img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Salon “Morocco Fashion Style & Tex” : l’AMITH alerte contre une opération qui menace l’industrie marocaine

À quelques semaines de l’ouverture du salon "Morocco Fashion & Tex", prévu du 28 au 31 mai à Casablanca, l’inquiétude monte dans les rangs de l’industrie textile marocaine. L’AMITH, accompagnée de plusieurs professionnels du secteur, dénonce une opération jugée trompeuse et dangereuse pour la souveraineté industrielle nationale. Détails.

Salon “Morocco Fashion Style & Tex” : l’AMITH alerte contre une opération qui menace l’industrie marocaine
Par
Le 12 mai 2025 à 16h38 | Modifié 12 mai 2025 à 17h21

Dans une lettre adressée depuis la mi-avril au président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Casablanca-Settat (CCISCS), l’AMITH avait déjà tiré la sonnette d’alarme, demandant la suspension du soutien institutionnel apporté à ce salon. Mais à deux semaines de son ouverture, aucune réponse officielle ne semble avoir été apportée, poussant l’Association marocaine des industries du textile et de l'habillement (AMITH) à renouveler ses alertes et à appeler les autorités compétentes à intervenir de manière urgente.

La lettre adressée par le président de l’AMITH, Anass El Ansari, au président de la CCISCS, évoque sans détour les risques d’un tel événement : instrumentalisation de la marque Made in Morocco, manque de transparence sur l’origine réelle des produits et affaiblissement potentiel de la filière textile marocaine. L’AMITH demande ainsi la suspension immédiate de tout soutien opérationnel ou institutionnel à ce salon tant que ses objectifs ne sont pas clarifiés et que des garanties strictes sur l’étiquetage, la traçabilité et la conformité réglementaire ne sont pas fournies. Une copie de ce courrier a également été transmise au ministre de l’Industrie et du commerce, Ryad Mezzour.

Un salon sous drapeau étranger : confusion autour du Made in Morocco

Selon le président de l’AMITH, l’événement, bien qu'intitulé "Morocco Fashion Style & Tex", est organisé par des opérateurs étrangers, notamment turcs et égyptiens, avec une majorité d’exposants issus de ces deux pays.

"Si le salon est présenté comme une vitrine professionnelle du secteur textile, les acteurs marocains dénoncent l’usage trompeur de l’image du Maroc, notamment à travers l’emploi du label Made in Morocco dans la communication de l’événement. Pour les industriels marocains, cette confusion s’apparente à une véritable usurpation de l’identité industrielle nationale, portant atteinte à la crédibilité des producteurs locaux et à l’ensemble des efforts menés depuis plusieurs années pour structurer et promouvoir un tissu productif compétitif à forte valeur ajoutée locale. Sachant que la vraie vitrine de l’industrie textile marocaine est le salon MIM organisé par l’AMITH sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi", explique Anass El Ansari.

Dans le même élan, une pétition signée par un collectif de professionnels du textile marocain a été adressée au président de l’AMITH. Les signataires y expriment une "inquiétude profonde" et une "opposition ferme à l’organisation du salon dans sa forme actuelle. Selon eux, au-delà de la confusion volontairement entretenue autour de l’origine des produits, l’événement favorise clairement l’importation de produits textiles finis, souvent à très bas prix, parfois issus de pratiques commerciales déloyales telles que le dumping ou le non-respect des normes sociales et environnementales.

Les industriels soulignent que ce type de salons met directement en danger des milliers d’emplois locaux, dans un contexte économique mondial déjà difficile, et constitue une entrave flagrante aux efforts de souveraineté industrielle menés par le Royaume.

Le malaise est d’autant plus grand que le salon est organisé avec le soutien implicite de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Casablanca, à travers son président Hassan Berkani.

Selon Anass El Ansari, ce dernier a donné son appui à la tenue de deux éditions annuelles de foires commerciales favorisant la présence de produits étrangers sur le marché marocain.

