Hind Lfal: “Orange investit massivement dans les infrastructures pour accompagner la digitalisation du Maroc”
La secrétaire générale d'Orange Maroc était l'invitée du M24 Live Studio en marge du Gitex Africa Morocco organisé du 29 au 31 mai à Marrakech. Elle nous a parlé de la contribution d'Orange Maroc à l'amélioration de la connectivité au Maroc et de l'investissement dans l'écosystème de la transition numérique et digitale. Entretien
M24 Brand Studio. Orange Maroc accompagne la transformation digitale du pays pour améliorer la connectivité et soutenir la transition numérique du nord au sud. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur ces différentes infrastructures ?
Hind Lfal. Orange Maroc est le deuxième opérateur télécom du pays. Donc nous investissons évidemment dans le mobile, mais également dans la fibre très haut débit et nous avons commencé depuis quelques années déjà à investir dans les data centers et le cloud. Nous avons annoncé dans le cadre de ce Gitex comme vous l'avez suivi notre partenariat avec Amazon, le leader mondial du cloud pour rendre disponible au Maroc les services d'AWS avec une "data residency" marocaine avec la sécurité qu'il faut. C'est ce que nous appelons un cloud de confiance.
A côté de cela, nous avons également investi dans un câble sous-marin qui transporte la data entre le Maroc et le reste du monde qui passe de Nador au Maroc pour atterrir à Marseille en France. Orange Maroc investit globalement dans l'infrastructure de base pour accompagner la digitalisation du Maroc.
- Vous pouvez nous donner un ordre d'idées sur le montant d'investissement dans ces infrastructures de base ?
- Alors on investit depuis quelques années des montants assez considérables. Nous sommes en moyenne à peu près entre 23 et 25% de notre chiffre d'affaires en CAPEX.
- Pourrait-on avoir des exemples de projets de ces infrastructures ?
- La nouvelle stratégie Maroc Digital 2030 qui a été annoncée par le chef du gouvernement à l'ouverture du Gitex et qui devrait être annoncée dans quelques semaines s'appuie sur trois volets : la connectivité fixe et mobile, le volet cloud et celui digital talents.
Sur la partie connectivité, il y a des ambitions très importantes du Maroc pour développer la 4G dans les zones non desservies donc évidemment Orange Maroc est très engagé sur ce volet. Sur la partie FTTH, à savoir le très haut débit qui est une des briques essentielles pour la digitalisation du pays, le Maroc a des ambitions majeures. Orange a déjà commencé un très vaste programme d'investissement dans le très haut débit et que nous allons continuer.
En matière de cloud, le deuxième 'enabler' de cette stratégie, nous avons déjà investi dans des datacenters depuis quelques années et donc le partenariat aujourd'hui avec Amazon qui est le leader mondial du cloud, va permettre aux entreprises publiques et privées, à l'administration, et même aux particuliers d'avoir accès aux services web d'Amazon pour leurs besoins de computing, de développement de solutions marocaines. L'intérêt pour nous est de permettre la création d'un écosystème nécessaire à tout projet et à toute stratégie de digitalisation.
Et sur la partie Digital Talents, nous avons également nos projets d'accompagnement dans les Orange Digital Center.
- Pouvez-vous nous parler plus en détail de cet accompagnement des startups et ce soutien à l'écosystème et à l'innovation ?
- Tout d'abord, je tiens à préciser que tous nos programmes sont gratuits. Ils sont concentrés autour de deux grands programmes. Nous avons les Orange Digital Center. Ce sont des lieux de formation gratuite pour les jeunes, pour les gens qui sont en reconversion professionnelle, pour les personnes qui veulent tout simplement apprendre les métiers du digital. Nous avons un très vaste catalogue de formation certifiante où l'on apprend le coding et les nouvelles technologies. D'ailleurs, Amazon en fait partie et pas que.
Nous avons également toute la partie Fab Lab qui est un accompagnement destiné aux startups. Nous les accompagnons en mettant à leur disposition des mentors qui les aident à monter leur business plan, qui les aident à faire leur MVP (Minimum Viable Project). Et une fois que les produits ou services qu'ils arrivent à mettre au point sont stables, nous les présentons à des VCs pour qu'ils puissent faire des levées de fonds.
Et également, nous les présentons en interne à nos business units pour qu'ils puissent travailler avec elles et qu'ils puissent leur donner leurs premiers bons de commande. Personnellement, j'insiste beaucoup sur ce point, le lien entre le Fab Lab et les business units internes d'Orange Maroc.
Le problème majeur des startups en général, c'est de concrétiser des bons de commande qui leur permettent, au-delà des financements qu'ils ont pour monter leurs projets, de démontrer à leurs investisseurs qu'ils sont viables et qu'ils peuvent scaler. Quand le service fonctionne, les startups peuvent payer leurs charges et continuer à investir, elles ont des références et peuvent aller chercher d'autres marchés au Maroc ou à l'étranger.
Et on se fait un point d'honneur de faire ce lien entre les startups qu'on accompagne et nos business units internes, quand cela est possible.
- Des exemples de startups que vous avez accompagnées dans vos différents programmes...
- Nous en avons plusieurs parce que nous lançons des appels à manifestations d'intérêts. Les intéressés s'inscrivent et viennent travailler avec nous dans nos Fab Labs. Si je dois citer des exemples, je parlerai de deux ou trois startups dont nous sommes assez fiers.
Il y a PipPipYalah. C'est une startup qui a bénéficié du programme d'accélération OrangeFab et qui se développe dans le transport interurbain. Le covoiturage, plus précisément.
Il y a aussi Hsabati, qui opère dans le domaine des services financiers. Elles ont déjà levé des fonds et on va continuer à les accompagner.
Il y a aussi la très belle startup que tout le monde connaît qui s'appelle Chari qui a dans son tour de table Orange Ventures, le fonds d'investissement d'Orange dédié à l'Afrique.
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