Gaz naturel. Predator Oil & Gas débute une nouvelle phase pour développer sa licence Guercif
Convaincue du potentiel gazier de son permis Guercif, la société d'exploration Predator Oil & Gas a dévoilé ses futurs plans au Maroc, après les résultats du forage Mou-5. Bien que ce puits n'ait pas révélé de ressources gazières, Predator maintient son optimisme et prévoit d'exploiter les données actualisées pour identifier les meilleures cibles permettant d'atteindre des accumulations de gaz en quantité et qualité satisfaisantes.
Dans une interview accordée à la plateforme Flagstaff, Paul Griffiths, directeur exécutif de Predator Oil & Gas, a présenté pour la première fois des explications concernant la dernière campagne de forage Mou-5 dans la licence de Guercif, dont les travaux ont été finalisés le 17 mars, ainsi que les futurs développements de ses actifs au Maroc.
D'une superficie de 7.269 km², la licence onshore de Guercif a révélé :
- du gaz biogénique en faible profondeur (certifié), en quantités adaptées à une commercialisation sous forme de GNC (gaz naturel comprimé), avec des ressources contingentes [très modestes] estimées à environ 594 millions de mètres cubes ;
- un potentiel important en gaz thermogénique (plus profond), estimé entre 4,8 et 18 milliards de mètres cubes (probable et non certifié), qui nécessite une liquéfaction et un investissement dans une unité dédiée, ce qui le rend plus adapté à la production d’électricité.

Puits Mou-5 : l'exploration continue malgré des résultats mitigés
Selon Paul Griffiths, le puits Mou-5 a confirmé l’ensemble des concepts géologiques de ce système pétrolier et a pu traverser toutes les couches attendues, avec une présence de sel (structure pouvant piéger des hydrocarbures) qui n'était pas visible sur la sismique 2D et qui a légèrement modifié la position structurale.
Sur la base de ces résultats, Predator a déjà sélectionné un nouveau site de forage à 12 km au nord, parmi ses trois cibles prioritaires. Des études complémentaires (analyse de roche mère, réinterprétation des données sismiques et diagraphiques) seront nécessaires pour finaliser le choix définitif.
Griffiths considère que Predator a suffisamment dérisqué l’actif pour attirer l’intérêt d’un major pétrolier. Conformément aux annonces précédentes, la société prépare un appel à partenariat (farm-out) afin de réaliser une campagne de sismique 3D et un forage plus opportun de la structure jurassique, dont le potentiel géologique [les données préliminaires n'ont pas communiqué la présence du gaz] a été confirmé selon les données du Mou-5 analysées par l'entreprise.
"Je n’aurais pas nécessairement dit cela il y a un an, mais le marché a changé, toute l’industrie a changé. Nous ne pouvons pas continuer indéfiniment à porter seuls ce fardeau, à mener tous les travaux d’exploration et d’évaluation à haut risque qu’on attend normalement d’une grande entreprise. Nous avons fait notre part pour réduire les risques, et la prochaine étape nécessite un partenaire plus important", a précisé Paul Griffiths.
La recherche d'un partenaire devrait débuter en juillet 2025, après l'achèvement du programme de tests sur les réservoirs de gaz biogénique du prospect Mou-3.
Le gaz biogénique, une source potentielle de monétisation pour Predator
Bien que non explicitement annoncé, le scénario d'un forage Mou-5 négatif guide désormais la stratégie de la compagnie. Predator Oil & Gas a choisi de se concentrer sur les gaz peu profonds, adaptés à la production de gaz naturel comprimé (CNG), très demandé par les industriels (exemple de la zone industrielle de Kénitra) ainsi que sur les opportunités liées à l'exploitation de l'hélium.
"Aujourd’hui, nous pouvons nous recentrer sur l’option la plus simple, peut-être moins excitante en termes de volumes de ressources. Nous estimons ce gisement de gaz peu profond à environ 21 milliards de pieds cubes (594 millions de mètres cubes). Dans le contexte actuel, cela représente une valeur non négligeable si nous parvenons à passer au stade de la concession d’exploitation, ce qui pourrait être possible cette année en cas de succès, c’est-à-dire si nous obtenons un écoulement de gaz depuis le puits ; et nous sommes confiants quant à cette possibilité", a expliqué Paul Griffiths.
Le gaz biogénique de Guercif (Mou-3) pose des problèmes techniques d'exploitabilité, liés à la nature minéralogique des réservoirs qui rend difficile l'utilisation des méthodes de forage conventionnelles. Le prospect Mou-3 est actuellement en phase d'expérimentation de solutions pour augmenter la pression de pompage, afin de permettre un éventuel écoulement de gaz sans risque d'éruption.
Si un débit de gaz soutenu est obtenu dans ce prospect Mou-3, la cession d'une participation dans le projet de gaz peu profond à un acteur local est envisagée.
Précédemment, Griffiths a annoncé des pourparlers avec Afriquia Gaz pour un accord de prévente de gaz naturel biogénique et d'hélium. Tandis qu'Afriquia Gaz souhaite acquérir l'intégralité du contenu, Predator préfère vendre à ce stade uniquement le gaz naturel sous forme comprimée du prospect Mou-3.
Le directeur de Predator estime qu’après deux à trois ans de travail – et surtout avec le timing idéal de la Coupe du monde 2030 au Maroc –, une valeur intangible pourra se créer, alors que le marché sous-estime actuellement cette opportunité.
À l’image de SDX qui s’est retirée, Predator Oil & Gas, tout comme Sound Energy – les deux étant cotées à la Bourse de Londres –, envisage de s’introduire à la Bourse de Casablanca, où se concentrent ses activités, désormais proches de la phase de production. La faible protection des petites et moyennes entreprises, la dépréciation des actifs et les problèmes de liquidité figurent parmi les principaux facteurs ayant incité ces entreprises à se tourner vers le marché boursier marocain, annonce Acharq.
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