img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
DROIT

Malgré le relèvement des seuils de notification, le nombre des concentrations économiques reste important

Mesure phare de la dernière refonte de la loi relative à la liberté des prix et de la concurrence, l'augmentation des seuils de notifications des opérations de concentration devait permettre une diminution considérable des dossiers soumis au Conseil de la concurrence. Qu'en est-il dans la pratique ?

Conseil de la concurrence & : Accord sur les entreprises publiques
Siège du Conseil de la concurrence à Rabat.
Par
Le 18 février 2025 à 15h42 | Modifié 18 février 2025 à 16h59

Au Maroc, le rythme des concentrations économiques reste soutenu en dépit du relèvement des seuils de notification par le régulateur.

"Nous nous attendions à une baisse à la suite de la modification de ces seuils. Cette baisse a eu lieu, mais pas de l’ampleur qu’on attendait. Nous avons reçu près de 160 dossiers en 2024, alors qu’on s’attendait à un chiffre avoisinant les 120 ou 130. Cela montre toute la dynamique de l’économie marocaine", a révélé Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, qui s’exprimait ce mardi 18 février lors de la rencontre annuelle avec les médias.

Il s’agit d’un bilan préliminaire des concentrations, en attendant les détails contenus dans le rapport d’activité du Conseil. Les chiffres communiqués correspondent à la première année de plein exercice après l’entrée en vigueur de la version modifiée de la loi relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Le texte amendé avait relevé les seuils des concentrations soumises à l’obligation de notification. Ces seuils concernent précisément, et selon les cas, le chiffre d’affaires mondial (1,2 milliard de DH contre 750 millions de DH dans l’ancienne version) ou le chiffre d’affaires total réalisé au Maroc (400 millions de DH contre 250 millions de DH dans la version amendée) par l’ensemble des entreprises ou groupes de personnes physiques ou morales parties à l’opération.

Ces augmentations devaient permettre un filtrage des dossiers soumis au régulateur, pour cantonner le contrôle aux rapprochements de grande ampleur. L’objectif est d’alléger la charge des services du Conseil, tout en limitant l’intervention aux seules opérations qui peuvent avoir un impact concurrentiel sur un marché donné.

L’examen ex ante des concentrations profite d’abord au marché, en prévenant la constitution de positions anormalement dominantes. Mais ce régime bénéficie également aux parties notifiantes, en leur évitant de s’engager dans une opération hasardeuse, avec le risque qu’elle soit annulée, voire sanctionnée. "En matière de création d’entreprises et de fusions-acquisitions, les opérations sont complexes et, arrivées à un certain point, elles deviennent irréversibles", explique Ahmed Rahhou.

L’intervention du Conseil consiste ainsi "à dire que si une opération ne doit pas se faire pour une raison quelconque, il vaut mieux le savoir en amont pour éviter que des frais, des échanges d’informations ou des efforts soient fournis sans la possibilité de faire marche arrière", ajoute le président.

Sur les 160 dossiers traités, le pourcentage des projets validés n’a pas été dévoilé. L’analyse des années précédentes démontre que la majorité des opérations ont été autorisées. Une grande partie reçoit l’aval du Conseil dans le délai légal de soixante jours. Dans certains cas, les services peuvent engager une procédure accélérée avec des délais compressés (fast track).

En revanche, les délais s’allongent lorsque des "doutes sérieux d’atteinte à la concurrence" pèsent sur une opération. Dans ce cas, le régulateur engage un examen approfondi (phase 2), qui débouche souvent sur une autorisation couplée au respect, par les parties, d’un certain nombre d’engagements structurels et comportementaux.

Au Maroc, la prise de contrôle de Sanlam Maroc et d'Allianz Maroc par Sanlam Allianz Africa est un exemple actuel et emblématique de ces opérations qui ont reçu une validation sous conditions. Dans ce cas, le Conseil a imposé un hold separate entre les parties, tout en les engageant à amorcer des plans de cession de leurs actifs au Maroc. Ce plan a été récemment validé. Sa mise en exécution devra être finalisée d'ici le 31 décembre 2025.