"Il nous a été donné de constater que Monsieur Hassan Berkani, Président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de Casablanca, apporte son soutien à l’organisation de deux éditions annuelles de foires commerciales à Casablanca, visant à promouvoir exclusivement des produits en provenance d’Égypte et de Turquie. Cette démarche, si elle se poursuit sans encadrement, risque de créer une situation de concurrence déloyale, en facilitant l’inondation du marché local par des produits importés, souvent à bas coût, ce qui pourrait gravement fragiliser nos industriels et aller à l’encontre des orientations stratégiques de l’État en matière de souveraineté industrielle et de valorisation des productions locales", indique-t-il.Aucun pays ne tolérerait qu’un tel événement se tienne sur son propre territoireLa colère des professionnels s’exprime aussi à travers des comparaisons directes avec les pratiques d’autres pays. "Aucun pays sérieux – qu’il s’agisse de la Turquie, de l’Égypte, de la Chine ou de l’Inde – n’autoriserait sur son territoire un événement international servant uniquement à promouvoir l’importation au détriment de sa propre industrie. Pourquoi cela devrait-il être toléré au Maroc ?", lit-on dans la pétition.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 12 mai 2025 à 16h38

à lire aussi

Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice
BUSINESS

Article : Intelcia : Karim Bernoussi et ses partenaires reprennent 100% du capital, sortie d’Altice

Le 28 avril, les deux cofondateurs du groupe, Karim Bernoussi et Youssef El Oufir, doivent finaliser le rachat des 65% du capital détenus par le groupe Altice, dont ils n'avaient conservé que 35% lors de l'entrée du partenaire français en 2016. Une opération qui redonne à ce fleuron de l'économie marocaine sa pleine liberté de manœuvre, au moment précis où son secteur est traversé par la déferlante de l'intelligence artificielle. Karim Bernoussi, PDG du groupe, était l'invité du 12/13 de Médias24.

L’Oukaïmeden,  station d’hiver et espace culte de transhumance
SOCIETE

Article : L’Oukaïmeden,  station d’hiver et espace culte de transhumance

Alors que l’Oukaïmeden est appelé à devenir une station touristique quatre saisons à l’horizon 2027, l’anthropologue Mohamed Mahdi rappelle que ce territoire ne peut être réduit à un site de loisirs. Agdal pastoral, espace de transhumance, réservoir de biodiversité et patrimoine culturel amazigh, l’Oukaïmeden impose une approche de développement intégrée, capable de concilier tourisme, pastoralisme et préservation des équilibres sociaux et écologiques.

La météo pour le lundi 27 avril 2026
Les prévisions quotidiennes

Article : La météo pour le lundi 27 avril 2026

Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 27 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie.

Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar
Architecture et urbanisme

Article : Plan d’aménagement de Marchica : un nouveau souffle socio-économique pour Nador et Beni Ensar

L'aménagement de la lagune de Marchica s’apprête à un nouveau chapitre. Au-delà des avancées de la première phase, il dessine une nouvelle transformation urbaine et touristique d'ampleur, de Nador à Beni Ensar, jusqu'au village d'Arkman. L’enquête publique s’est achevée vendredi.

Animation : Swinga relance sa série sur le Maroc et l'Algérie, dans les coulisses d’un retour très attendu
CULTURE

Article : Animation : Swinga relance sa série sur le Maroc et l'Algérie, dans les coulisses d’un retour très attendu

Trois ans après son premier succès, la série Maroc-Algérie d’Aji-Tfham repart avec un nouvel épisode. Un projet à 1,5 million de dirhams, financé en partie par le public et porté par une équipe en reconstruction. Détails.

Maroc-Espagne. Sebta, Mélilia et la fiction d’un front maroco-américain pour la récupération des présides
DIPLOMATIE

Article : Maroc-Espagne. Sebta, Mélilia et la fiction d’un front maroco-américain pour la récupération des présides

Sur fond de tensions inédites entre Madrid et Washington autour de l’usage des bases militaires espagnoles dans la guerre contre l’Iran, une partie du débat public espagnol voit ressurgir le spectre d’une récupération de Sebta et Mélilia par le Maroc avec un appui américain. Une hypothèse nourrie par certaines prises de position et amplifiée médiatiquement, mais qui, à ce stade, relève davantage du fantasme que d’une dynamique diplomatique réelle.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité