Face aux réalités du terrain, la Banque alimentaire veut ajuster son intervention dans les Dars Taliba
La Banque alimentaire a récemment réuni à Casablanca les représentantes de 66 Dars Taliba pour une journée d’échange. Objectif : ajuster ses actions aux besoins concrets des jeunes filles du monde rural et poser les bases d’un accompagnement durable.
La Banque alimentaire a organisé une journée d’échange avec les responsables des Dars Taliba, ces maisons qui accueillent des jeunes filles scolarisées issues du milieu rural. Une rencontre que Mouna Medkouri, vice-présidente de l’institution, qualifie de "jour important" pour évaluer les besoins du terrain et ajuster les actions menées.
"Aujourd'hui est un jour important car nous avons réuni la majorité des responsables des Dars Taliba. L'objectif était d'écouter leurs doléances, de leur présenter nos activités", a-t-elle déclaré au micro de Médias24 à l'issue de la rencontre. "Nous souhaitions qu'elles nous fassent part de leurs difficultés et de leurs besoins réels, afin de renforcer notre synergie".
L’enjeu, selon Mme Medkouri, est de mieux aligner les actions de la Banque alimentaire avec les attentes concrètes des établissements : "Qu’il s’agisse de denrées alimentaires, d’accompagnement scolaire ou de soutien psychologique individuel, nous devons nous adapter aux réalités de terrain".
Parmi les préoccupations soulevées, la vice-présidente évoque une problématique majeure : l'absence de couverture sociale pour le personnel des Dars Taliba. "J'étais à une table où ont été soulevées des questions importantes, notamment concernant l'administration et la problématique de la couverture sociale", a-t-elle rapporté. "Beaucoup de travailleuses n'ont pas les moyens de cotiser à la CNSS, car leur salaire est insuffisant".
Face à cette situation, une piste de travail est envisagée : "Nous envisageons d'ouvrir un dialogue avec la CNSS pour explorer des solutions, comme une couverture pour les accidents du travail ou une meilleure prise en charge médicale et sociale".
Cette journée a permis, selon Mouna Medkouri, de poser les bases d’un dialogue durable. "Elle nous a permis d'aborder ces sujets essentiels et de favoriser les échanges nécessaires pour identifier les solutions les plus adaptées à leurs besoins quotidiens".
"Aujourd'hui, nous organisons une journée nationale pour laquelle nous avons invité les représentantes des 66 Dars Taliba conventionnées avec la Banque Alimentaire", a déclaré Amane Fethallah, présidente de l’institution. "Ces structures bénéficient, dans le cadre de notre convention, de denrées alimentaires couvrant les besoins des élèves scolarisées en milieu rural qui y résident".
L’enjeu de cette rencontre dépasse le cadre de l’aide matérielle. "Le but de cette rencontre n'est pas seulement de présenter l'aide que nous fournissons ou de dresser un bilan chiffré des volumes distribués. Il s'agit avant tout de créer un espace d'échange", précise Mme Fethallah au micro de Médias24.
Cet espace d’échange permet aux gestionnaires des Dars Taliba de partager leurs expériences, mais aussi de revoir le cadre réglementaire dans lequel elles opèrent. "C'est aussi l'occasion d'aborder les articles et les lois régissant la gestion des Dars Taliba et de rappeler l'importance de la transparence, de la bonne gouvernance, de la salubrité des lieux ainsi que du soin à apporter à ces jeunes filles qui leur sont confiées par leurs familles."
Un projet à impact social profond
Au-delà de l’aspect logistique, l’initiative portée par la Banque alimentaire repose sur une vision sociale forte. "Comme vous le savez, la Banque alimentaire souhaite que l'aide alimentaire devienne un levier pour lutter contre l'exclusion sociale, l'abandon scolaire et le mariage précoce", affirme sa présidente.
Cette vision est résolument tournée vers l’émancipation et l’autonomie des jeunes bénéficiaires. "C'est aussi un moyen de renforcer les compétences et les capacités de ces jeunes filles, afin qu'elles puissent réussir leur parcours scolaire, poursuivre leurs études après la Dar Taliba et accéder à l'enseignement supérieur", insiste-t-elle.
Pour Amane Fethallah, l’objectif ultime est de permettre à ces jeunes filles "de devenir des citoyennes à part entière, capables d'occuper divers postes au sein des institutions et établissements marocains".
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