La fusion entre Veolia et Suez est un exemple analogue dans le traitement, mais avec une issue différente. Notifiée en 2021, l'opération a été autorisée à la condition, pour Veolia, de céder Lydec (ancienne filiale de Suez). N'ayant pas "pu" respecter cet engagement, Veolia a été ultérieurement sanctionnée par une amende de 100 MDH.

Les deux derniers cas ont fait l’objet de publications régulières par le régulateur, permettant au public un suivi de leur évolution. Il n’en est pas de même pour la concentration entre Uber et Careem, deux acteurs du marché des VTC. Notifié en 2019 au Maroc, ce projet avait fait l’objet d’une enquête approfondie, mais est resté bloqué depuis, faute de décision définitive.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 18 février 2025 à 15h42

à lire aussi

Maroc-France: “Paris va rattraper le temps perdu au Sahara” (source autorisée)
NATION

Article : Maroc-France: “Paris va rattraper le temps perdu au Sahara” (source autorisée)

Réunis à Rabat lors de la seconde conférence ministérielle sur le maintien de la paix dans l’espace francophone, le Maroc et la France ont affiché une convergence stratégique sans précédent. A l’issue de cette rencontre, le ministre français des Affaires étrangères a annoncé le renforcement de la présence française au Sahara tandis qu’une source autorisée du Quai d’Orsay est allé plus loin en évoquant "un véritable rattrapage" français dans les provinces du Sud.

Disty Technologies. “Même sans augmentation de capital, nous sommes en mesure de doubler notre chiffre d'affaires” (Younes El Himdy)
Actus

Article : Disty Technologies. “Même sans augmentation de capital, nous sommes en mesure de doubler notre chiffre d'affaires” (Younes El Himdy)

Disty Technologies a réuni analystes et investisseurs ce mercredi 20 mai à la Bourse de Casablanca pour revenir sur les quatre années écoulées depuis son introduction en bourse. L’occasion pour Younes El Himdy de mettre en avant l’évolution du groupe, son positionnement dans la distribution IT au Maroc et sa confiance pour la suite.

À Rabat, le Maroc et la France plaident pour une réforme des opérations de paix
DIPLOMATIE

Article : À Rabat, le Maroc et la France plaident pour une réforme des opérations de paix

Réunie le mercredi 20 mai 2026, la deuxième Conférence ministérielle sur le maintien de la paix en environnement francophone a mis en avant la nécessité de mandats plus réalistes, de moyens mieux adaptés aux nouvelles menaces et d’une plus forte coordination entre pays francophones. Nasser Bourita y a rappelé l’expérience marocaine, forte de plus de 100.000 Casques bleus mobilisés depuis 1960, tandis que Jean-Noël Barrot et Antonio Guterres ont insisté sur l’urgence d’un modèle plus agile, face aux conflits armés, aux drones et à la désinformation.

Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 20 mai
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 20 mai

La Bourse de Casablanca a terminé la séance du 20 mai 2026 en baisse, dans un marché marqué par le recul de plusieurs grandes capitalisations, notamment bancaires et industrielles. Le MASI est resté sous pression, malgré quelques rebonds isolés sur certaines valeurs.

Énergies renouvelables : 22 milliards de DH pour une capacité de 3 gigawatts au 1er trimestre de 2026
Energie

Article : Énergies renouvelables : 22 milliards de DH pour une capacité de 3 gigawatts au 1er trimestre de 2026

La capacité additionnelle réalisée en énergies renouvelables a atteint 1.733 mégawatts, portant la capacité installée totale à 12,2 gigawatts en 2025, avec une part des énergies renouvelables dans l’offre électrique nationale passée de 37% en 2021 à 46% en 2025.

Aïd al-Adha. Dans les marchés à ovins de Casablanca, la moitié de l’offre déjà écoulée
AGRICULTURE

Article : Aïd al-Adha. Dans les marchés à ovins de Casablanca, la moitié de l’offre déjà écoulée

Ce mercredi 20 mai 2026, à quelques jours de l'Aïd, les prix des moutons oscillent entre 3.000 DH et plus de 8.000 DH pour certains Sardi. Aux écuries des anciens abattoirs de Casablanca, vendeurs et éleveurs évoquent une demande soutenue malgré des budgets sous pression.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité