemble de facteurs structurels et stratégiques. Le Royaume a su, sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, mettre en œuvre des politiques industrielles et énergétiques de long terme, qui favorisent l’attractivité du pays pour les grands groupes mondiaux.
Le directeur général du Groupe, Olivier Andriès l'a résumé ainsi dans une allocution prononcée lors de la cérémonie: "Le Groupe a fait le choix d’un pays doté de talents, d'infrastructures modernes et d'un cadre macroéconomique stable".
Safran mise sur la stabilité politique et la visibilité des politiques publiques qui lui permettent aujourd'hui de pouvoir bénéficier de l'énergie renouvelable et d'un vivier de compétences et de ressources humaines, soutenue par un système de formation professionnelle dédié à l’aéronautique.
La mise en place de ce complexe industriel marque un tournant pour la filière aéronautique marocaine, déjà positionnée sur les segments de l’assemblage, de la câblerie, de la mécanique de précision et des composites.
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