Gaz de Guercif : ce que révèle Paul Griffiths sur les échecs, les solutions… et un mystérieux nouveau partenaire
Avant fin 2025, Predator Oil & Gas s'est engagé à forer un nouveau puits pour exploiter le gaz biogénique et surmonter les difficultés rencontrées lors du dernier test sur le prospect Mou-3. Une question se pose néanmoins : pourquoi une telle complexité pour extraire le gaz de Guercif ?
Dans une interview accordée à la plateforme Flagstaff, Paul Griffiths, directeur exécutif de la compagnie Predator Oil & Gas, est revenu sur les récents développements de son projet d’exploration de gaz de Guercif pour expliquer les résultats des tests sans plateforme du prospect Mou-3 abritant du gaz biogénique.
S’étendant sur une superficie de 7.269 km², la licence onshore de Guercif se situe au nord du champ de Tendrara et au nord-est des champs gaziers du Gharb. Les ressources prouvées par Predator sont à ce jour du gaz biogénique plus adapté à être commercialisé sous forme de gaz naturel comprimé destiné au secteur industriel, mais qui présente encore des défis techniques pour son exploitation.

Dans sa dernière communication, Predator a annoncé que les programmes de boues et les pratiques de forage ne sont pas optimaux pour permettre une production de gaz en raison de la nature du réservoir géologique.
Malgré l'échec de la coulée de gaz, même avec l'utilisation de gros perforateurs, Griffiths a souligné l'importance des résultats des tests. Il a expliqué que ces résultats ont permis de démontrer les dommages dans la formation, ce qui aidera à déterminer comment les contourner à l'avenir.
"Nous sommes très proches de traverser ces dommages dans la couche A, d’où la décision de laisser le puits en pression (shut-in) pour voir si le gaz peut franchir cette barrière. Globalement, c’est encourageant. Bien sûr, il est décevant de ne pas avoir de flux de gaz dès le premier essai, mais je suis soulagé d’avoir identifié le problème, ce qui ouvre la voie à des solutions", a expliqué Paul Griffiths, directeur exécutif de Predator.
Prochaine étape : forage du puits Mou-6 avant la fin de l’année
La compagnie britannique Predator devrait forer un nouveau puits (Mou-6) avant la fin de l’année 2025. Ce nouveau puits doit dépasser les endommagements de la foration afin de permettre au gaz de s'écouler de manière permanente et sécurisée.
"La prochaine étape est de forer un puits sans ces dommages. Un risque subsiste, mais nous savons, grâce à Mou-3, qu’avec le bon poids de boue, le gaz peut affluer. Le futur puits (jusqu’à 950 mètres) évitera aussi les zones instables qui nécessitent une surpression excessive. Tous les acteurs sur site s’accordent désormais sur ce diagnostic, et nous sommes optimistes, les ressources en gaz sont intactes, comme en 2023", a précisé Griffiths.

"Nous pourrions encore être en mesure de perforer d'autres intervalles maintenant que nous connaissons les dommages de formation, mais la réalité est que nous voulons forer un nouveau puits à 950 mètres, correctement conçu, en le forant aussi près que possible de l'équilibre, en donnant au puits le maximum de chances de faire couler du gaz dans le puits et de le tester", a ajouté le directeur exécutif de Predator.
La compagnie britannique a pris beaucoup de retard dans le développement du gaz naturel comprimé (CNG) à Guercif en raison de difficultés exceptionnelles. Ce contretemps pourrait contrarier son calendrier de développement et production, initialement prévu pour la fin de l'année prochaine.
"Cela a pris beaucoup de temps pour en arriver là, mais je pense qu'il faut comprendre qu'il y a deux raisons à cela. La première est que nous manquions de base de données géologiques ou de base de données de forage à laquelle nous référer pour comprendre ce qui se passait. Et deuxièmement, chaque opération au Maroc prend du temps car les matériaux et équipements doivent être importés…", a déclaré M. Griffiths.
Un nouveau partenaire pour le gaz de Guercif
Afin de rattraper le retard, un nouveau partenaire, dont l'identité n'a pas été révélée, s'est associé à Predator pour le développement de la première phase de Guercif. Sans dévoiler son nom, Griffiths a annoncé que l'accord a déjà été signé et que plusieurs pistes de développement ont été discutées (par exemple des pourparlers pour le stockage du gaz naturel dans les cavités de sel récemment découvertes lors du forage du puits Mou-5).
"Nous avons signé un accord de collaboration avec une partie que je ne peux pas encore annoncer pour le moment… Et cette partie financera le développement de la première phase du développement du gaz", a annoncé Paul Griffiths.
Notons que les ressources de gaz biogénique que Predator veut exploiter en premier sont modestes. Ne dépassant pas 1,7 milliard de mètres cubes, leur volume limité ne les rend pas adaptées à la production d'électricité. Elles sont plutôt destinées à des usages sous forme de gaz naturel comprimé (GNC) pour l'industrie. Sur le plan financier, ils permettent une monétisation rapide sans gros investissement par rapport au gaz thermogénique.
Le forage du puits Mou-5 n’a pas permis de découvrir de gaz naturel thermogénique, bien que son potentiel ait été pré-estimé entre 4,8 et 18 milliards de mètres cubes, un volume suffisant pour produire de l’électricité.
Afin de découvrir des cibles plus prometteuses, Predator devrait annoncer un prochain farm-out au troisième trimestre 2025. Cela permettra de financer, en 2026, un programme de sismique 3D sur la structure de Mou-5, dans le but de localiser l’endroit le plus propice pour un forage plus opportun.
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