Entrepreneuriat. “À 5 ans, j’étais au souk avec mon père. À 8 ans, je pensais à monter mon propre business” (Noureddine Zine)
Lors du Carrefour de la TPME, organisé par la CGEM, et durant la séquence dédiée aux témoignages d’entrepreneurs, Noureddine Zine, fondateur et président de Zine Capital Invest, a partagé son expérience de création d’entreprise à partir de ressources limitées, en soulignant les étapes qui ont permis à son groupe de devenir un acteur majeur du secteur agroalimentaire.
Plongé très jeune dans l’univers du commerce informel, Noureddine Zine garde de ses premières années une relation intuitive avec l’entrepreneuriat.
"Depuis l'âge de 5 ans, j’allais au souk avec mon père, mais je n’allais à l’école que deux fois par semaine. Quand j’ai eu 8 ans, je me suis mis à penser à monter un business personnel. J’ai alors commencé à acheter et à revendre de petits articles", raconte-t-il.
À seulement 9 ans, Noureddine Zine a pris une décision rare pour un enfant de son âge : quitter El Jadida, sa ville natale, et tenter sa chance, seul, à Casablanca.
"Un jour, quand j’avais 9 ans, j’ai dit à mon père que nous étions vingt frères et sœurs, que les conditions étaient défavorables, et je lui ai demandé de me permettre de partir à Casablanca pour chercher une opportunité. J’y suis arrivé et j’ai loué une chambre à 60 DH par mois. Petit à petit, j’ai accédé au marché de gros, où j’achetais et je distribuais aux vendeurs de détail. Comme ça, je pouvais dégager un profit de 20 à 25 DH, parfois 30 DH par jour, ce qui était un montant respectable à l’époque", explique-t-il.
"Après m’être fait un nom au Garage Allal et avoir gagné le respect des grands commerçants, notamment grâce à mon sérieux, ils ont commencé à me faire des facilités. Cela m’a permis d’avancer rapidement dans le monde du business".
Cosumar, le tournant
À la fin des années 1980, Noureddine Zine entre dans un circuit bien particulier : celui des bons d’achat de sucre, délivrés sous agrément.
"Les gens qui avaient un agrément pouvaient acheter les bons Cosumar et les revendre. Chaque opération permettait de dégager un profit de 100 à 150 DH. J’ai fait mon entrée dans ce marché, et nous étions au total 23 personnes à exercer cette activité. Petit à petit, je suis devenu le plus important parmi ces 23 commerçants", confie-t-il.
"Dans les années 1990, le chiffre d’affaires tournait autour de 2 milliards de DH, mais ce business dépendait des personnes disposant de l’agrément. Je me suis alors rendu compte que cette activité autour de Cosumar était limitée, et qu’un jour elle disparaîtrait. J’ai donc commencé à réfléchir à un business personnel dans le domaine de la distribution. J’ai acheté un premier camion, puis un deuxième, puis un troisième. En 2001, j’ai commencé à travailler avec Lesieur et d’autres marques. Cependant, la distribution s’est elle aussi révélée limitée, et c’est là que j’ai commencé à penser à l’industrie".
Le passage à l’industrie
En rachetant une marque qu’il distribuait, Noureddine Zine amorce une montée en puissance industrielle, dans un secteur encore peu structuré à l’époque.
"En 2008, j’ai fait mon premier pas dans la minoterie. Avant cela, je faisais la distribution de la marque Tria, que j’ai fini par racheter. Actuellement, je fais l’écrasement de plus de 2.000 tonnes par jour. Aujourd’hui, je suis le deuxième producteur de couscous au Maroc, et le premier pour les pâtes. Nous faisons également de la biscuiterie, du snacking, des cornflakes, des chips, etc.".
Selon Noureddine Zine, c’est à travers son activité de distribution qu’il repère l’opportunité d’acquérir une entreprise à fort potentiel : Savola.
"En 2022, je faisais la distribution de l'huile pour des associations émiraties qui mènent des actions caritatives pendant le mois de Ramadan. Lors d’une de nos rotations, il s’est avéré que Savola n’avait pas de stock. J’ai appelé sur place son directeur, et je lui ai demandé de me vendre la société. C’est ce qui a été fait. À l’époque, Savola vendait 3.000 tonnes. Aujourd’hui, je l’ai portée à 10.000 tonnes".
Le fondateur du groupe Zine Capital Invest résume le secret de sa réussite en un seul mot : l’optimisme.
"Quand je me réveille, je suis toujours optimiste. Je crois que la journée va être pleine de succès, et je ne pense jamais de manière pessimiste".
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