img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
DROIT

Roundup. Affaire Ouahbi vs El Mahdaoui : ce qu’il faut savoir

C’est la deuxième fois que le ministre de la Justice porte plainte pour diffamation et obtient gain de cause. Cette fois, c’est contre Hamid El Mahdaoui qui n’en est pas à sa première affaire en justice, ni à sa première condamnation.

Roundup. Affaire Ouahbi vs El Mahdaoui : ce qu’il faut savoir
Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, et le journaliste Hamid El Mahdaoui.
Par
Le 13 novembre 2024 à 16h46 | Modifié 13 novembre 2024 à 17h58

Après avoir obtenu gain de cause contre le youtubeur Reda Taoujni, tant en premier qu’en second ressort, Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, semble ne pas lâcher l’affaire lorsqu’il s’estime atteint par des propos diffamatoires.

C’est ainsi que le journaliste Hamid El Mahdaoui, également visé par une plainte pour diffamation, a été condamné par le tribunal de première instance de Rabat, le 11 novembre, à dix-huit mois de prison ferme assortis de 1,5 MDH de dommages-intérêts.

Poursuivi sur la base des articles 443, 444 du Code pénal comme l’indique le site d’information “Badil”, dirigé par le prévenu, Hamid El Mahdaoui n’a pas réussi, via sa défense, à faire infléchir la juridiction de première instance de la capitale.

L’exception de prescription

Il convient de préciser que le premier article vient définir “l’injure”, tandis que le second renvoie au Code de la presse pour la sanction attribuée à l’auteur de la diffamation ou de l’injure publique.

Selon l’article 83 du Code de la presse, “est punie, la publication directe ou par voie de reproduction de la diffamation ou de l'injure, même si ladite publication est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l'identification est rendue possible par les termes de discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés ainsi que des contenus publiés, reproduits ou radiodiffusés”.

L’article 84, quant à lui, dispose qu’“est punie d'une amende de 100.000 à 200.000 dirhams la diffamation commise par l'un des moyens énoncés à l'article 72, envers les cours, les tribunaux, les armées de terre, de mer ou de l'air, les corps constitués ou organisés ou les administrations publiques du Maroc ou envers un ou plusieurs ministres, à raison de leur fonction ou de leur qualité, ou envers un fonctionnaire, un agent dépositaire ou auxiliaire agent de l'autorité publique, toute personne chargée d'un service ou d'un mandat public temporaire ou permanent, un assesseur ou envers un témoin à raison de sa déposition”.

Selon ce même article, “l'injure commise, par les mêmes moyens, contre les corps et les personnes sus-désignés est punie d'une amende de 5.000 à 20.000 dirhams”.

À ce sujet, Hamid El Mahdaoui indique, dans une vidéo publiée le 7 septembre dernier, que la vidéo objet de la plainte, publiée sur sa chaîne "Badil" et portant le titre "Ouahbi et les soupçons de fraude fiscale" date du 16 février 2023. Or, les constatations établies par le ministre et par le ministère public datent, selon lui, de janvier et février 2024, soit au moins 11 mois plus tard.

L'intéressé rappelle que le délai de prescription relatif à cette infraction est de six mois, à partir de la date de la commission des faits, soit celle de la publication de la vidéo incriminée.

Mais ses arguments ne semblent pas avoir convaincu la juridiction de la capitale qui l’a condamné à dix-huit mois de prison ferme et au versement d’un dédommagement à hauteur de 1,5 million de DH.

Un recours en appel prévu

Une somme que le journaliste qualifie d’exorbitante dans une récente vidéo publiée le lendemain du prononcé du jugement. Il s’y adresse au ministre de la Justice à qui il reproche d’avoir “parlé de cette affaire alors qu’elle était mise en délibéré”. Sans accuser explicitement la prise de parole du ministre d'avoir influencé la décision du tribunal, il insiste néanmoins sur le fait que “le ministre n’est pas un citoyen lambda”. Ce qui ne lui permet pas, selon El Mahdaoui, de commenter une affaire en cours de délibération.

