Malgré la révocation de son permis minier en Guinée, Falcon Energy Materials maintient le cap sur son usine de Tanger
Après une récente décision de l’État guinéen, la compagnie Falcon Energy Materials a vu son permis minier de graphite révoqué, à l’instar d’une centaine d’autres exploitations minières dans le pays. Bien que stratégique pour la maîtrise de la chaîne d'approvisionnement en graphite, ce revers n'affecte pas le développement de la construction de l'usine d'anodes de Tanger qui se poursuit selon le calendrier prévu.
À la suite d'une récente décision de la République de Guinée, les permis de recherche et d'exploitation d'une centaine d'entreprises minières ont été révoqués par le ministère des Mines guinéen, concernant principalement des exploitations aurifères. L'arrêté ministériel portant cette décision du gouvernement guinéen a été lu et diffusé à la télévision nationale, le samedi 18 mai 2025, par le ministre de la Communication, Fana Soumah, qui a énuméré les permis des entreprises devant être retirés et retournés gratuitement à l'État.
Parmi les permis révoqués figure celui de la compagnie Falcon Energy Materials qui a exprimé, dans un communiqué, sa dénonciation à la suite du retrait du permis minier du projet de mine de graphite Lola, situé au sud de la Guinée, près des frontières avec le Liberia et la Côte d'Ivoire.
Selon des informations obtenues par Médias24, ce litige ne devrait pas influencer le développement du projet d’usine d’anodes à Tanger, qui avance à plein régime. L'entreprise dispose déjà d'autres sources d'approvisionnement en graphite. Cependant, la priorité actuelle de Falcon est de résoudre le litige qui va à l’encontre de la législation minière guinéenne et, plus particulièrement, de l’accord précédemment conclu avec le ministère des Mines. Actuellement, Falcon évalue ses options en Guinée.
D’après son communiqué, l’entreprise basée à Abu Dhabi compte mobiliser tous les recours juridiques possibles, en Guinée comme à l’international, afin de protéger ses droits et ses investissements.
En effet, depuis 2012, Falcon Energy Materials (anciennement SRG Mining) a développé les ressources du projet Lola, depuis la découverte des premiers indices jusqu’à la réalisation d’une étude de faisabilité évaluant la viabilité économique du gisement. Présentant des retombées économiques directes pour la Guinée, le projet de la mine de Lola permettra d'atteindre une capacité de production annuelle de 2,5 millions de tonnes sur une durée de vie initiale de 25 ans. Ce projet nécessitera un investissement total de 185 millions de dollars américains, avec un retour sur investissement attendu au bout de 3,9 années.

Au Maroc, le projet est sur de bons rails. L'entreprise a conclu des partenariats stratégiques avec Hensen pour la construction d'une usine de production de graphite sphérique purifié et enrobé, et avec Shanshan pour la commercialisation du graphite produit à Tanger.
D'ici la fin du premier semestre, Falcon et Hensen doivent lancer la construction d'une usine pilote d'une capacité journalière d'environ 100 kg de graphite sphérique purifié et enrobé. Cette phase préliminaire précédera la construction de l'usine principale qui devrait être opérationnelle dès le début de l'année 2027.

À terme, le projet vise une production annuelle de 26.000 tonnes de graphite sphérique purifié et enrobé, 18.000 tonnes de particules fines recyclables de l’usine de Tanger, et 42.000 tonnes de flocons grossiers extraits de la mine guinéenne de Lola.
Rappelons que le projet Falcon est une initiative de la société canadienne SRG Mining et bénéficie du soutien stratégique et financier de La Mancha Resources, détenue à 19,9% par Naguib Sawiris. Les prévisions financières du projet de Tanger estiment sa rentabilité future à 1,1 milliard de dollars (avec un taux d'actualisation de 8%), ce qui démontre sa viabilité économique en plus de son importance pour le futur écosystème industriel de batteries, en cours de développement.
À découvrir
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Les éclairages de Mohamed Ouahbi
Un brin fataliste puis agacé par la tournure que prenait la conférence de presse organisée ce mardi 14 juillet au Complexe Mohammed VI de Salé, Mohamed Ouahbi a tenté d’apporter sa version des faits à des questions auxquelles il n’avait pas toujours les réponses. Mais le sélectionneur a tout de même affiché une foi inébranlable en l’avenir après l’élimination en quart du Mondial 2026.
Article : Pour responsabiliser les livreurs, Glovo va numéroter ses sacs
Dès le second semestre 2026, 10.000 équipements dotés d’un identifiant visible seront progressivement déployés au Maroc.
Article : Al Haouz : un avion militaire léger s'écrase après une panne moteur, le pilote indemne
L'ancien pilote de Mirage F1, qui était aux commandes de l’appareil, a été contraint de tenter un atterrissage d’urgence dans un douar proche de Marrakech.
Article : Après les crues de 2026, un barrage à 1,145 milliard de DH pour protéger Ksar El Kébir
Implanté sur l’oued Loukkos, en amont d’Oued El Makhazine, le futur ouvrage pourra retenir jusqu’à 400 millions de m³ et devrait entrer en service à l’horizon 2030.
Article : La station de dessalement de Casablanca sera opérationnelle en février 2027, annonce Nizar Baraka
D’une capacité initiale de 200 millions de mètres cubes par an, portée ensuite à 300 Mm³, l’infrastructure doit renforcer la sécurité hydrique du Grand Casablanca.
Article : Reprise de la guerre au Moyen-Orient : quel impact pour le Maroc ?
Le répit aura été bref. Moins d’un mois après l’accord entre Washington et Téhéran, les frappes ont repris et le Brent a bondi de 77 à 87 dollars en vingt-quatre heures. Pour un pays qui importe près de 90% de ses besoins énergétiques, l’enjeu dépasse largement le prix à la pompe. Transport, industrie, inflation et budget de l’État pourraient rapidement subir le contrecoup d’un conflit qui menace aussi les routes maritimes.