ISS Today (Pretoria): Le polisario perd progressivement mais régulièrement du terrain
Selon l’Institut d’études de sécurité (ISS), think tank sud-africain, la thèse d'indépendance portée par le polisario semble s’essouffler. De plus en plus de pays soutiennent le projet marocain d’autonomie sous souveraineté marocaine et d’autres nations pourraient suivre les pas de la France.
L'organisation, basée à Pretoria, a publié une analyse sur le dossier du Sahara suite à l'évolution récente de la position française. "La quête d’indépendance du Sahara occidental semble s’essouffler", titre le Think Tank dédié à l'Afrique.
Selon ISS Today, le polisario "semble perdre progressivement mais régulièrement du terrain".
D'abord, le soutien aux séparatistes s’affaiblit en Afrique. "Environ 22 États la reconnaissent désormais, et plusieurs autres ont retiré leur reconnaissance ces dernières années ou l’ont gelée, en attendant la résolution du conflit".
Le Maroc, quant à lui, énumère 22 pays africains qui ont ouvert des consulats dans ses provinces du Sud, écrit le think tank.
"Ainsi, de nombreuses nations sont indécises", estime ISS Today en ajoutant que même au niveau international, le polisario perd également du terrain.
Beaucoup de nations pourraient suivre la France
"Mais le coup le plus dur a été la reconnaissance du plan d’autonomie de Rabat par trois grands acteurs", estime ISS Today qui cite la reconnaissance des États-Unis en 2020 et l'évolution de la position de l’Espagne en 2022.
Pour le Think Tank, "le changement potentiel, que d’autres nations pourraient suivre, a été la récente lettre du président français Emmanuel Macron au roi du Maroc Mohammed VI".
Dans celle-ci, Macron soutenait le plan d’autonomie de Rabat comme "seule base" pour résoudre le conflit.
Les soutiens du polisario se découragent
Dans cette analyse, ISS today rappelle que l’Algérie et l’Afrique du Sud ont été les plus fervents soutiens au polisario. Une position qui empoisonne leurs relations avec le Maroc depuis de nombreuses années, "même si Pretoria a pris une décision pragmatique après la réadmission du Maroc à l’UA en 2017 de rétablir les relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs", précise le Think Tank.
"Même certains responsables du gouvernement sud-africain perdent courage. Ils perçoivent une érosion du soutien au polisario et une croissance constante du soutien à la revendication de souveraineté du Maroc", écrit ISS Today à qui un responsable a déclaré "que le polisario n’avait pas mobilisé autant de soutiens internationaux populaires que le Congrès national africain (ANC) contre le gouvernement de l’apartheid".
"Le responsable a également estimé que le polisario n’avait pas suscité la même sympathie mondiale que les Palestiniens de Gaza", rapporte la même source.
Pour ISS Today, le Maroc a également fait preuve de stratégie en gardant la question à l’ONU, dont le polisario n’est pas membre, et loin de l’UA. "Il est remarquable de constater que le Maroc a complètement écarté la question du Sahara occidental de l’agenda de l’UA", commente-t-il.
Tout se joue donc au Conseil de sécurité de l’ONU. Et sur ce volet, ISS Today cite Jacob Mundy, professeur associé et titulaire de la chaire d’études sur la paix et les conflits à l’université Colgate, qui avance que "si la France et les États-Unis cherchent à faire adopter par le Conseil de sécurité de l’ONU la proposition d’autonomie du Maroc comme seule voie à suivre, ils risquent de provoquer la résistance de la Chine et, plus important encore, de la Russie".
L’Algérie occupe actuellement un siège non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui rend encore plus probable que le Conseil ne soutienne pas le plan du Maroc. Cela suggère, comme le dit Mundy, que "peu de choses changeront réellement sur le terrain".
Rendez-vous donc fin octobre au conseil de sécurité, en espérant que le Maroc, encore une fois, surprenne le monde par de nouveaux progrès de la cause nationale.
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