À un an des élections, Akhannouch dresse le bilan du gouvernement et trace ses priorités (Verbatim)
Entre la consolidation de l'État social, la gestion des crises et la préparation des prochaines échéances, Aziz Akhannouch a défendu le bilan de 4 années de gestion qu'il qualifie de "sérieux" et "dense", mené par un "gouvernement d'action". Verbatim.
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a accordé un entretien aux chaînes Al Aoula et 2M pour dresser le bilan de quatre années de gestion.
Pendant près d’une heure et demie, ce mercredi soir 10 septembre 2025, l'échange a abordé des questions politiques et économiques, dans un contexte marqué par la dernière année du mandat, également année électorale.
Cet article présente un verbatim des passages clés. Une analyse des propos du chef du gouvernement sera publiée ultérieurement par Médias24.
Agenda gouvernemental vs agenda politique
Les composantes de la majorité vont-elles poursuivre les chantiers engagés et accélérer les réformes, ou se concentrer sur les échéances électorales et la course aux urnes ?
Pour Akhannouch, la priorité sera donnée à la poursuite de la mise en œuvre des "grands chantiers royaux".
"Notre priorité est de poursuivre la mise en œuvre de l'État social voulu par Sa Majesté, notamment la santé, l'éducation et la protection sociale", a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur la nécessité de stimuler les "grands projets d'investissement", en particulier dans les secteurs de l'eau et de l'agriculture, afin de générer une croissance économique capable de "répondre aux demandes d'emploi de notre jeunesse".
Sur le volet politique et notamment la cohésion de la majorité, il garde sa casquette de chef du gouvernement et défend la majorité qu'il qualifie d'expérience "exemplaire et inédite par sa cohésion".
Il a expliqué qu'il y a certes deux agendas : celui du gouvernement, axé sur le "travail et la mise en œuvre", et "l'agenda politique, plus libre, où les partis parlent à leurs militants".
Et d'ajouter, "qu'il y ait parfois des sorties discordantes est normal et inhérent à la vie interne de chaque parti", avant de concéder qu'il est vrai que concilier les deux agendas est "une équation difficile". Une allusion aux dernières frictions avec l'Istiqlal.
L'intérieur aux commandes de la préparation des élections, un modèle à maintenir
Concernant la préparation des prochaines élections, il a expliqué que la supervision des consultations par le ministère de l'Intérieur est une décision conforme aux "directives royales".
"Je suis personnellement satisfait que cela relève de l'Intérieur : cela signifie que, du début à la fin, c'est le ministère de l'Intérieur qui est responsable", a-t-il affirmé, qualifiant cette approche de "bonne pratique à pérenniser".
"J’ai vécu l’expérience en 2021 en tant que chef de parti, on s’est réuni avec Othmani une seule fois, nous ne nous sommes pas mis d’accord. Finalement, il nous avait demandé de voir directement avec le ministère de l’Intérieur", avance le chef du gouvernement.
Aziz Akhannouch explique qu'en tant que chef du gouvernement, il n’a pas assisté à ces réunions et que le parti (RNI, ndlr) dispose des cadres qui peuvent le représenter.
Sur ses relations avec l'opposition, il a souligné que son gouvernement était celui qui avait "accepté le plus de propositions de loi" émanant des partis de l'opposition, tout en faisant la distinction entre une "opposition responsable et constructive" qu'il "salue et écoute", et une "opposition du buzz".
Interrogé sur ses ambitions personnelles pour 2026, Aziz Akhannouch a conclu : "Chaque chose en son temps. D'abord, achever les projets et présenter le bilan. Puis viendra la compétition. Chaque parti a l'ambition d'être premier ; quant au choix du chef du gouvernement, il appartient à Sa Majesté."
Station de dessalement : "Il n'y a pas de subvention"
Un des sujets abordés lors de l'entretien, celui du marché de la station de dessalement de Casablanca. Un marché public qui fait polémique car il a été remporté par un groupement d'entreprises comprenant une filiale du groupe Akwa.
À ce sujet, Aziz Akhannouch apporte ses explications. "Un appel d’offres a été lancé. Plusieurs entreprises marocaines et internationales y ont participé. Il a été remporté par un groupement dont le leader est une entreprise espagnole avec des entreprises marocaines", rappelle-t-il.
Et de poursuivre : "les prix ont été dévoilés lors de l’ouverture des plis en présence de toutes les parties, dont les concurrents. Le prix proposé (par le consortium gagnant, ndlr) était parmi les meilleurs prix qu’il y a au monde pour les stations de dessalement".
"C’est un investissement de 10 MMDH (énergie + dessalement). L'État ne dépense rien. Les gens investissent dans leur pays, où est le problème ?".
Sur la question des aides ou subventions au projet, le chef du gouvernement est catégorique : "Il n’y a pas d’aide ou de subventions". Selon lui, le projet bénéficie, comme tout autre projet d'investissement, de "quelques avantages comme des exonérations de droits de douane sur l'importation d'équipements,…".
Il estime que "tout le buzz" créé autour de ce sujet est une "tentative pour éluder le vrai sujet qui est celui de savoir pourquoi cette station n’a pas été concrétisée pendant les dix dernières années (...) alors que Casa allait être privée d'eau potable".
Bilan des grands chantiers
Les deux journalistes ont questionné le chef du gouvernement sur plusieurs sujets et grandes réformes dont il a présenté le bilan :
- Séisme d'Al Haouz : le chef du gouvernement a dressé un bilan "honorable" de la reconstruction, deux ans après le drame. "51 000 logements ont été remis, les familles y sont revenues", a-t-il annoncé. Il a également mentionné la reconstruction de 300 écoles, la finalisation de 100 centres de santé de proximité et le soutien aux activités économiques locales.
- Stress hydrique : Aziz Akhannouch a rappelé l'urgence de la situation à son arrivée, avec "trois ou quatre mois d'eau potable restants pour Casablanca et Rabat". Il a mis en avant la réalisation de l'interconnexion Sebou-Bouregreg et le lancement des projets de stations de dessalement, notamment celle de Casablanca, qui sera "opérationnelle fin 2026/début 2027". Il a balayé les polémiques, affirmant que l'appel d'offres a été "transparent" et a abouti à une "offre la plus compétitive au niveau mondial".
- Protection sociale : le programme AMO-Tadamon couvre aujourd'hui "11 millions de personnes", avec une contribution de l'État de 9,5 milliards de DH par an. Le soutien social direct, quant à lui, bénéficie à "4 millions de ménages", avec une attention particulière portée aux personnes âgées et aux veuves.
- Santé : la réforme se poursuit avec la réhabilitation de "1.400 centres de santé", la modernisation des hôpitaux et le lancement de nouveaux CHU. Les "groupements sanitaires territoriaux" sont présentés comme une "révolution" pour l'organisation des soins, avec un premier pilote à Tanger. Il a annoncé la sortie imminente de "1.200 médecins spécialistes" qui seront répartis dans les régions.
Économie : une inflation "vaincue" et un emploi en redressement
Face aux critiques sur la gestion de l'inflation, le Chef du gouvernement a rappelé les mesures prises pour soutenir le pouvoir d'achat (subvention de l'électricité, du transport, du blé).
"Après 6% d'inflation les deux premières années, nous sommes tombés à 0,9% en 2024, puis 1,2% en 2025. Nous avons donc vaincu l'inflation", s'est-il félicité.
Sur l'emploi, il a indiqué que "600.000 emplois" avaient été créés, se montrant confiant pour atteindre l'objectif du million de postes d'ici la fin du mandat.
Réformes en cours et perspectives
- Retraites : le dialogue se poursuit avec les syndicats pour trouver une solution "innovante et consensuelle". La réforme de la CNSS a permis de repousser l'horizon de ses difficultés de 2028 à 2031, "donnant du temps" pour la négociation.
- Droit de grève : il a défendu le projet de loi organique comme un texte "positif pour les travailleurs et les centrales syndicales", qui "renforce leur rôle" en tant que cadre institutionnel de la grève.
- Loi de finances 2026 : les priorités resteront les chantiers sociaux et les grands investissements, avec un accent particulier sur le nouveau chantier royal de la "cohésion et l'équité territoriales".
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