Dans cette même vidéo, Hamid El Mahdaoui rappelle qu’il reste présumé innocent, surtout qu’il compte faire appel de cette décision qui, pour rappel, est venue clôturer le procès dont les audiences publiques avaient démarré le 9 septembre dans la salle 2 du tribunal de première instance de Rabat.

Des condamnations antérieures

Pour rappel, cette sanction n’est pas la plus lourde prononcée contre le journaliste, qui avait déjà écopé d’une autre plus sévère, mais aussi d’autres moins importantes. Le tout, entre 2015 et 2018.

Cette année-là, Hamid El Mahdaoui avait été condamné à trois ans de prison ferme pour “non-dénonciation d’une tentative de nuire”. À l’époque, Médias24 avait suivi de près son procès.

Les autres condamnations portaient sur des faits différents. En 2015, il était condamné à quatre mois de prison avec sursis et à une amende de 100.000 DH à verser à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), tandis qu’en 2017, il écopait d’une peine ferme privative de liberté, soit trois mois d’emprisonnement. On lui reprochait à ce moment-là d’avoir incité des individus à une manifestation interdite.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 13 novembre 2024 à 16h46

à lire aussi

Sahara : le groupe d’amitié Maroc-Chili soutient la résolution 2797 de l’ONU
DIPLOMATIE

Article : Sahara : le groupe d’amitié Maroc-Chili soutient la résolution 2797 de l’ONU

Reçue mardi 7 juillet à Rabat par Nasser Bourita, la délégation parlementaire conduite par María Catalina Mihohovilovic a salué un texte appelé, selon elle, à renforcer "la sérénité et le progrès" dans les provinces du Sud.

Automobile : les constructeurs européens défendent leurs sites au Maroc
ECONOMIE

Article : Automobile : les constructeurs européens défendent leurs sites au Maroc

À l’approche du vote sur l’Industrial Accelerator Act, l’Association des constructeurs européens d’automobiles demande à Bruxelles de ne pas sacrifier les chaînes de valeur déjà implantées hors de l’Union européenne, notamment au Maroc et en Turquie. L’ACEA plaide pour une clause de droits acquis afin de protéger les investissements réalisés par Renault, Stellantis et d’autres groupes, alors que les équipementiers défendent une ligne plus restrictive.

Pour accélérer sa transformation, Attijariwafa bank mise sur l’IA
Quoi de neuf

Article : Pour accélérer sa transformation, Attijariwafa bank mise sur l’IA

La 6e édition de Wenov Think & Make x IA Center, coorganisée avec Onepoint, a permis de retenir cinq projets internes autour de l’expérience client, de la fraude, du risque-conformité et de l’efficacité opérationnelle.

Fromageries Bel Maroc distinguée pour sa gestion durable de l'eau lors du Forum de la décarbonation
Communication d'entreprise

Article : Fromageries Bel Maroc distinguée pour sa gestion durable de l'eau lors du Forum de la décarbonation

Sur son site de Tanger, l’industriel revendique une baisse de près de 40% de sa consommation par tonne produite depuis 2008, grâce au programme WASABEL déployé à l’échelle du groupe Bel.

Électricité : l’ONEE lance l’appel d’offres pour la STEP El Menzel, un projet de 362 MW près de Séfrou
Quoi de neuf

Article : Électricité : l’ONEE lance l’appel d’offres pour la STEP El Menzel, un projet de 362 MW près de Séfrou

Le projet, financé par la Banque islamique de développement, sera réalisé en 48 mois dans le cadre d’un contrat clé en main couvrant les études, les équipements, la construction et la mise en service.

Maroc-France : Facundo Tello, l’arbitre du Maroc-Portugal 2022, désigné pour le quart de finale
Quoi de neuf

Article : Maroc-France : Facundo Tello, l’arbitre du Maroc-Portugal 2022, désigné pour le quart de finale

L’Argentin sera assisté de Juan Pablo Belatti et Gabriel Chade, avec Darío Herrera comme quatrième arbitre, pour le choc prévu le 9 juillet au Boston Stadium.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité