Matières premières. Le pétrole chute de plus de 15% en quatre jours, l’or renoue avec la hausse
Après un week-end où les marchés financiers semblaient reprendre leur souffle, les prix des principales matières premières ouvrent cette semaine sur un net recul, révélateur d’un repositionnement profond des anticipations économiques globales. Détails.
Le marché pétrolier traverse actuellement une phase de correction violente, révélatrice d’un ajustement brutal des anticipations globales. Sur le marché spot, le WTI a cédé près de 13,7 %, passant de 69,10 dollars à 59,62 dollars. Quant au Brent, il a reculé de 15% sur la même période.
Sur le plan de l’offre, l’annonce inattendue d’un relèvement de la production par plusieurs membres de l’OPEP+ a déstabilisé les anticipations de rééquilibrage, renvoyant le marché à un scénario d’excès d’offre. Mais c’est surtout du côté de la demande que le choc semble plus profond.Sur la seule séance du 4 avril, les contrats Brent ont atteint près d’un million de lots échangés.La résurgence des tensions commerciales initiées par l’administration Trump a ravivé les craintes d’un ralentissement coordonné de la croissance mondiale.
La combinaison de ces deux forces alimente un stress asymétrique sur les prix, aggravé par des volumes d’échanges qui témoignent d’une volatilité renforcée : sur la seule séance du 4 avril, les contrats Brent ont atteint près d’un million de lots échangés.
Des prix spot supérieurs aux contrats à terme
Entre le 2 et le 7 avril 2025, les prix des contrats à terme sur le Brent pour livraison en juin ont plongé de 74,95 dollars à 63,34 dollars, soit une baisse cumulée de 15,5% en seulement quatre séances. Cette tendance est confirmée par la dynamique du WTI (West Texas Intermediate), dont le contrat de mai est passé de 71,71 à 59,83 dollars sur la même période, enregistrant un repli de 16,6%.
Il est à noter que les cours des contrats à terme sont désormais inférieurs aux prix du marché spot. Cette configuration, connue sous le nom de backwardation, est peu fréquente dans un contexte de marché haussier. En effet, dans ce dernier, les prix à terme intègrent généralement une prime de stockage, ainsi que des anticipations de hausse liées à l’évolution future de la demande ou aux risques d’approvisionnement. Ici, c’est l’inverse qui se produit : les contrats Brent et WTI à échéance courte se négocient en deçà de leurs équivalents spot, indiquant une courbe des prix inversée.
Ces baisses synchronisées, tant en futures qu’en spot, traduisent un mouvement de sortie massif des positions longues sur les matières premières énergétiques, alimenté par un double choc fondamental.
L’or rebondit et renoue avec sa fonction défensive
Face à ce climat d’incertitude généralisée, l’or continue de jouer son rôle traditionnel de valeur refuge, mais non sans paradoxes. Alors que les tensions sur les marchés boursiers et pétroliers s’intensifient, le métal jaune a connu une séquence baissière inattendue sur plusieurs séances consécutives. Entre le 2 et le 6 avril 2025, le prix spot de l’once a enregistré une perte cumulée de près de 133,7 dollars, soit une baisse de -4,27% en quatre jours. Cette évolution défie l’intuition classique selon laquelle l’or s’apprécie dans les périodes de stress financier.
Cependant, la séance du 7 avril marque un tournant. L’or ouvre à 3.025,93 dollars l’once, enregistrant une hausse de +0,87% en une journée, soit un gain de 26 dollars par rapport à la veille. Ce mouvement haussier suggère un retour progressif du flux vers les actifs refuges, porté par une aversion au risque qui reste élevée. Le prix spot en temps réel se situe autour de 3.031,66 dollars, confirmant une orientation à la hausse en ouverture de semaine.
Ce rebond reste fragile et s’inscrit dans un marché qui demeure volatil, suspendu aux annonces de politique monétaire, aux chiffres macroéconomiques attendus (emploi, anticipations des chefs d'entreprises, prix à la production, etc.).
Charbon, gaz naturel, blé : stabilisation fragile sur des marchés sans direction claire
À l’ouverture du 7 avril, les cours de plusieurs matières premières dites "non stratégiques" affichaient une stabilisation après une séquence de repli, sans véritable impulsion directionnelle.
Le charbon thermique s’échangeait à 98 $/tonne, en hausse de +1,03% sur la séance, après une baisse cumulée de -3,96% entre le 2 et le 4 avril. Le marché corrige un excès de baisse, mais reste sous pression, avec un prix spot à peine au-dessus du plancher annuel (94 $). Mais il est à noter que la demande asiatique reste stable.
Le gaz naturel, quant à lui, enregistre une correction marquée. Le contrat pour livraison en mai ouvre à 3,734 $/MMBtu*, en recul de -7,9% sur cinq séances. Après un rebond technique en début de mois (4,7 % cumulé les 2 et 3 avril), la tendance s’est inversée brutalement dès le 4 avril (-7,27 %), sous l’effet de températures modérées et d’une offre excédentaire en Amérique du Nord. Les prix spot restent bas, sans soutien fondamental immédiat.
Du côté du blé américain, le contrat de mai s’échange à 529,10 $/boisseau à l’ouverture du 7 avril, en légère hausse de +0,02%, mais en baisse cumulée de -1,88% depuis le 2 avril. Le marché évolue dans un couloir étroit, sans catalyseur.
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* : MMBtu : Million British Thermal Units.
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