CHAN 2024. Le Maroc à la croisée des chemins face à la Zambie
L’équipe nationale a l’opportunité de reprendre sa marche en avant au Championnat d’Afrique des nations 2024, ce jeudi 14 août (15h) à Nairobi, dans le cadre de la 4e journée du groupe A. Mais ce sera peine perdue si les Lions de l’Atlas ne retrouvent pas un peu plus de justesse dans le dernier tiers face à la Zambie, dont le côté droit de la défense est particulièrement vulnérable.
Du résultat de son match contre la Zambie, ce jeudi 14 août au Nyayo Stadium de Nairobi (15h), dépendra la suite du parcours du Maroc dans le Championnat d’Afrique des nations (CHAN 2024). Une victoire contre le dernier du groupe A rapprocherait un peu plus l’équipe nationale des quarts de finale, en attendant la dernière journée où l’EN devra absolument se défaire de la République démocratique du Congo.
Mais en attendant, les Marocains seraient bien inspirés de reprendre leur marche en avant après avoir trébuché face au Kenya (1-0). Un match à oublier. Car en plus de la frustrante défaite (1-0) et de la perte d’Ayoub Mouloua pour une blessure à la main, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football a sanctionné la Fédération royale marocaine de football (FRMF) pour le comportement inapproprié de ses joueurs.
On ne sait pas ce qui est exactement reproché aux Lions de l’Atlas, mais le Maroc a été reconnu coupable et condamné à une amende de 5.000 dollars, dont 2.500 dollars avec sursis, à condition qu’aucune infraction similaire ne soit commise jusqu’à la fin du CHAN 2024. En revanche, les raisons de la défaite sont évidentes.
Offensivement, il y a le manque de spontanéité et de justesse dans le dernier geste, mais aussi le déséquilibre offensif puisque le côté droit a été mieux exploité que le flanc gauche. Ce qui rendait les attaques des Lions de l’Atlas assez prévisibles. Sans oublier que, défensivement, les hommes de Tarik Sektioui n’ont pas mis assez d’agressivité pour être présents et se battre sur chaque ballon.
On ne saura jamais si la blessure à la main de Ayoub Mouloua a inconsciemment joué sur le psyché des hommes de Tarik Sektioui, au point d’avoir levé le pied par moments. Mais ils n’ont tout simplement pas été à la hauteur en termes de mentalité et d’agressivité.
"Être favoris sur le papier n’offre aucune garantie. Les matchs se gagnent sur le terrain en ayant envie de gagner et de se battre sur chaque ballon", a souligné Tarik Sektioui, en conférence d’avant-match. Un message à peine voilé à ses joueurs qui n’ont certainement pas répondu à ses attentes.
Surtout que les équipes nationales nous avaient habitués ces dernières années à ne pas perdre quand elles n’arrivaient pas à gagner. Mais tout cela est du passé, bien dissimulé dans le tiroir des oubliettes. "Dès la fin du dernier match, nous avons pris la décision de nous projeter sur le prochain pour préparer au mieux l’opposition contre la Zambie", a assuré le technicien marocain.
Le match se jouera sur le côté droit
Pour s’éviter de nouveaux regrets, il va falloir être particulièrement attentif aux mécanismes offensifs des Zambiens. Lorsque les protégés de Weedon Nyirenda ont le ballon en phase de construction, ils sont capables d’être patients et de multiplier les passes. Ils se positionnent en nombre très haut dans le camp adverse et tentent d’exploiter la petite profondeur ou la grande, selon la hauteur de la ligne défensive.
Afin de tirer avantage de ces espaces derrière la défense, les Zambiens n’hésitent pas à jouer long pour trouver leurs ailiers qui effectuent un appel en diagonale, de l’extérieur vers l’intérieur de la surface de réparation.

Défensivement, les Chipolopolos sont une équipe hybride, capable de défendre assez haut par séquences mais aussi de mettre le bus devant son but en se recroquevillant devant sa surface de réparation dans un bloc bas. Par exemple, ils ont tendance, sur certaines situations de jeu, à presser haut, comme sur des touches adverses.

Mais leur pressing n’est pas très bien coordonné et ils se retrouvent souvent en difficulté une fois leur première ligne de pression transpercée ou contournée. Pire défense du groupe A, la Zambie est particulièrement vulnérable sur le côté droit de sa défense. Sur les quatre buts encaissés jusqu’à présent, trois ont été construits sur ce flanc et le 4e y a été conclu. Benedict Chepeshi n’est pas étranger à cet état de fait.

Le latéral droit zambien a perdu les cinq duels défensifs qu’il a disputés face à l’Angola et s’est fait systématiquement déborder. Des performances dans la lignée de sa prestation quelques jours plus tôt lors de la défaite initiale de son équipe contre la République démocratique du Congo, où il n’a remporté qu’un seul duel défensif sur quatre.
Mais pour exploiter ces errements défensifs, Youssef Belaamari devra se montrer un peu plus offensif. Car jusqu’à présent, il n’a pas été impactant dans les 30 mètres adverses (un seul centre contre le Kénya). Il est vrai que le sélectionneur lui demande de s’incorporer au milieu de terrain.
Toutefois, pour le match face à la Zambie, son apport au niveau de la ligne d’attaque sera déterminant dans le résultat final. D’autant que les attaquants excentrés marocains ont tendance à s’insérer dans l’entrejeu afin de libérer des espaces sur les ailes. Mohamed Moufid a été plusieurs fois trouvé lors de la dernière rencontre dans cette position.
Mais ses centres n’ont pas toujours trouvé la bonne zone. Si les deux latéraux marocains s’y mettent à tour de rôle, cela apportera davantage de variété aux offensives de l'EN mais aussi de l’incertitude pour la Zambie.
En outre, partant du principe que la défense zambienne risque de défendre le plus souvent assez bas pour reproduire les conditions de la réussite des Kényans, écarter le jeu demeure la meilleure solution pour étirer les lignes et s’ouvrir des espaces. En somme, la victoire du Maroc dépendra de sa capacité à exploiter ces failles, sans avoir trop de déchets aussi bien dans le dernier que l’avant-dernier geste.
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