Ce qu'il y a à savoir sur le projet de dessalement de Casablanca
Le coup d'envoi des travaux de construction de la station de dessalement de Casablanca a été donné ce lundi 10 juin par le Prince héritier Moulay El Hassan. La mise en place de cette station permettra d'assurer la sécurité hydrique du Grand Casablanca, tout en réduisant la pression sur les barrages du bassin de l’Oum Er-Rbia. Voici les principaux éléments à retenir sur ce projet dont l'investissement global est de 11 MMDH.
La première tranche de la station doit être opérationnelle fin 2026. Lors de cette première phase, la station doit atteindre une capacité de 548.000 m3 par jour (200 millions de m3 par an), extensible à 822.000 m3 par jour (300 millions de m3 par an) d’eau traitée dans une seconde phase, prévue pour la mi-2028.
Les 300 millions de mètres cubes (Mm3) iront essentiellement à l'eau potable. Une dotation de 50 Mm3 sera réservée à l'agriculture.
Le prix moyen actualisé sur 27 ans, sortie usine, sera inférieur à 4,50 DH/m3.
Ce projet d'envergure nécessite un investissement privé total de 11 MMDH. Ce montant sera financé par l’apport en fonds propres des actionnaires et par de la dette, comme révélé par Médias 24 en avril dernier. Sur les 11 MMDH, 6,5 MMDH concernent la composante usine de dessalement, dont le financement est supporté par le consortium Acciona, Green of Africa (GOA) et Afriquia Gaz. Pour l'usine de dessalement, l'investissement se fera en deux phases : 5,1 MMDH pour la phase 1, et le reste pour la phase 2 relative à l'extension du projet.
Le projet comporte deux conduites d'amenée d'eau de mer (1850 ml) et un émissaire de rejet (2.500 ml). L'usine recourt à la technologie d'osmose inverse et sera dotée d'une unité de traitement des boues, d'un centre de contrôle et de gestion des stations de pompage et d'un réservoir de stockage d'eau produite.
Le reste du montant d'investissement concerne le parc éolien qui, lui, nécessitera un investissement de 4,5 MMDH, entièrement supporté par GOA et financé sur le marché national. L’électricité d’origine éolienne sera livrée à partir du parc éolien de Bir Anzarane de 360 MW de puissance installée.
Comme nous l'ont précisé nos sources, ce projet dispose de toutes les autorisations requises. Pour l’évacuation de sa production, le groupement finance et réalise, pour le compte de l’ONEE, le raccordement de Dakhla à Boujdour en 400 kV pour un montant de 750 millions de DH. L'acheminement de la production de ce parc se fera donc à travers le réseau ONEE existant.
À cela s'ajoute un investissement public de 3 MMDH pour le transport d'eau potable.

La gouvernance du projet
L'entreprise projet dédiée à la station de dessalement de Casablanca a été créée. Dénommée Al Baidaa Desalination Company (ADEC), « شركة البيضاء لتحلية المياه », cette société aura pour actionnaire les trois membres du consortium avec une répartition de capital comme suit :
o Acciona : 50% ;
o Green of Africa (GOA) : 45% ;
o Afriquia Gaz : 5%.
ADEC, acteur central, aura quatre contrats avec les différentes entités parties prenantes du projet :
- Le premier est un contrat de construction avec Acciona Agua.
- Le deuxième est un contrat de fourniture d’électricité avec GOA.
- Le troisième est un contrat de fourniture d'eau avec ONEE.
- Le dernier est un contrat d’exploitation et de maintenance (O&M) de l’unité de dessalement, avec une société de service détenue par Acciona (60%) et GOA (40%).
Le Prince Moulay El Hassan lance la construction de la station de dessalement de Casablanca
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